Les obstacles à la constitution du couple amoureux dans les littératures orientale et française médiévales : Essais sur Floire et Blanchefleur et son modèle arabo-persan

par Nejib Selmi

Thèse de doctorat en Littérature générale et comparée

Sous la direction de Sylvie Ballestra-Puech.

Soutenue le 12-12-2014

à Nice , dans le cadre de École doctorale Lettres, sciences humaines et sociales (Nice) , en partenariat avec Centre transdisciplinaire d’épistémologie de la littérature et des arts vivants (Nice) (laboratoire) , Centre Transdisciplinaire d'Épistémologie de la Littérature / CTEL (laboratoire) et de Centre transdisciplinaire d’épistémologie de la littérature et des arts vivants (laboratoire) .

Le président du jury était Francis Gingras.

Le jury était composé de Sylvie Ballestra-Puech, Francis Gingras, Catherine Gaullier-Bougassas, Stéphanie Le Briz.

Les rapporteurs étaient Francis Gingras, Catherine Gaullier-Bougassas.


  • Résumé

    Cette étude met à l'épreuve l’hypothèse selon laquelle « pour qu’il y ait « histoire », roman, il faut qu’il y ait obstacle à la réalisation de [l’amor] » (Pierre Gallais). Les obstacles à la (re)constitution du couple amoureux reviennent avec récurrence dans les romans de couple de l’époque médiévale, aussi bien en Orient qu’en Occident, et méritent d’être mis en avant. Les interroger, c’est rappeler que la lecture de Floire et Blanchefleur nous invite, par moments, à le comparer à deux autres intrigues amoureuses : l’une persane (Varqe et Gulšāh), l’autre arabe ('Urwa et 'Afrā’). C’est essayer de découvrir ou redécouvrir les affinités thématiques et les relations de parenté entre ces textes. C’est rappeler que les amours heureuses n’ont pas d’histoire et qu’aimer conduit souvent à s’exposer aux autres, à l’opposition parentale et plus généralement à la société. C’est montrer que l’amour s’accroît avec la séparation et la souffrance. C’est tenter de mettre en relief le paradoxe sur lequel reposent ces romans : l’obstacle, qui à première vue semble inquiéter les couples en herbe et condamner leurs idylles, s’avère finalement un élément indispensable de l’intrigue amoureuse qui ne fait que célébrer l’intrépidité des jeunes amants. C’est montrer que dans ces textes, aucun des obstacles rencontrés ne finit par disjoindre les amants. Enfin, c’est montrer comment les conversions finales, aussi bien individuelles que collectives, finissent par conférer à ces textes une dimension civilisatrice, « une tendance orientalisante », voire « un « orientalisme » romanesque ».

  • Titre traduit

    The obstacles of the lovers’ union in French and Oriental Medieval literature : Floire and Blanchefleur and its Arabo-Persian models


  • Résumé

    This study examines the hypothesis according to which “for there to be a “story”, a novel, there needs to be an obstacle hindering the realization of [love]” (Pierre Gallais). The obstacles of the lovers’ union reoccur in love stories from medieval times, as much in the Orient as in the Occident. These obstacles merit being brought to attention. To examine them is to recall that the reading of anonymous French idyll invites us, at times, to compare it to two amorous plots: one being Persian (Varqe and Gulšāh), the other Arabic ('Urwa and 'Afrā’). The thematic affinities between these related texts do not extinguish in any circumstance the originality of each novel. It should be noted that stories are not created from fortunate love and that to love often drives one to expose himself to others, parental opposition and to society. It shows love is only intensified with separation and suffering. It attempts to emphasize the paradox upon which these novels are based: the obstacle, which at first glance appears to worry the aspiring couples and condemn their idyll, decisively proves an indispensable element of the romantic plot which serves only to celebrate the intrepidity of young lovers. It is demonstrated in these texts that none of the obstacles encountered succeed in separating the lovers. Finally, it shows how individual and collective conversions finish by conferring a civilizing dimension to the texts, “an orientalizing tendency”, indeed “a Romanesque ‘Orientalism’”.


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