Des ouvrières en lutte : Mondes populaires et genre du syndicalisme dans un secteur d'emploi « féminin » : le cas de l'usine Chantelle à Nantes (1966-2005)

par Eve Meuret-Campfort

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Annie Collovald.

Soutenue en 2014

à Nantes , dans le cadre de Ecole doctorale Droit, Economie-Gestion, Sociétés, Territoires (Nantes) , en partenariat avec Centre nantais de sociologie (laboratoire) .


  • Résumé

    This dissertation is based on a case study that considers the strikes and trade union activism of female workers in the Chantelle factory in Nantes (1966-2005) from a mocalized and socio-historical perspective. It revisits the question of obstacles to activism faced by popular -class women by studying the processes through which female workers' activist capital was qcquired and then undermined. At the intersection of the sociology of gender, work, and activism, this dissertation shows that the resources used by workers during their activist careers are more collective than individual and more contingent than statutory. Although deprived a priori of a feeling of political authority, popular-class women find ways in the female factory work group to collectively appropriate as well as subvert workers' activist resources that are often considered masculine. The centrality of workers during the "annees 1968", especially strong in Nantes, allows the "Chantelle" to raise their factory to the rank of known and locally notable factories. At the same time, the female workers acquires a feeling of collective dignity taht resonates with working class and masculine registers -"just like the guys", as they say. In contrast, the new context of 1980s and 1990s reduces the oppotunities for similar types of engagements. The women continues to prove their capacity to protest, even though they disagree on the "best way" to emancipate themselves, but they are utimaately assigned to subordinate positions. Building from trade union and administrative archives as well as interviews, the dissertation offers an anlysis of the popular world and unionism from a "bottom-up" perspective and through women's experiences.

  • Titre traduit

    Female workers struggling. Popular world and gender of union activism in a female working sector. The case of Chantelle factory in Nantes (1966-2005)


  • Résumé

    A partir d'une étude de cas, envisagée dans une perspective localisée et sociohistorique- le miltantisme syndical et les grèves des ouvrières de l'usine Chantelle de Nantes (1966-2005) -, cette thèse revisite la question des obstacles à l'engagement militant de femmes de classes populaires en prenant pour objet les processus d'acquisition et de destabilisation d'un capital militant par des ouvrières ; Au croisement d'une sociologie du genre, du travail et du militantisme, elle montre que les ressources mobilisées par les ouvrières dans leurs carrières militantes sont plus collectives qu'individuelles, et plus conjoncturelles que statutaires. Dépourvues a priori d'un sentiment de compétence politique, les femmes de classes populaires trouvent dans le groupe ouvrier féminin de l'usine les moyens d'une collectivisation et d'une subversion des ressources militantes ouvrières, pensées comme masculines. La centralité ouvrière des « années 1968 », particulièrement marquée à Nantes, autorise les « Chantelle » à se hisser au rang des usines connues et reconnues localement et à conquérir un sentiment de dignité collective sur un registre ouvrier et masculin- »comme les mecs », disent-elles. La nouvelle conjoncture des années 1980-1990 dégrade au contraire les conditions de possibilité de ces engagements. Ces femmes continuent à faire preuve d'une capacité de protestation, bien qu'elles ne soient pas d'accord sur la bonne manière » de s'émanciper, mais sont finalement assignées à des positions dominées de victimes. En s'appuyant sur des archives syndicales et administratives et ds entretiens, la thèse propose une analyse des mondes populaires et du syndicalisme « par le bas » et « par le féminin.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (570 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 501-522 Index

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