La honte comme sauvegarde de la subjectivité dans la clinique des troubles alimentaires

par Brigitte Karcher

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de Thierry Bisson.

Soutenue le 01-07-2014

à Nice , dans le cadre de ED-86-Lettres sc. Humaine , en partenariat avec Laboratoire LIRCES-EA 3159 (Nice) (laboratoire) .


  • Résumé

    « Etre esclave de », perdre son autonomie, voir sa liberté personnelle entravée ; autant de manières de vivre l’asservissement que représente toute addiction. Un comportement répétitif lié à une dépendance entraînant une consommation excessive, c’est ainsi qu’on définit l’addiction, ce qui la rattache à une forme d’esclavage et, par extension, élargit le champ des recherches au domaine des troubles alimentaires. En effet, ceux-ci impliquent le plus souvent un comportement de dépendance vis-à-vis de la nourriture, au point d’en faire une véritable aliénation. Alors même que les patients concernés se présentent plus objets que sujets, un affect émerge dans le transfert : la honte. La honte est une émotion enfouie, secrète, le plus souvent silencieuse. Elle ne s’avoue pas facilement, effectivement « la honte de la honte empêche de dire la honte » qui revient à mettre en évidence l’impossibilité d’exprimer l’indicible. Partant du constat selon lequel les sujets souffrant de troubles alimentaires ressentent majoritairement de la honte, nombre d’auteurs (M. Corcos, G. Apfeldorfer) ont estimé que ce sentiment, en cas d’obésité notamment, était lié à l’image véhiculée, reléguant l’affect de honte au rang de symptôme annexe, quand il sera question ici de le considérer comme à l’origine de celui-ci. Non seulement la honte ne serait pas un symptôme secondaire, mais encore elle constituerait bel et bien un symptôme primaire dont le trouble alimentaire ne serait qu’un avatar. La honte sera ici considérée sous l’angle du trauma, notamment d’un trauma infantile dont nous tentons d’en démontrer les origines. Partant de là nous abordons les demandes formulées par cette clinique spécifique et les ouvertures thérapeutiques dont la médiation artistique.

  • Titre traduit

    Shame as safeguard of subjectivity in case of clinic eating disorders


  • Résumé

    To be a slave, to lose one’s autonomy, to have one’s freedom curtailed: there are many ways to experience the enslavement that is addiction. Addiction is defined as a repetitive behavior due to dependence and that causes excessive consumption. This definition reveals a form of slavery and, by extension, broadens the scope of research on addictions to the field of eating disorders. Eating disorders involve indeed often addictive behaviors with respect to food, to the point of making the disorder a real alienation. Even though the affected patients behave more like objects than subjects, an affect emerges in the transfer: shame. Shame is a hidden, secret, and most often silent emotion. Patients do not confess it easily. In fact, patients "are ashamed of their shame” and this prevents them of “saying their shame". This brings to light an impossibility of expressing the inexpressible. While noting that a majority of subjects with eating disorders feel shame, many authors (M. Corcos, G. Apfeldorfer) considered that this sentiment, especially in the cases of obesity, was linked to body image, and relegated shame to the rank of a secondary symptom. We propose here in contrast to consider shame as a cause of eating disorder. Not only would shame not be a secondary symptom, but it would indeed be a primary symptom and eating disorder its avatar. Shame will be considered here from the point of view of traumas, including childhood traumas and we will strive to demonstrate its origins. We will use this conceptual basis to discuss the specific requests that arise in the clinical practice of treating patients with eating disorders and how artistic mediation can offer a therapeutic opening.


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