Développement d’un biomarqueur salivaire mesurant l’exposition de l’Homme aux piqûres des moustiques Aedes : applications aux risques de transmission et à l’évaluation de l’efficacité des stratégies de lutte contre les arboviroses

par Clément Emmanuel Elanga N'Dille

Thèse de doctorat en Biologie Santé

Sous la direction de Dorothée Missé et de Franck Remoué.


  • Résumé

    Les infections virales transmises à l'homme par les moustiques Aedes, sont en pleine émergence ou ré-émergence dans le monde entier. Le contrôle des populations de vecteurs reste la seule méthode de lutte. Pour un contrôle plus efficace, de nombreux efforts sont déployés pour développer de nouveaux indicateurs évaluant l'exposition de l'Homme aux piqûres des Aedes. Dans ce contexte, l'objectif de la thèse était de développer un biomarqueur, basé sur l'évaluation quantitative de la réponse anticorps (Ac) spécifique au peptide salivaire Nterm-34kDa d'Ae. aegypti chez les populations exposées. Pour cela, nous avons évalué le potentiel de cette réponse Ac spécifique à i) mesurer l'intensité d'exposition aux piqûres, ii) évaluer le risque de transmission des arboviroses et iii) évaluer l'efficacité des stratégies de lutte anti-vectorielle (LAV). Nos résultats ont montré qu'une réponse IgG anti-peptide Nterm-34kDa pouvait être détectée chez les individus exposés à Ae. aegypti et Ae. albopictus. Le niveau de cette réponse IgG spécifique augmentait entre les saisons de faibles densités de moustiques et celles de fortes densités, indiquant que ce candidat biomarqueur permettrait d'évaluer l'exposition aux piqûres des Aedes. La distribution spatiale similaire de la prévalence de nouvelles infections au virus de la dengue et la prévalence de la réponse IgG spécifique montrait également que ce candidat biomarqueur permettrait d'identifier des zones à risque de transmission. La comparaison des réponses IgG anti-peptide Nterm-34kDa avant et après les interventions de LAV, a montré qu'une baisse post-LAV de cette réponse Ac spécifique permettrait d'évaluer l'efficacité de la LAV contre les Aede. Ce biomarqueur salivaire pourrait donc représenter un indicateur de la réduction du contact homme-vecteur. L'ensemble de ces travaux montre que la réponse Ac spécifique au peptide salivaire Nterm-34kDa constitue un pertinent biomarqueur pour évaluer l'exposition de l'Homme aux vecteurs des arboviroses. La validation supplémentaire de ce biomarqueur et son développement sous forme de test rapide permettraient aux structures en charge de la surveillance des arboviroses et de la lutte anti-vectorielle, de disposer d'un outil complémentaire des indicateurs entomologiques et épidémiologiques de référence.

  • Titre traduit

    Development of a salivary biomarker for measuring the human exposure to Aedes mosquitoes bites : applications to evaluate the risk of arboviruses transmission and the efficacy of vector control


  • Résumé

    Human viral infections transmitted by Aedes mosquitoes are rapidly emerging or re-emerging worldwide. Vector control strategies remain currently the unique method to control these infections. To improve the effectiveness of this control, much effort is being devoted to develop new indicators for measuring the human exposure to Aedes bites. In this way, this project aimed to develop a biomarker based on the quantitative assessment of antibody response (Ab) to Ae. aegypti Nterm - 34kDa salivary peptide, in human exposed populations. We evaluated thus the potential of this specific Ab response to: i) measure the intensity of human exposure to Aedes bites, ii) assess the risk of transmission of arboviruses and iii) evaluate the efficacy of vector control strategies. Our results showed that a specific IgG response to Nterm-34kDa peptide could be detected in individuals exposed to Ae. aegypti or Ae. albopictus. The level of specific IgG response increased from the season of low mosquito densities to high densities one, indicating that this biomarker candidate could evaluate the intensity of exposure to the Aedes bites. The observed similar spatial distribution of the prevalence of new infections with dengue virus and specific IgG response showed that this biomarker candidate could identify areas at risk of transmission. The comparison of the specific IgG responses to Nterm-34kDa peptide before and after the vector control intervention showed a decline of the specific Ab response after implementation of control. It indicated that such salivary biomarker could assess the effectiveness of vector control against Aedes, and that this salivary biomarker could be an indicator of the reduction of man-vector contact. Altogether, the results of this work show that the specific IgG response to the Nterm-34kDa salivary peptide could be a relevant biomarker for assessing human exposure to arboviruses vectors. This promising indicator, developed as a rapid test, could represent a complementary tool for entomological and epidemiological surveillance of arboviruses diseases.


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