Liens entre mémoire et perception : vers des mécanismes communs

par Amandine Rey

Thèse de doctorat en Psychologie (doctorat psychologie mention psychologie cognitive)

Sous la direction de Rémy Versace.

Soutenue le 22-09-2014

à Lyon 2 , dans le cadre de École Doctorale Neurosciences et Cognition (NSCo) , en partenariat avec Laboratoire d’Étude des Mécanismes Cognitifs Lyon (laboratoire) .

Le président du jury était Yann Coello.

Le jury était composé de Stéphane Rousset.

Les rapporteurs étaient Denis Brouillet, Nicolas Vermeulen.


  • Résumé

    Dans notre vie quotidienne, nous recueillons et intégrons constamment un grand nombre d’informations sensorielles (Calvert & Thesen, 2004). Tout au long de nos activités perceptives, les connaissances que nous avons sur l’environnement sont continuellement "récupérées" en mémoire. Le cadre de la cognition incarnée et située proposent que les processus cognitifs (i.e. processus mnésiques, processus langagiers) sont ancrés dans les mêmes systèmes sensorimoteurs que ceux engagés dans les processus perceptivo-moteurs (Glenberg, 1997 ; Slotnick, 2004 ; Pecher & Zwaan, 2005).La mémoire contient des traces sensori-motrices encodées lors des multiples expériences de l’individu dans son environnement (Versace, Labeye, Badard, & Rose, 2009). De nombreux travaux en psychologie cognitive et en neurosciences démontrent que les connaissances sont construites et (re)émergent à partir de l’activation des systèmes neuronaux typiquement associés aux mécanismes perceptivo-moteurs. Le contenu et le fonctionnement de notre mémoire sont intrinsèquement liés à nos activités sensori-motrices passées et présentes. Pour être efficace, les connaissances impliquées dans nos activités cognitives doivent être étroitement liées à la situation présente. Cette capacité à s’adapter à des situations spécifiques ne serait pas possible à moins que les connaissances, y compris les connaissances conceptuelles, soientissues de la réactivation de traces mnésiques d’expériences passées (Barsalou, 2008 ; Versace et al., 2014). Réciproquement, les activités sensori-motrices sont totalement dépendantes des traces mnésiques d’expériences sensori-motrices passées. Ainsi, la différence entre perception et mémoire réside dans le fait que, dans le premier cas, les propriétés sont perceptivement présentes, tandis que, dans le deuxième cas, celles-ci sont absentes mais réactivées.Ce travail de thèse avait pour objectif d’étudier les liens entre mémoire et perception et, plus précisément, d’apporter des arguments en faveur de la similarité entre les processus mnésiques et perceptifs qui résultent de l’activation de composants de même nature sensorimotrice.Nous avons testé l’hypothèse selon laquelle des effets perceptifs devraient pouvoir être obtenus avec des composants réactivés en mémoire. Pour cela, nous avons utilisé des effets perceptifs - tels que l’effet de masquage ou les biais de jugement perceptif - afin d’explorer la possibilité de répliquer ce type d’effets avec l’intervention des dimensions mnésiques.

  • Titre traduit

    Links between memory and perception : towards common mechanisms


  • Résumé

    In everyday life, each of us is constantly processing perceptual input from the environment, we collect and then integrate numerous items of sensory information (Calvert & Thesen, 2004). Alongside these perceptual activities, knowledge related to our environment is continually "recovered" from memory. Embodied cognition and grounded cognition theories suggest that cognitive processes (e.g., memory processes, language processes) are grounded in the same sensory-motor systems as those used in perceptual and motor processes (Glenberg, 1997 ; Slotnick, 2004 ; Pecher & Zwaan, 2005).Memory is composed of sensorimotor traces encoded during the several experiences of an individual in his environment (Versace et al., 2009). A large number of studies in cognitive psychology and neurosciences demonstrated that knowledge is constructed and (re)emerged from the activation of neural systems typically associated with perceptual-motor mechanisms. The contents and the functioning of our memory are intrinsically linked to our past and present sensorimotor activities. To be effective, knowledge involved in our cognitive activities must be closely linked to the actual situation. This ability to adapt to specific situations would not be possible unless knowledge, including conceptual knowledge, is derived from the reactivation of memory traces of past experiences (Barsalou, 2008 ; Versace et al., 2014). Conversely, sensorimotor activities are totally dependent on memory traces of past sensorimotor experiences. Thus, the difference between perception and memory is that, in the former, properties are perceptually present, whereas, in the latter, they are absent but reactivated. This PhD research focused on the link between memory and perception and, more precisely, aims to provide arguments in favor of the similarity of memory and perceptual processes that result from the activation of components of same sensorimotor nature. We tested the hypothesis that perceptual effects should be observed with reactivated components in memory. We used well-known perceptual effects (such as masking effect or perceptual bias invisual illusion) to investigate the possibility to replicate these effects by replacing the sensorial present components by reactivated components in memory.


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