Bioanthropologie et pratiques funéraires des populations néolithiques du Proche-Orient : l’impact de la Néolithisation : étude de sept sites syriens – 9820-6000 cal. BC

par Berenice Chamel

Thèse de doctorat en Langues, histoire et civilisations des mondes anciens

Sous la direction de Alain Beeching.

Le président du jury était Anne-Marie Tillier.

Le jury était composé de Olivier Dutour, Françoise Le Mort, Miquel Molist Montaña, Theya Molleson.


  • Résumé

    La Néolithisation au Proche-Orient est une période phare de l’histoire de l’humanité : c’est en effet à ce moment qu’interviennent de grands changements dans l’économie de subsistance, apportés par l’invention de l’agriculture et de l’élevage. D’autres changements dans le mode de vie sont également engendrés par la sédentarisation et, en dernier lieu, par l’invention de la céramique en tant que récipient. Ces bouleversements que connaissent les populations néolithiques s’observent aussi bien dans l’état sanitaire que dans les pratiques funéraires. Le travail entrepris a donc consisté à étudier les sépultures et les restes humains provenant de sept sites syriens répartis sur toute la période de la Néolithisation. Les pratiques funéraires se complexifient tout au long de la période, bien que les sépultures primaires et individuelles, avec un dépôt des corps en position fléchie sur le côté, soient longtemps restées la norme. Dès le PPNA, des sépultures sont directement associées à certains bâtiments, avant que des lieux d’inhumations spécifiques apparaissent à la fin du PPNB. L’étude anthropologique s’est concentrée sur les pathologies infectieuses osseuses et dentaires ainsi que sur les indicateurs de stress, selectionnés parmi les marqueurs les plus pertinents. Ainsi la tuberculose, la périostite, les caries, les abcès, la perte de dents ante-mortem, la maladie parodontale, les hypoplasies de l’émail dentaire, la Cribra orbitalia et l’hyperostose poreuse ont été systématiquement recherchés sur les squelettes. Après une étude des changements dans l’état de santé des populations site par site, les individus ont été regroupés par périodes afin de mettre en évidence l’impact de la Néolithisation dans une étude diachronique. L’avènement de l’agriculture semble avoir entrainé une augmentation des pathologies dentaires et des indicateurs de stress à la période du PPNB ancien, tandis qu’un pic de stress, enregistré au PPNB moyen, pourrait être relié à l’introduction de l’élevage, qui a pu entrainer des carences alimentaires et peut-être l’apparition de nouvelles maladies infectieuses. De même, la plupart des indicateurs laissent entrevoir une certaine dégradation de l’état sanitaire lors de la dernière période étudiée, le Néolithique céramique. Ce travail a permis de mettre en évidence que les changements intervenus dans l’état de santé sont loin d’être linéaires ; des fluctuations se produisent entre les périodes selon les différents indicateurs, et c’est au PPNB qu’apparaissent les bouleversements les plus importants. Il semblerait en outre que le degré de gravité des pathologies évolue de façon non linéaire tout au long de la Néolithisation.

  • Titre traduit

    Bioanthropology and funerary practices of Near-East neolithic's populations : the impact of the Neolithisation : study of seven syrian sites - 9820-6000 cal. BC


  • Résumé

    The Neolithisation of the Near-East is a key period in the history of humanity, when huge changes occur in subsistence economy, triggered by agriculture and animal husbandry. Other changes in lifestyle are generated by sedentarization and eventually by the invention of pottery as container. The disruptions known by the Neolithic populations are to be found both in their health status and funerary practices. The sepultures and human remains from seven Syrian archaeological sites are studied in this work over the entire period of Neolithisation. The funerary practices become more complex over time, although the primary individual sepultures, with the corpse laid in a flexed position on one side, remain the standard for a long time. From the PPNA, some sepultures are directly associated with particular buildings, until specific burial areas appear towards the end of the PPNB. The bioanthropological study focuses on infectious diseases affecting bones and teeth and on stress indicators, with a selection of the most relevant features. The skeletons were thus systematically examined for signs of tuberculosis, periostitis, dental caries and abcesses, ante-mortem tooth loss, periodontal disease, dental hypoplasia, Cribra orbitalia and porotic hyperostosis. A site by site study of health status changes was carried out first, then the individuals were gathered by period in order to bring to light the impact of the Neolithisation processes in a diachronic study. The advent of agriculture seems to have entailed an increase in dental pathologies and stress indicators in the early PPNB, and a peak of stress registered in the middle PPNB could be related to the introduction of animal husbandry, creating dietary deficiency and new infectious diseases. Most of the markers indicate a deterioration in health status during the last studied period, the Pottery Neolithic. This work establishes that changes in health status were far from linear; the different indicators pointing to fluctuations between the periods, with the most important changes featuring in the PPNB. Furthermore, it suggests that the severity of the pathologies evolved in a non linear way throughout the Neolithisation.


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