Recherches épidémiologiques appliquées à la lutte contre les filarioses en Afrique centrale

par Cédric Chesnais

Thèse de doctorat en Biologie Santé

Sous la direction de Michel Boussinesq.

Le jury était composé de Michel Boussinesq, Sébastien Pion, Éric Delaporte, Jan Remme.

Les rapporteurs étaient Bernard Carme, Samuel Wanji.


  • Résumé

    Le Programme africain de lutte contre l'onchocercose (APOC) et le Programme mondial d'élimination de la filariose lymphatique (GPELF), basés respectivement sur des traitements de masse par ivermectine et par une combinaison d'ivermectine et d'albendazole, sont des succès indéniables. Cependant, en Afrique centrale, région endémique pour la loase, les opérations de lutte sont fortement entravées du fait de la survenue possible d'effets secondaires graves induits par l'ivermectine chez les individus présentant plus de 30.000 microfilaires de Loa loa par mL de sang. Les résultats remarquables de l'APOC ont conduit récemment le programme à afficher un objectif plus ambitieux que celui défini initialement (l'élimination de la maladie comme problème de santé publique) : celui d'une élimination de la transmission. Les objectifs d'élimination d'APOC et du GPELF rendent nécessaires la réalisation d'une cartographie de la filariose lymphatique et de l'onchocercose hypoendémique en Afrique centrale, et imposent de développer des stratégies de lutte alternatives dans les zones coendémiques avec la loase. Nos travaux apportent des éléments nouveaux concernant l'épidémiologie de la filariose lymphatique en Afrique centrale. La distribution très focale de la maladie et les facteurs de risque particuliers que nous avons identifiés devraient être pris en compte pour déterminer l'échelle utilisée pour la réalisation de la cartographie. Par ailleurs, nous avons observé que le test ICT utilisé pour cartographier la filariose lymphatique pouvait se positiver en cas de forte microfilarémie à Loa loa (réaction croisée), ce qui va constituer un défi important pour les programmes de lutte. Nos travaux ont aussi permis de développer des stratégies alternatives permettant de lancer des programmes de lutte dans des zones de coendémie avec L. loa. Ainsi, nous avons participé au développement d'une technique permettant de dépister (et d'exclure des traitements de masse) les individus à risque d'effets secondaires graves post-ivermectine. D'autre part, nous avons montré que des traitements semestriels par albendazole seul pourraient constituer une alternative, applicable en zone de loase, au traitement standard de la filariose lymphatique. Concernant le diagnostic, nous avons montré l'intérêt qu'il y avait à lire les tests de diagnostic de la filariose lymphatique de manière semi-quantitative. Enfin, concernant la loase, nous avons étudié les relations existant, au niveau individuel, entre la microfilarémie à Loa et les antécédents d'œdème de Calabar et de passage sous-conjonctival du ver adulte.

  • Titre traduit

    Epidemiological research applied to the fight against filariasis in Central Africa


  • Résumé

    The African Program (APOC) and the (GPELF), relying on the mass drug administration of ivermectine or of a combination of ivermectin and albendazole, respectively, are undeniably successful. Nonetheless, in Central Africa where loiasis is endemic, control operations are hampered by the possible occurence of ivermectine-induced severe adverse events in individuals harbouring more than 30 000 microfilaria of Loa loa per mL whole blood. The outstanding results obtained by APOC have recently led the programme to adopt a more ambitious goal than originally defined (elimination of the disease as a public health concern) : eliminating transmission. The elimination objectives of APOC and of the GPELF arise the need for mapping lymphatic filariasis and hypoendemic onchocerciasis areas in Central Africa, and strenghten the need to develop control strategies for loiasis coendemic areas. Our researches bring new insight into the epidemiology of lymphatic filariasis in Central Africa. The highly focal distribution of the disease, and the risk factors that we identified should be accounted for when defining the scale used for mapping processes. Furthermore, we observed that the immunochromatographic card test (ICT) used for mapping lymphatic filariasis might display false positive result in case of high L. loa microfilarial density (cross reaction), which will constitute a challenge for control programmes. Our work also allowed to develop alternative strategies for launching control programmes in areas of coendemy with L. loa. We participated in the developement of a technique to test (and exclude from mass drug administration) the individuals at risk of post-ivermectin severe adverse events. Besides, we showed that a semiannual mass drug administration of albendazole alone was deemed to be a suitable alternative strategy to standard lymphatic filariasis treatment applicable in loiasis endemic areas. As for the diagnosis, we highlighted the interest of semi-quantitative reading of diagnostic tests for lymphatic filariasis. Eventually, we studied the relation between the microfilaremia of L. loa and the histories of Calabar oedema and of sub-conjonctival migration of the adult worm, at the individual level.


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