Ecriture de l'histoire et construction de soi : les textes de fiction de l'écrivain allemand Klaus Schesinger (1937 - 2001)

par Daniel Argelès

Thèse de doctorat en Études germaniques

Sous la direction de Jürgen Ritte.

Le président du jury était Florence Baillet.

Le jury était composé de Jürgen Ritte, Florence Baillet, Martine Benoit, Nicole Colin, Ralf Zschachlitz.


  • Résumé

    La présente thèse analyse les textes de fiction de l’écrivain berlinois Klaus Schlesinger sous l’angle de l’écriture de l’histoire. Né en 1937 à Berlin-Est, cet auteur important mais encore sous-estimé connaît cinq régimes différents au cours de son existence – l’Allemagne national-socialiste, l’Allemagne occupée, la RDA (de 1949 à1980), la RFA (de 1980 à 1989), l’Allemagne unifiée – et autant de ruptures majeures dont son œuvre rend compte : révélation de l’ampleur des crimes nazis, réorientations dans l’après-guerre et le socialisme en construction, instauration du Mur de Berlin, « dissidence » et passage à l’Ouest dans le sillage de l’affaire Biermann, puis chute du Mur, disparition de la RDA, réunification. Si un découpage en quatre grandes périodes d’écriture permet d’éclairer un itinéraire intellectuel et politique, l’analyse porte d’abord sur la façon dont Schlesinger représente ce demi-siècle d’histoire allemande, son impact sur les individus et les questions qu’il a soulevées (héritage du passé, place de l’individu dans le socialisme « réellement existant », les sociétés capitalistes ou la guerre froide, utopie, identité). Elle s’intéresse aux choix narratifs et formels opérés dans chaque texte et souligne les enjeux indissociablement historiographiques, moraux, politiques et identitaires dont ils ont été à chaque fois porteurs. Puisant à plusieurs sources théoriques (Ricœur, Foucault, de Certeau, Turner, Geertz), elle met en lumière la nature singulière des espaces souvent hétérotopiques ou liminaux où Schlesinger fait évoluer ses personnages et observe l’écriture de fiction comme un lieu privilégié d’appréhension et de construction de soi dans l’histoire. Centrée sur les textes de fiction, l’analyse exploite également les essais et les textes autobiographiques, ainsi que les archives du fonds Schlesinger de l’Akademie der Künste à Berlin (correspondance, ébauches et fragments, dossiers de surveillance de la Stasi, recensions et coupures de presse, entretiens).

  • Titre traduit

    Writing history, construction oneself : the fictional texts of German author Klaus Schlesinger (1937-2001)


  • Résumé

    This thesis analyses the fictional texts of Berlin author Klaus Schlesinger under the aspect of history-writing. Born in 1937 in East-Berlin, this important yet still under-estimated writer lived under five different regimes – national-socialist Germany, occupied Germany, the GDR (from 1949 to 1980), the FRG (from 1980 to 1989), unified Germany – and as many major changes that find reflection in his work: the revelation of the scope of Nazi crimes, the reorientations in the post-war era and under the socialist regime, the building of the Berlin Wall, political “dissidence” and exile in the West in the wake of the Biermann affair, then the fall of the Wall, the disappearance of the GDR and German unification. While the analysis falls into four chronological periods, thus allowing for an overview of his intellectual and political itinerary, the thesis primarily focuses on the way Schlesinger represented this half-century of German history, its impact on individuals and the questions that arose from it (the heritage of the past, the individual’s position in “real”-socialism, in capitalist societies or the Cold war, utopia, identity). It looks at the narrative and formal choices made in each text and underlines the historiographical, moral, political and personal-identity questions inextricably linked to them. Drawing from several theoretical sources (Ricœur, Foucault, de Certeau, Turner, Geertz), it underlines the specific nature of the often heterotopical or liminal spaces in which Schlesinger places his characters and interprets fictional writing as a privileged space of self-apprehension and self-construction in history. While focused on the fictional writings, the analyses also uses the author’s essays and autobiographical texts as well as the Klaus Schlesinger archives of the Akademie der Künste in Berlin (correspondence, first drafts, text fragments, Stasi surveillance files, reviews, interviews).

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