L'oeuvre de Nathalie Sarraute à l'épreuve de l'intertextualité

par Rainier Rocchi

Thèse de doctorat en Litterature comparee

Sous la direction de Sylvie Ballestra-Puech.

Soutenue le 04-04-2014

à Nice , dans le cadre de ED-86-Lettres sc. Humaine , en partenariat avec Centre transdisciplinaire d'épistémologie de la littérature (Nice) (laboratoire) .


  • Résumé

    L’intertextualité devrait permettre d’appréhender l’œuvre sarrautienne dans ses contradictions structurelles, réflexivement représentées, dans son évolution problématique, dans sa spécificité littéraire. Une première partie, analytique, met en évidence le régime moderne de l’emprunt, à travers l’étude de deux Nouveaux Romans emblématiques (Portrait d’un inconnu, Le planétarium), tandis que s’amorcent, avec « disent les imbéciles » et Ich sterbe, un tournant autobiographique et une restauration de la directivité auctoriale, caractéristiques des derniers opus. Une seconde partie, synthétique, retrace le contexte culturel de l’emploi figuré du mot tropismes ; s’efforce de répondre à l’objection qui oppose la composition d’Enfance à la discontinuité fragmentaire des autres livres ; propose d’identifier, dans la « sous-conversation », la réécriture d’une forme de dialogue commenté que Proust, héritier de Balzac, a perfectionnée, mais qui devient, chez Sarraute, le lieu d’une déconstruction littéraire du soupçon moderne, où son œuvre peut trouver sa cohérence thématique et stylistique comme sa pertinence historique en se mesurant à un paradigme majeur du XXème siècle. Enfin, un Répertoire des allusions est joint en Appendice pour illustrer la densité de l’intertexte sarrautien, de Tropismes à Ouvrez. – Manifestant la radicalité d’une recherche expérimentale, d’un « tâtonnement aveugle dans le langage », l’intertextualité offre un point de vue critique sur l’œuvre sarrautienne, permettant de saisir comment le projet littéraire, à la fois psychologique et poétique, d’un auteur se réfléchit et s’épuise dans les tensions souvent extrêmes de ses textes indécidables, à l’inapparente opacité, attendant de l’avenir d’imprévisibles métamorphoses.

  • Titre traduit

    Nathalie Sarraute and the question of Intertextuality


  • Résumé

    Is Intertextuality a permanent (even a structural) component of the Nathalie Sarraute’s writing? To maintain this critical position, we should first scrutinize how the intertextuality system, especially in Portrait of a Man Unknown and in The planetarium, is strongly perturbing the narrative conventions and promoting a reflexive approach of the text; while Fools say and Ich sterbe show an autobiographical evolution and a restoration of the author’s directivity; then some examples from a missing Index of References based upon the whole of the Sarrautean oeuvre should confirm the extent of intertextuality; in a second section, we should relativize the originality of the sarrautean tropisms by studying how the traditional forms of dialog or fragment are renewed by such a rhetorical “estrangement”. So, with the question of intertextuality, we could realize how a literary project become distorted by the practice of writing, since the Sarraute’s post-romantic conceptions heavily contrast with the modernist features of her works, which is a deciding factor of their aporetic ambiguity.

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