La décolonisation des clubs kényans : Sociabilité exclusive et constitution morale des élites africaines dans le Kenya contemporain

par Dominique Connan

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Johanna Siméant.

Soutenue le 27-01-2014

à Paris 1 , dans le cadre de École doctorale de science politique (Paris) , en partenariat avec Centre européen de sociologie et de science politique (Paris) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Jean-Louis Briquet.

Le jury était composé de Johanna Siméant, Frederick Cooper, Jean-François Bayart.

Les rapporteurs étaient Michel Offerlé, John Lonsdale.


  • Résumé

    En prenant pour objet les clubs, lieux d'une sociabilité exclusive, il s'agit de restituer par l'archive et l'ethnographie le sens des luttes morales et symboliques qui ont présidé à l'investissement sélectif par les Africains d'une institution d'abord réservée au Kenya, aux seuls Européens. Ces luttes renvoient à la production des clubs comme entreprises de prestige collectif. Elles ont pour enjeu la disqualification morale et esthétique des autres groupes sociaux; la légitimation de l’accès à l'État et à ses ressources; la production et le maintien de formes partagées d'honorabilité. Elles dépassent largement le référent colonial et s'inscrivent désormais dans la temporalité africaine des éthiques de l'accumulation économique et de la responsabilité civique des dominants. Par-delà leur genèse coloniale, les clubs sont devenus Kenya des lieux de réinvention de la différence élitaire, où l'appartenance à un style de vie propre à ce que l'on pourrait nommer une bourgeoisie mondiale imaginée renvoie en premier lieu aux transformations de l'État et des modes locaux de gouvernement.

  • Titre traduit

    The decolonization of Kenya's clubs : Exclusive sociability and the moral making of African elites in contemporary Kenya


  • Résumé

    During the colonial era, Kenya's Clubs, exclusive places of sociability, were only opened to members "of pure European descent". Today, they have become African institutions. Using archives, interviews and ethnographies, this thesis aims at telling why. Analyzing clubs as enterprises of collective prestige allows to describe the moral and symbolic stakes that have defined their africanization : the moral and aesthetical disqualification of other people' s lifestyles, the legitimacy of accessing State positions and resources, the production of shared patterns of honour and social recognition. Studying these issues leads to question clubs as more than the mere institutional legacy of the colonial times, as their contemporary history is fully intertwined with African historicities of economic accumulation and civic (ir)responsibility. Beyond their colonial genesis, Kenya's clubs became place of reinvention of elite difference, which expresses a belonging to what we could term "an imagined world bourgeoisie", nonetheless deeply rooted in State metamorphosis and local modes of government.

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