Pratiques funéraires et identité biologique des populations du Sud Caucase, du Néolithique à la fin de la culture Kura-Araxe (6ème - 3ème millénaire av. J.-C.) : une approche archéo-anthropologique

par Modwene Poulmarc'h

Thèse de doctorat en Langues, histoire et civilisations des mondes anciens

Sous la direction de Alain Beeching.

Le président du jury était Henri Duday.

Le jury était composé de Bertille Lyonnet, Françoise Le Mort, Frédérique Valentin.


  • Résumé

    Les restes humains et les pratiques funéraires allant du Néolithique à la fin de la culture Kura-Araxe (6ème au 3ème millénaire) n’avaient jusqu’à aujourd’hui fait l’objet d’études approfondies. Afin de contribuer à une meilleure connaissance des pratiques funéraires et des caractéristiques biologiques de ces populations il a été entrepris de réévaluer les données publiées, de réexaminer les restes humains issus de fouilles anciennes et de mettre à profit l’apport de données issues des fouilles récentes dans la région, cela au travers d’un nouveau regard, celui de l’archéothanatologie. L’analyse détaillée des gestes funéraires a été mise en relation avec une analyse du recrutement funéraire, mais également avec une analyse anthropologique incorporant divers paramétres (morphologie et morphométrie, variations anatomiques non métriques, indicateurs de stress et pathologies).Sur l’ensemble du Sud Caucase, 132 sites où la présence de sépultures est attestée : cinq pour le Néolithique, 21 pour le Chalcolithique et 111 pour la culture Kura-Araxe. La réévaluation des anciennes données a permis de répartir les sépultures en sept catégories: les tombes en fosses, les inhumations dans les contenants en céramique, les tombes construites de formes variables, les tombe en fer à cheval, les cistes, les kourganes et les tombes surmontées en surface d’un amas de pierres. Les tombes néolithiques sont rares : il s’agit de tombes en fosse associées à l’habitat, dans lesquelles les individus sont en position fléchie sur l’un des côtés. Les sépultures chalcolithiques sont un légèrement nombreuses qu’à la période précédente. Trois nouveaux types de tombes apparaissent : les inhumations dans un contenant en céramique, les kourganes et les tombes surmontées d’un amas de pierres. Les tombes en fosse demeurent les plus nombreuses, et toujours en lien avec l’habitat ; les défunts sont le plus souvent inhumés en position fléchie sur l’un des côtés. Par ailleurs, les inhumations dans un contenant en céramique semblent destinées à accueillir les très jeunes immatures. Le kourgane marque les débuts de la dissociation entre le lieu d’inhumation et le lieu d’habitat, qui débute à la fin du Chalcolithique, se poursuit dans la seconde moitié du 4ème millénaire et semble se généraliser à partir de la première moitié du 3ème millénaire. Le signalement des tombes en surface apparaît lui aussi au cours du Chalcolithique, traduisant un changement des mentalités. On assiste au cours de la culture Kura-Araxe à une augmentation frappante du nombre de sites où la présence de sépultures est attestée. Les types de tombe se diversifient : outre les tombes en fosses, les kourganes et les tombes surmontées en surface d’un amas de pierres, qui perdurent, trois autres types de tombe apparaissent : les tombes de formes variables, les cistes et les tombes en fer à cheval. Cette diversification illustre une multiplicité des pratiques. En revanche, la diversité observée au niveau des types de tombe s’oppose à une grande homogénéité dans le positionnement des individus : la position fléchie sur l’un des deux côtés domine clairement. Des cartes de répartition des sites ont été établies en fonction des différents types de tombes identifiés et des modes de dépôt des défunts. Enfin, les méthodes de l’archéothanatologie ont permis de mieux appréhender les modes de dépôts et de mettre en évidence des gestes insoupçonnés (position assise, lien de contention, contenant en matière périssable). Cette recherche offre la possibilité d’avoir un regard d’ensemble sur les populations vivant au cours de ces périodes dans le Sud Caucase. Des gestes et des pratiques funéraires jusque là insoupçonnés ont été mis en lumière grâce à l’emploi des méthodes de l’archéothanatologie.

  • Titre traduit

    Mortuary practices and biological identity of Southern Caucasus population from the Neolithic to the late Kura-Araxe culture (6th - 3rd millennium BC) : an archaeo-anthropological approach


  • Résumé

    Human remains and funerary practices of the Neolithic period to the end of the Kura-Araxe’s culture (6th to 3rd millennium) in the Southern Caucasus have not been thus far the subject of bio-anthropological studies. In order to contribute to a better understanding of funeral practices and the biological characteristics of southern Caucasus populations, a reassessment of published data related to human remains recorded from ancient excavations and new approaches of analyses, archaeothanatology, of new data from recent excavations in the region has been undertaken. A detailed study is conducted based on funeral gestures reconstruction, burial type’s analyses, and various anthropological aspects (morphology and Morphometry, non metric anatomic variations, stress indicators and pathology). 132 sites incorporating graves are attested in the Southern Caucasus: five Neolithic sites, 21 chalcolithic sites and 111 sites of Kura-Araxe’s culture. The review of the old data revealed seven categories of burials: pit grave, burial in ceramic container, Constructed tomb with various shapes, horseshoe grave, cist burial, kurgans and stones covered graves. The Neolithic tombs are rare. It comprises pit burials located within settlement area with inhumation of individuals in flexed position on one side. Chalcolithic graves are slightly more recurrent than earlier period. Three new types of tombs are used: burials in ceramic container, kurgans and stones covered tombs. Pit burials remained the most numerous, and regularly associated with settlement area. The deceased are usually buried in flexed position on one side. Furthermore, burials in ceramic container appeared to be designed especially for immature young deceased. At the end of Chalcolithic, Kurgan marked the beginnings of the partition between the burial area and the settlement area. The Kurgan practices continued in the second half of the 4th millennium and appear to be wide and commonly spread around the first half of the 3rd millennium. In addition, stone covered burials started to be used during the Chalcolithic period. This shift between underground burials and constructed marks to locate burials reflects a change of society’s mentalities. During the Kura-Araxes culture, a striking increase in the number of sites with burials is attested. Tomb types are diversified. In addition to pit burials, the Kurgans and stone covered burials continued to be practiced meanwhile, three other types of Tomb appeared: the Constructed tombs of various shapes, the cists burials and horseshoe graves. This diversification demonstrates a multiplicity of practices. On the other hand, the analyses of inhumation position revealed more regular customs: the flexed position on one side is clearly the most used. Distribution maps of burial sites are established on the basis of the variability of identified grave types and deceased position. Finally, the archaeothanatology methods allowed better understanding of deposits patterns and highlighted the practice of unexpected gestures (seating, use of tie, perishable container). This research offers the possibility to have an overall view of the Southern Caucasus living population between the 6th and the 3rd millennium BC. Some mortuary gestures and funerary practices until now unsuspected have been revealed once applying the archeothanatology methods


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