Des mots au parfum. La création olfactive en société de composition

par Delphine De Swardt

Thèse de doctorat en Sciences de l'art et esthétique

Sous la direction de Marie-Dominique Popelard.

Soutenue le 14-02-2014

à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Arts & médias (2009-2015 ; Paris) , en partenariat avec Centre de recherches APPLA&Co (Paris) (équipe de recherche) et de Communication, information, médias (Paris) (équipe de recherche) .


  • Résumé

    Un parfum aujourd’hui est le plus souvent produit dans un contexte industriel. Ce contexte favorise l’innovation et la recherche de nouvelles matières premières, tout en créant de fortes attentes sur le produit fini. Est ainsi formé un panorama de créations homogènes, répondant aux standards de modes olfactives. Commande des clients des sociétés de composition, le parfum est présenté comme une équivalence olfactive d’inspirations de mots et d’images. En l’absence d’un code olfactif strict, cette équivalence est renforcée par les textes descriptifs qui énumèrent les ingrédients ou leurs effets et transforment les parfums en signes complexes de leurs composés. Contestant la notion d’équivalence littérale entre les odeurs, les mots et les images, nous pensons néanmoins que le parfum fonctionne comme un système symbolique tel que ceux décrits par Nelson Goodman. Pour en comprendre la signification, on ne peut se limiter à la seule lecture immanente du parfum, il faut effectuer une ouverture pragmatique à l’étude des conditions de sa production et des relations entre les différents producteurs tout en envisageant le contexte culturel ainsi que ses usages. En effet, selon qu’il est senti sur mouillette ou porté par un individu, le parfum fonctionne différemment. Dans un cas, il dénote et exemplifie des objets ou des odeurs du monde, dans l’autre, il distingue. Il peut aussi avoir un fonctionnement esthétique et se rapprocher des formes symboliques artistiques, constituant la vision singulière d’un monde. Cette dimension cognitive et représentative du parfum contribue à renforcer la rupture entre les odeurs naturelles et les odeurs artefactuelles à prétention artistique.

  • Titre traduit

    From words to perfume. Olfactive creation in fragrance houses


  • Résumé

    More often than not, a perfume is created within an industrial context, which entails innovation and searching for new raw materials, while at the same time creating expectations for the finished product. A homogenous landscape is created in response to the olfactory standards of fashion. Ordered by clients to their fragrance house suppliers, the fragrance is presented as an olfactory equivalent to words and images. Because no strong olfactory code exists, this equivalence is reinforced by descriptive texts, which support fragrances by naming their ingredients and effects, and thereby transform fragrances into complex signs of their components. Contesting the possibility of any literal equivalence between smells, words and images, we think nonetheless that a perfume functions as a symbolic system, akin to those described by Nelson Goodman. In order to understand the meaning of a fragrance, one cannot focus on an immanent reading of it. One is better advised to gauge it pragmatically, through the study of the conditions of its production and the relationships between producers, never neglecting the cultural perspective or the uses put to it. Indeed, depending on whether the fragrance is smelt on paper strips or worn by a person, it functions in different ways. In the former case, it denotes or exemplifies objects or smells of the world, whereas in the latter, it creates a distinction. It can also function aesthetically, not unlike the symbolic forms of art, and constitute the singular vision of a world. Both cognitive and depictive, this dimension of a fragrance helps differentiate natural smells from artificial ones which have taken on an aesthetic value.

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