Regeneration b(d)oom : territoires et politique de la régénération urbaine par projet à Londres

par Martine Drozdz

Thèse de doctorat en Géographie, aménagement et urbanisme

Sous la direction de Christian Montès et de Manuel Appert.

Soutenue le 06-11-2014

à Lyon 2 , dans le cadre de École doctorale Sciences sociales (Lyon) , en partenariat avec Environnement, ville, société (Rhône) (laboratoire) .

Le président du jury était Isabelle Lefort.

Le jury était composé de Sylvie Fol, Jennifer Robinson.

Les rapporteurs étaient Sylvie Fol, Mustafa Dikeç.


  • Résumé

    Marges en déclin sociodémographique dans la deuxième moitié du XXe siècle, les quartiers d’inner city sesituent aujourd’hui au coeur de la stratégie de développement de Londres. Ils constituent désormais un espacesoupape où se négocient les conséquences sociales et spatiales de la globalisation dans la capitale britannique.Le modèle politique et urbain de la régénération qui préside à ce changement se stabilise à la fin de ladécennie 1980 dans un consensus entrepreneurial, compétitif et partenarial. Cependant, sa territorialisation dans les anciens quartiers d’inner city est discrète et inachevée et fait place à de nombreux reliquats de l'intervention de la puissance publique, loin de l’image d’un retrait univoque de l’État. L'agenda néotravailliste des années 2000 modifie ce modèle en y introduisant des normes de durabilité, de reconnaissance des minorités et un impératif participatif. À Londres, cette évolution se traduit par la mise en place d’une politique territoriale spécifique, les zones d’opportunité, dont le but est initialement d’arrimer le développement des inner cities à celui des marchés immobiliers péricentraux. Nous montrons qu’en l’absence de mécanisme de redistribution suffisamment contraignant, cette politique a conduit dans les faits à une accélération de la privatisation du parc de logements publics et à une généralisation des formes de gentrification clé-en-main (new-built gentrification). La coalition conservateurs / libéraux-démocrates au pouvoir depuis 2010 a partiellement maintenu les dispositifs participatifs dans les programmes de régénération. Cependant, nous montrons comment le contexte d’austérité a conduit dans certains cas à une forme de privatisation du fonctionnement même de la démocratie urbaine locale. Le modèle de la régénération, ses impasses et ses injustices, est désormais contesté dans plusieurs sphères politiques, mais les protestations sont fragmentées et peinent à se généraliser en raison même de la géographie spécifique de la régénération, par projet.

  • Titre traduit

    Regeneration b(d)oom : space, politics and project-led regeneration in London


  • Résumé

    The inner city was at the margin and in decline for most of the second half of the 20th century. Today it is an essential part in London's development strategy. It works as a relief valve for the social and spatial pressure induced by globalisation in the capital city of the United Kingdom. Regeneration policies are the political and spatial model driving this transformation. From the late 1980s the regeneration consensus revolved around three principles: it had to be funded by property-led entrepreneurial investments, distributed by competitions between territories and governed by public-private partnerships, thus realising the neoliberalisation of space.However, the delivery of regeneration projects in old inner city areas is discontinuous and incomplete. Itmakes space for numerous state interventions which show that we are far from a complete withdrawal of thestate. In the 2000s, New Labour policies append new norms to the regeneration model: the notions ofdurability, acknowledgement of minority rights, and the imperative to become more participative. In Londonthis has led to the creation of the "opportunity areas" policy, which has attempted to propel the development of the inner city by the boom of the property markets on the edge of the city centre. In the absence of stronger coercing distributive mechanisms, we show that this policy has in fact led to the faster privatisation of public housing and extended the range of "new-built gentrification". The Conservative – Liberal Democrat Coalition have dismantled many of the regeneration participative regimes. In some cases, austerity policies have triggered the privatisation of core functions in local urban democracy. This model, with its shortcomings and injustice, is criticized in the public sphere but protests remain fragmented and are struggling to become established, because of the very geography of project-based regeneration.

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