Educations familiales et dynamiques identitaires et interculturelles au Liban- Philosophie de la différence et question de l’identité entre vie privée et environnement socioculturel et politique

par Majeda Chaarani

Thèse de doctorat en Sciences de l'éducation

Sous la direction de Alain Kerlan.

Soutenue le 15-12-2014

à Lyon 2 , dans le cadre de École doctorale Sciences de l'éducation, psychologie, information et communication (Lyon) , en partenariat avec ECP - Education cultures politique (laboratoire) .

Le président du jury était André Désiré Robert.

Le jury était composé de Jean-Pierre Pourtois.

Les rapporteurs étaient Firidrīk Maʿtūq, Huguette Desmet.


  • Résumé

    16 familles libanaises (père, mère, et jeune), ont été l’objet d’une étude rétrospective, non aléatoire, afin d’explorer les notions de transmission et de dynamique identitaires, en relation avec les diverses éducations familiales. Les critères d’inclusion furent la cohésion familiale, et le niveau d’instruction des jeunes, supérieur ou égal au Baccalauréat. Les familles étaient choisies selon les principales communautés structurales d’une société pluricommunautaire, à savoir la société libanaise (et plus particulièrement, les communautés confessionnelles, géographiques, et socioéconomiques).L’analyse compréhensive et interprétative des données collectées, suivit une méthodologie de type qualitatif, selon la méthode de théorisation ancrée : 1) établissement de repères interprétatifs initiaux ; 2) co-construction de sens ; 3) analyse inductive / déductive ; 4) catégorisation en cours d’analyse de diverses conceptualisations ; 5) modélisation de ces catégories conceptualisantes en deux étapes (bidimensionnelle, et tridimensionnelle), et dont le résultat fut une modélisation théorique de l’identité individuelle ; 6) usage de cette modélisation afin de proposer une approche originale des transmissions identitaires et des dynamiques identitaires et interculturelles ; et 7) ultimement de dégager une théorisation sur « le cristal interculturel imparfait » (C.I.I.), et sur ses éventuelles et potentielles, applications et implications, en particulier, sur le plan éducatif. Le principal repère interprétatif initial personnel fut dégagé du terme arabe « oumour » : une représentation en termes temporels de l’Existence. Les principales conceptualisations que cette étude permit de catégoriser, sont : 1) la distinction entre trois formes d’appartenance : les identités existentielles, l’identité essentielle liée au sexe (gender), et l’identité nécessaire liée au « oumour » ; 2) la structure tripartite des appartenances existentielles, du fait de la double influence qu’y exercent la famille et la société ; 3) l’individualisation d’un troisième cercle intermédiaire d’appartenance, entre les cercles, privé, et public, qui est le cercle de la « assabiyya » ; 4) le caractère incomplet de chacun des trois cercles d’appartenances ; et 5) le concept de « dynamique identitaire nécessaire » (D.I.N.), qui est la somme indissociable de deux mouvements identitaires nécessaires. Quant à la théorisation du ʺcristal interculturel imparfaitʺ, celle-ci correspond à une simplification, dans un but didactique, de notre compréhension de la structuration de l’identité individuelle, de sa transmission, et de sa dynamique. Elle s’appuie sur deux notions fondamentales : 1) les souscomposantes identitaires, ou particules élémentaires de ce cristal imparfait ; et 2) D.I.N. de l’être, qui dynamise le tout, à travers des processus internes de rationalisation et de relativisation. L’approche interculturelle tient une place de choix, dans cette théorisation, eu égard la compréhension de la transmission et de la dynamique, identitaires. Si bien que l’altérité, se présente comme étant la relation élémentaire de cette structuration. Et dont l’approche use de façon combinée, interactive et obligatoire de trois logiques distinctes : 1) la logique intersubjective et existentielle ; 2) la logique subjective et essentielle ; et 3) la logique nécessaire, quant au sens que donne l’être à son existence, et qui est liée à son « oumour » (à sa D.I.N.).

  • Titre traduit

    Family educations, and identity and intercultural dynamics in Lebanon- Philosophy of difference and question of identity between private life and socio-cultural and political environment


  • Résumé

    16 Lebanese families (father, mother and youth) have been the subject of a retrospective, non-randomized study, to explore notions of identity transmission and dynamics, in relation to the various family educations. Inclusion criteria were family cohesion and the level of youth instruction level, greater than or equal to High School. Families were selected according to the main structural communities in a multi communitarian society, namely the Lebanese society (specifically: confessional, geographic, and socioeconomic communities). The comprehensive and interpretative analysis of data collected, followed a qualitative methodology, according to the grounded theory method: 1) establishment of initial interpretive markers; 2) co-construction of meaning; 3) inductive / deductive analysis; 4) categorization, while analysis is in progress, of various conceptualizations; 5) modeling of these conceptualizing categories in two stages (two-dimensional and three dimensional), the result of which was a theoretical modeling of individual identity; 6) use of this model to propose an original approach o identity transmissions, and identity and intercultural dynamics; and 7) ultimately to reach a theorization about the “intercultural imperfect crystal”, (I.I.C.), and about its eventual and potential applications and implications, especially in terms of education. The main initial interpretive and personal landmark, was that of the Arabic word of “oumour”: a representation, in temporal terms, of Existence. The main conceptualizations that this study made it possible to categorize, were: 1) the distinction between three forms of belonging: the existential identities, the essential gender-related identity, and the necessary “oumour”-related identity; 2) the tripartite structure of existential belongings, due to the double influence carried on by the family and the society; 3) the individualization of a third intermediate circle of belonging, between the private and public, circles, which is the circle of “assabiyya”; 4) the incompleteness of each of the three circles of belonging; and 5) the concept of “necessary identity dynamics” (N.I.D.), which is the sum of two inseparable necessary identity movements. As for the theorization of the “intercultural imperfect crystal”, this corresponds to a simplification, for didactic purposes, of our understanding of the structuring of individual identity, of its transmission, and of its dynamics. It is based on two fundamental concepts: 1) identity subcomponents, or elementary particles of this imperfect crystal; and 2) the N.I.D. of the being, that “dynamizes” the whole, through internal processes of rationalization and “relativization”. The intercultural approach is prominent in this theory, on regard of the understanding of the identity transmission and dynamics.That’s why otherness is presented as the elementary relationship of this structure. And whose approach is characterized by its combined, interactive and mandatory use of three distinct logics: 1) the inter-subjective and existential logic; 2) the subjective and essential logic; and 3) the necessary logic, as to the meaning, that the individual gives to his being, and which is related to his “oumour” (his N.I.D.).

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