La défense de l'État arménien de Cilicie (1073-1375)

par Mariya Romanova

Thèse de doctorat en HISTOIRE spécialité Histoire médiévale

Sous la direction de Gérard Dédéyan.

Le président du jury était João Gouveia Monteiro.

Le jury était composé de Gérard Dédéyan, Sergej Pavlovič Karpov, Isabelle Augé, Marie-Anna Chevalier.

Les rapporteurs étaient Michel Balivet.


  • Résumé

    La Cilicie – improprement appelée «Petite Arménie » - est un État, qui a eu une histoire riche mais relativement courte (fin XIe - fin XIVe siècle). La principauté roubênienne de Cilicie (à partir de 1198 – un royaume) se trouve dans le sud-est de l'Asie Mineure.Disposée à la croisée des voies commerciales et stratégiques, la Cilicie est la zone charnière et pratiquement incontournable entre l'Europe méditerranéenne et le Proche-Orient. La Cilicie arménienne - un État plus ou moins de issu de migrations forcées – affronta tout au long de son existence des attaques, voire des invasions innombrables.Au long de son histoire trois fois séculaire, elle fut exposée aux attaques venant de divers côtés: Europe, Byzance, sultanat de Roûm, émirats syriens et Égypte ayyoûbide, puis, surtout, mameloûke. Pendant toute son existence, la Cilicie essaie de maintenir son indépendance et de défendre son territoire contre les envahisseurs. Ainsi, l'Art militaire (stratégie, tactique, armement, composition de l'armée etc.) des Arméniens de Cilicie, ainsi que leur idée national se développe avec l'esprit de défense.La défense, ou stratégie défensive, constitue, avec l'offensive, l'une des deux formes principales de la stratégie opérationnelle. Elle implique une posture de résistance utilisant l'ensemble des moyens d'interdiction de l'action adverse. Bien qu'elle ait recours à l'ensemble des fonctions tactiques nécessaires à la réalisation des opérations militaires (contre-attaque, raid, offensive), c'est à la protection qu'elle confère le rôle majeur. Le choix stratégique d'une posture défensive détermine les modalités d'engagement pour chacune des dimensions : opérations, bataille, combat et chacun des éléments de la guerre.L'étude de la défense de l'Arménie cilicienne est un sujet novateur. Avec le plan de la recherche bien développé, nous avons tenté d'étudier non seulement l'histoire militaire de la Cilicie, mais aussi son contexte sociale et politique, les détailles techniques et le rôle de l'église dans l'affaire militaire.Pour notre recherche nous avons exploité de nombreuses sources d'origines diverses. En effet, outre les sources arméniennes, nous avons examiné les sources latines, grecques, arabes, syriaques (pour les deux dernières en traduction). Seule, la méthode de croisement des sources et de comparaison des traditions militaires nous a permis de compléter les lacunes de l'information nous fait espérer que nous sommes parvenue à des conclusions novatrices.Le dépouillement des sources nous a permis de commencer à traiter certains points jamais étudiés, par exemple le costume et l'armement d'un combattant arméno-cilicien (y compris l'utilisation et la typologie des armes blanches), la stratégie et la tactique dans l'armée cilicienne, la poliorcétique et les machines de siège. D'autres thèmes (comme pendant la période de la Reconquête byzantine), peu étudiés jusqu'ici, ont également été traités, comme l'espionnage en Cilicie, ou encore la guerre navale conduite par les Arméniens ciliciens. Parmi les autres questions, le rôle de l'Eglise dans l'armée arménienne est également abordé.La nouveauté de notre thèse consiste peut-être dans la méthode appliquée. Dans notre recherche, nous avons essayé non seulement de déterminer les éléments historiques (les rencontres et les batailles) mais aussi de développer la problématique qui existe autour de ces conflits, en cherchant à trouver leurs racines. En nous posant les questions comment ? et pour quel but ?, nous pouvons livrer beaucoup plus d'informations et, ainsi, nous arrivons à expliquer les événements historiques du point de vue militaire.

  • Titre traduit

    The defence of the State of Cilician Armenia (1073-1375)


  • Résumé

    Cilicia - also known as the Cilician Armenia, Kingdom of Cilician Armenia, Kingdom of Cilicia or New Armenia - was a medieval State, which had a rich, but relatively short history (from the end of XI till late fourteenth century). The principality of Armenian princes' roubênienne of Cilicia (from 1198 - a kingdom) was located in the southeast of Asia Minor.Placed at the intersection of commercial and strategic roads, Cilicia was an unavoidable area between Mediterranean Europe and the Middle East. Throughout its existence Armenian Cilicia - a state formed more or less from forced migration - faced attacks or numerous invasions.Throughout a history spanning across three centuries, Cilicia was exposed to attacks from various sides: Europe, Byzantium, Sultanate of Rum, Ayyubid emirates, Egypt and Syria, and, above all, Mamluk. In the period of three centuries Cilicia tries to maintain its independence and defend its own territory against invaders. Thus, the Military Art of the Armenians of Cilicia (tactical strategy, weaponry, composition of the army etc.), and their national idea develops with spirit of defense.Defense, or defensive strategy, along with the offensive, is one of the two main forms of military strategy. It involves a posture of resistance using all the means for preventing the opposing action. Event that the defensive strategy uses all tactical functions necessary to achieve the military conflict (against attack, raid, offensive), that is the defense it gives the major role. The strategic choice of a defensive posture determines all dimensions or military Art of Cilicians: operations, battle and each element of the war.The study of the defense of Cilician Armenia is an innovative topic. We tried to study not only the military history of Cilicia, but also its social and political context, the technical details as and the role of the church in the military case.For our research we used many different original sources. In fact, besides the Armenian sources, we examined the Latin, Greek, Arabic, Syriac (the last two in translation) texts. Only the method of crossing of sources and comparing military traditions gave us hope that we have succeeded in innovative conclusions.This method has allowed us to instigate some issues never discussed, for example the armor and weapons of Cilician Armenian fighter (including the use and types of knives), strategy and tactics in the Cilician army, siege warfare and siege machines. We also treated other topics such as espionage in Cilicia, or naval warfare conducted by the Cilician Armenians. Among other questions, the role of the Church in the Armenian army is also discussed.The method applied in our research is perhaps the novelty of this work. In our investigation, we tried not only to determine the historical events (encounters and battles) but also to develop the problem that exists around these conflicts, trying to find their origins. By asking the questions how? and for what?, we can deliver a lot more information, and thus we can explain the historical events from a military point of view.

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