Le "cœur, le talent et la doctrine" de Pietro Giordani dans la formation de Giacomo Leopardi

par Mario Fernando Franco

Thèse de doctorat en ETUDES ROMANES spécialité Etudes italiennes

Sous la direction de Rawdha Zaouchi-Razgallah et de Myriam Carminati.

Le président du jury était Ahmed Somaï.

Le jury était composé de Rawdha Zaouchi-Razgallah, Alfredo Luzi, Bernard Urbani.

Les rapporteurs étaient Silvia Finzi, Antonello Perli.


  • Résumé

    La problématique de cette thèse, à savoir la présence simultanée du trinôme "doctrine-esprit-cœur'' dans la relation Giordani-Leopardi a révélé, que le legs le plus important de ce rapport doit être recherché dans ses aspects affectifs plus que dans une filiation de nature littéraire ou doctrinale. Giordani révèle à Leopardi une tradition de pensée "noble" par rapport à la monotonie du conformisme à travers lequel s'était développé le rapport entre intellectuels et pouvoir. À côté de la "noblesse" il y a aussi la composante de la "modernité", grâce à laquelle Giordani fut le promoteur d'idées innovantes, accordant aux jeunes gens une grande confiance et poussant à l'extrême les conséquences d'une "nouvelle" conception de la réalité comme un langage apte à l'interpréter même dans les traits les plus secrets et incertains de l'esprit. On peut alors affirmer qu'un tel langage "moderne" est celui qui a été défini comme le "langage du cœur" et dont, pour une partie considérable, l'avènement a été rendu possible grâce à la correspondance entre les deux amis. Les possibles parallélismes existentiels en présence concourent à créer ce ressenti commun qui se transmet dans la dimension littéraire et culturelle. La communauté d'idées et la syntonie qui émergent à partir de 1817 et qui perdurent jusque dans les années 1820 va progressivement diminuer en intensité sans toutefois s'éteindre totalement. Il est indubitable que lorsque Leopardi réussit finalement à s'éloigner de Recanati, la tension si pressante à l'égard de son ami (sa fenêtre sur le monde) se relâche. Cela est humainement explicable par le fait que, comme Leopardi avait enfin l'occasion d'élargir son propre horizon d'une manière indépendante, il ressentait moins le besoin de le faire par le biais de sa relation avec Giordani. C'est dans la dimension affective que doit être recherchée la vocation originale de ce rapport, même sous l'aspect de l'engagement civil et littéraire: le don de l'amitié et l'attention fraternelle réciproque, même si, chez Giordani, nous pouvons parler d'une attention "paternelle", ne sont pas des oripeaux qui viseraient à embellir ou à enrichir le rapport entre les deux lettrés, mais ils constituent plutôt la sève même dont se nourrit un tel rapport. Leopardi ne voit pas seulement en Giordani un mentor plus âgé et plus mûr auquel il pouvait confier ses propres secrets et ses pensées les plus intimes. À l'inverse, tous deux ressentent la tension qui les pousse vers une pensée "rebelle", une dimension "autre" de la réflexion humaine par rapport aux "coordonnées" réactionnaires et à l'excessive dérive rationaliste de la raison. Cette rébellion les rapproche et leur permet de s'inscrire dans la lignée la plus pure des "anciens" qui étaient non seulement porteurs de ces valeurs à partir desquelles mesurer les tensions intellectuelles et morales, mais aussi dépositaires de cette étincelle du "doute" générant une vision beaucoup plus complexe de l'individu que ni le rationalisme, ni le psychologisme romantique, ne pouvaient percevoir avec clarté. L'éclosion et l'évolution de cette syntonie particulière apparaissent comme une très belle expérience existentielle dont témoignent leurs lettres. Cette expérience est celle de la rencontre entre deux personnalités, par ailleurs assez "difficiles" sur le plan du caractère : c'est dans la volonté réciproque de se soutenir, de se chercher, de s'aiguillonner qu'il est possible de comprendre ce qu'a pu signifier une telle amitié, surtout pour le jeune Leopardi désireux d'un ami véritable dans la solitude de Recanati. Vie et littérature se mêlent, c'est pourquoi de même que l'accueil d'une pensée, une réflexion, un écrit de l'un et de l'autre, s'accompagnent toujours d'une joie de l'esprit réciproque, de même sont partagées les heures de tristesse, de désolation, de mélancolie, de doute et de peur. Le tout en vient à former l'une des expériences les plus touchantes du panorama littéraire italien de tous les temps.

  • Titre traduit

    The "heart, the talent and the doctrine" of Pietro Giordani in the formation of Giacomo Leopardi


  • Résumé

    The central issue of this thesis, namely the simultaneous presence of the triad "doctrine-mind-heart '' in the relationship Giordani-Leopardi revealed that the most important legacy of this report must be sought in its emotional aspects than in filiation of a literary or doctrinal. Giordani reveals to Leopardi a tradition of thought "noble" in relation to the monotony of conformity through which had developed the relationship between intellec-tual and power in Italy. Next to the "nobility" there is also the element of "modernity", through which Giordani was the promoter of innovative ideas, giving young people a lot of confidence and pushing to the extreme consequences of "new "conception of reality as a language suitable for interpretation even in the most secret and uncertain features of the mind. It can be said that such language "modern" is one that has been defined as the "language of the heart" which, for a considerable part of the rise was made possible thanks to the correspondence between the two friends. Possible parallels existential presence combine to create this common feeling that is transmitted in the literary and cultural dimensions. The community of ideas and harmony emerging from 1817 and lasts until 1820 will gradually decrease in intensity but totally disappeared. There is no doubt that when Leopardi finally managed to get away from Recanati, the tension so pressing against his friend (his window on the world) is released. Humanly explained by the fact that, as Leopardi finally had the opportunity to expand their own horizon of my independent-manner, he felt less need to do so through his relationship with Giordani. It is in the emotional dimension that must be sought the original purpose of this report, even in the aspect of civic engagement and literary: the gift of friendship and fraternal mutual attention, although in Giordani, we can speak of a "paternal" care are not rags that would seek to embellish or enhance the relationship between the two scholars, but they are the same sap that feeds such a report. Leopardi does not see only Giordani an older and more mature that he could trust his own secrets and innermost thoughts mentor. Conversely, both feel the tension that pushes a pen-lish "rebel" size "other" human thinking in relation to "coor-data" reactionary and excessive drift rationalist reason . This brings the rebel-lion and allows them to enroll in the purest tradition of the "year-cians" who were not only carrying these values from which to measure intellectual and moral tensions, but also custodians of the spark "doubt" generating a more complex vision of the individual or the rationalism, or the romantic psychologism could not perceive with clarity.The emergence and evolution of this particular tune appear as a beautiful existential experience as evidenced by their letters. This experience is that of the encounter between two personalities, otherwise rather "difficult" in terms of character: it is the mutual desire to support, to seek, to goad it is possible to understand what has been serving as a friendship, especially for the young Leopardi wanting a true friend in the solitude of Recanati. Literature and life meet, so as the home of thought, reflection, written one and the other, are always accompanied by a reciprocal spirit of joy, shared the same hour of sadness, desolation, of Melan-choly, doubt and fear. Everything comes to form one of the most touching experiences of the Italian literary scene of all time.


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