Syntaxe et dialogue : les configurations syntaxiques impliquant "il y a"

par Stéphane Jullien

Thèse de doctorat en Sciences du langage

Sous la direction de Anne Salazar Orvig et de Simona Pekarek.

Soutenue le 16-06-2014

à Paris 3 en cotutelle avec l'Université de Neuchâtel (Suisse) , dans le cadre de École doctorale Langage et langues (....-2015 ; Paris) , en partenariat avec Recherche sur le français contemporain (Paris) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Christian Hudelot.

Le jury était composé de Anne Salazar Orvig, Simona Pekarek, Christian Hudelot, Geneviève de Weck, Bill Wells, Sophie Kern.


  • Résumé

    Cette recherche se propose d’étudier les configurations syntaxiques impliquant le présentatif il y a. Une de ces constructions, la construction présentative clivée en il y a (il y a un cygne qu’a mordu les fesses à mon grand papa) est bien documentée (Lambrecht, 1988, 2002). Le segment [il y a SN] peut faire partie d’un large éventail de configurations syntaxiques, abordées principalement du point de vue de la syntaxe, de la sémantique ou de la structure informationnelle (Cappeau, Deulofeu, 2001, Berrendonner, 2003). Très peu de recherches rendent compte de ces configurations en interaction. Selon la Linguistique Interactionnelle (Ochs et al., 1996, Ono, Thompson, 1996, Helasvuo, 2004), les productions langagières et la syntaxe sont configurées pas à pas au fil de l’alternance des tours de parole et des activités réalisées par les participants au cours de l’échange. Dans le même temps, dans cette perspective, les unités linguistiques détiennent un rôle dans l’accomplissement de ces activités. Une analyse séquentielle de ces configurations syntaxiques illustre comment, à la suite du segment [il y a SN] et en fonction des activités en cours, les participants de l’échange s’orientent vers la poursuite du tour de parole du locuteur avec une proposition relative, comme pour la présentative clivée, ou en entrant dans une séquence conversationnelle plus large, comme la construction d’une liste. La fin du segment [il y a SN] se révèle être un emplacement séquentiel dans lequel les autres participants de l’échange peuvent commenter le discours en cours, proposer des ajouts – des expansions ou des complétions – ou un simple continuateur, montrant ainsi qu’ils s’orientent eux aussi vers la réalisation de cette séquence conversationnelle. Tout en permettant au locuteur de prolonger son tour de parole en projetant la réalisation d’une unité de construction de tour composée (Lerner, 1991, 1996), le segment [il y a SN], en fonction de l’activité en cours et de son contour prosodique, peut participe à des initiations de clôture de séquence. Notre analyse porte sur des interactions entre adultes et entre adultes et enfants présentant ou non un trouble spécifique du développement du langage (Leonard, 2000). L’étude de ces interactions souligne la nature collaborative du langage au travers de l’étayage que peut proposer l’adulte à l’enfant (Bruner, 1983) et apporte un autre regard sur le déploiement de ces configurations syntaxiques dans l’alternance des tours de parole.

  • Titre traduit

    Syntax and conversation : syntactic configurations with "il y a"


  • Résumé

    The purpose of this research is to study syntactic configurations implying the presentational il y a ‘there is’. One of these configurations, the presentational ya-cleft construction (il y a un cygne qu'a mordu les fesses à mon grand papa\ literally 'there's a swan which bit my grandfather in the buttock\') is well documented (Lambrecht, 1988, 2001a). The ya-clause can nevertheless be embedded in a broad range of configurations. Most of their descriptions rely on syntax, semantics or information structure (Cappeau, Deulofeu, 2001, Berrendonner, 2003) but little has been said about them in interaction. Interactional Linguistics (Ochs et al., 1996; Ono & Thompson, 1996; Helasvuo, 2004) views grammar and linguistic structures as shaped step-by-step throughout the turn exchange and the actions interactants are accomplishing. In the same manner, this approach considers syntactic constructions as a resource for the accomplishment of these actions through interaction. A sequential analysis of these configurations illustrates how interactants, depending on the ongoing activities they accomplish, orient themselves toward the realization of a one ya-clause construction, a list-construction, a presentational ya-cleft construction or a broader sequence. The end of the ya-clause is a sequential location in which other interactants can collaboratively participate to the shaping of these configurations producing continuers, completions or expansions. The ya-clause, with a specific prosodic marking, allows for the expansion of the speaker's turn at talk, projecting the final part of a compound TCU (cf. Lerner, 1991, 1996) or it may initiate a closing sequence.Our analyses focuses on interactions between adults and between adults and children, with or without SLI (Leonard, 2000). The study of children's data underlines the collaborative nature of language production through the scaffolding (Bruner, 1983) adults propose to children and brings a distinct look to these syntactic configurations. In the same time, this type of analysis unables the observation of how children with impaired language deploy their productions through interaction.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Sorbonne Nouvelle. Direction des Bibliothèques Universitaires. Bibliothèque numérique.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.