La résistance dans l'obscurité : le public de la Cinémathèque Uruguayenne pendant la dictature militaire (1973-1984)

par Germán Silveira

Thèse de doctorat en Sc sociales

Sous la direction de Jean-Pierre Esquenazi.

Soutenue le 21-03-2014

à Lyon 3 , dans le cadre de École doctorale Lettres, langues, linguistique et arts (Lyon) .

Le président du jury était Michel Marie.

Le jury était composé de Christophe Gauthier, Olivier Moeschler.

Les rapporteurs étaient Michel Marie, Jean-Marc Leveratto.


  • Résumé

    Les années de dictature militaire (1973-1984) furent paradoxalement la période la plus importante dans l’histoire de la Cinémathèque Uruguayenne. En ces temps obscurs l'institution s’est forgé une réputation au niveau local et international sur la base d’un travail culturel indépendant. Malgré les circonstances répressives propres au régime, le public de la cinémathèque a montré des signes de vie publique et a participé activement à la création d'un espace symbolique de résistance. En ce sens, pendant la période de dictature, la Cinémathèque Uruguayenne va s’inscrire en tant qu’institution de médiation, comme un « nouveau » acteur culturel qui émerge dans des circonstances critiques particulières, pour assumer un rôle que ne l’avait pas été réservé jusqu'à ce moment-là. Ainsi, nous croyons que dans le contexte latino-américain des années 1960-70, le cinéma s’est transformé, suivant l’expression de Pierre Sorlin, en un « lieu de conflits » L’objectif principal de ce travail consiste donc en décrire, à travers le témoignage des abonnés qui assistaient aux séances programmées par l’institution tout au long de la période de dictature, le lieu social où se déroulait la réception. A la suite de l’approche historique des études de réception développée par la théoricienne américaine Janet Staiger, nous nous proposons de comprendre l’influence du contexte dans les formes de réception cinématographiques et de discerner les mécanismes à travers lesquels le public s’est approprié le cinéma comme un « espace de résistance culturelle », appellation que recevait la Cinémathèque à l’époque.

  • Titre traduit

    Resistance in the dark : the public of the Uruguayan Cinematheque during the military dictatorship (1973-1984)


  • Résumé

    The years of military dictatorship (1973 – 1984) ironically turned into the most important period in the history of Uruguayan Cinematheque. Based on an independent cultural work, back in those dark times, the institution was able to consolidate a task acknowledged both locally as well as internationally. Despite the repressive circumstances of the regime, the public of the institution showed signs of a public life and actively participated in the creation of a symbolic space for the resistance. As a cultural mediation institution, the Cinematheque so appeared as a "new" actor emerging in specific critical circumstances to assume a role that it did not have in store until then. In this way, we believe that in the 70s and 80s Latin American context, cinema transformed into a “place of conflicts” (lieu de conflits), following Pierre Sorlin’s expression. The main objective of this work is to describe – through the testimony of the spectators who attended the films programmed by the institution during the dictatorship period – the social place where the reception occurred. Following the historical focus of the reception developed by American theorist Janet Staiger, we intend to understand the influence of the sociopolitical context in the ways of cinematographic reception and to discern the mechanisms whereby the public got hold of the cinema as a “cultural resistance space”, name given to Uruguayan Cinematheque back then.


  • Résumé

    Los años de dictadura militar (1973-1984) se transformaron, paradójicamente, en el período más importante de la historia de la Cinemateca Uruguaya. En base a un trabajo cultural independiente, en esos tiempos oscuros, la institución supo consolidar una tarea reconocida tanto a nivel local como a nivel internacional. A pesar de las circunstancias represivas del régimen, el público de la Cinemateca mostró signos de vida pública y participó activamente en la creación de un espacio simbólico de la resistencia. Como institución de mediación cultural, la Cinemateca apareció así como un "nuevo" actor, que emergía en circunstancias críticas específicas para asumir un papel que no tenía reservado hasta entonces. De esta manera, creemos que en el contexto latinoamericano de los años 1970 a 1980, el cine se transformó, siguiendo la expresión de Sorlin, en un "lugar de conflictos." El objetivo principal de este trabajo es describir - a través del testimonio de los socios que asistieron a las funciones programadas por la institución durante el período de dictadura - el lugar social donde se desarrollaba la recepción. Siguiendo el enfoque histórico de la recepción desarrollado por la historiadora norteamericana Janet Staiger, nos proponemos entender la influencia del contexto socio-político en las formas de recepción cinematográfica y discernir los mecanismos mediante los cuales el público se apropió del cine como un “espacio de resistencia cultural”, apelativo que recibía la Cinemateca Uruguaya en aquel momento.


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