Le verre romain en Gaule du Centre-Est, du IIe s. av. n. è. au IV e s. de n. è. : production, circulation et usages en contexte urbain et rural

par Aline Gougouzian (Colombier)

Thèse de doctorat en Langues, histoire et civilisations des mondes anciens

Sous la direction de Matthieu Poux.

Le président du jury était Alain Ferdière.

Le jury était composé de Danièle Foy, Sylvia Fünfschilling.


  • Résumé

    L'étude du verre, entre Anse et Mâcon, dans le cadre d'un mémoire de master, avait mis en avant ses origines diverses et l’approvisionnement complexe des sites de consommation de la basse vallée de la Saône. Ces conclusions appelaient à élargir l'étude de ce mobilier à l'ensemble de la Gaule du Centre-Est. Carrefour de voies fluviales et terrestres de première importance, cette région apparaît comme un point névralgique et une plaque tournante des échanges et du commerce en Gaule. Située à la croisée de plusieurs zones productrices d'objets en verre, elle reçoit aussi bien les produits de l'aire méditerranéenne, par le Rhône, que ceux des provinces septentrionales, par la Saône, ou ceux de l'Italie du Nord, par les voies traversant les Alpes. Outre sa position extrêmement perméable aux importations, les recherches de ces dernières années ont permis de mettre au jour plusieurs ateliers de verriers, à Lyon, Aoste et Autun, attestant d'une production locale, bien implantée à partir du milieu du Ier s. de n. è. L'inventaire réalisé pour cette étude a révélé de nouveaux indices d'artisanat, à Clermont-Ferrand et Saint-Romain-de-Jalionas. Leur production est cependant totalement inconnue. La reprise du mobilier des ateliers d'Autun et de celui, tardif, de la rue des Colonnes, à Vienne, n'ayant pas permis de déterminer leur production, seule, celle des ateliers lyonnais fournit une base comparative. Mais, s'il existe des points communs entre les formes fabriquées par ces derniers et celles mises au jour sur les sites de la région alentour, des divergences importantes mènent à penser que la production d'un atelier n'était pas, a priori, totalement destinée au marché local. L'analyse du mobilier en verre révèle, au contraire, un approvisionnement complexe, composé de productions locales, ou supposées telles, et d'importations à moyenne (Italie du Nord, Narbonnaise, Côte atlantique, Nord de la France) ou longue distance (Orient, Rhénanie, Mer Noire). Ces origines diverses, non seulement se mêlent au sein des mêmes contextes, mais évoluent au cours du temps. Outre la production, la circulation et le commerce du verre, cette thèse a permis d’aborder les aspects fonctionnels et sociologiques que révèle son usage, soit au regard d’autres matériaux, comme la céramique ou le métal, soit au sein du mobilier en verre lui-même, à travers les catégories morpho-fonctionnelles qu’il adopte. La comparaison entre les matériaux s'est avérée souvent impossible en raison des écueils méthodologiques, dus soit aux contraintes archéologiques, soit à celles liés au matériau lui-même. A contrario, la répartition du mobilier en verre selon ses fonctions et son contexte a montré assez peu de variations, malgré la large gamme d'usage qu'il présente. Que l'on soit dans une riche domus, une villa ou un quartier artisanal aux habitats modestes, la vaisselle en verre est le plus souvent commune et dévolue principalement au service de table. Les thermes ont livré une répartition similaire, le nombre de flacons dits « à parfums » n'étant que trop peu supérieur pour être significatif. La seule différence notable, observée dans ce contexte est la présence accrue de fragments de vitre. Les deux nécropoles étudiées ont fourni une quantité certes plus importante de balsamaires, mais sans atteindre les proportions de certaines zones funéraires, notamment lyonnaises. Enfin, l'examen du mobilier en fonction des contextes ouvre des réflexions sur l'intégration du verre au vaisselier, entre le IIe s. av. et le début du Ier s. de n. è. L'étude du mobilier de Vienne et de deux villages proches, à Saint-Laurent-d'Agny et Saint-Romain-de-Jalionas, révèle, pour des contextes comparables, de fortes divergences dans la présence du verre. En contexte urbain, les productions dites « précoces » sont bien attestées, tandis que dans les deux contextes ruraux, pourtant aisés et en apparence romanisés dans leur architecture, la vaisselle en verre y est soit très anecdotique, soit absente.

  • Titre traduit

    Roman glass in East Central Gaul, of the 2nd century BC to the 4th century AD : production, circulation and use in urban and rural context


  • Résumé

    The glass study between Anse and Macon, as part of a master's thesis, had put in front various origins and complex supply in consumer sites in the lower Saône valley. These findings called to extend the study of glass to the whole East Central Gaul. Intersection of primary importance rivers and land routes, this region appears as a focal point and a hub of trade and commerce in Gaul. Located at the crossroads of several producing glassware areas, it also receives many products in the Mediterranean area, through the Rhone, as the northern provinces, through the Saône, or Northern Italy, by routes through the Alps. In addition to its highly permeable import position, the recent research discovered several glass workshops in Lyon, Aoste and Autun, attesting to local production in the first century.This study revealed new craft indices in Clermont-Ferrand and Saint-Romain-de-Jalionas. Their production, however, is completely unknown like those of workshops of Autun and Vienne. Alone those of Lyon workshops provide a comparative basis. But if there are common point, we notice some oppositions which lead to believe that the production of a workshop was not totally for the local market. Analysis of glasses reveals, on the contrary, a complex supply consisting of local productions and imports average distance ( northern Italy, Narbonne, Atlantic Coast , Northern France ) or long one ( East , Rhineland , Black Sea ). These various origins mingle not only in the same contexts but evolve over time.In addition to the production, distribution and trade of glass, this thesis is interested in the functional and sociological aspects that reveals its use, in relation to other materials, such as ceramic or metal, or within the glass itself, through the morpho - functional classes it adopts. The comparison between the materials has been often impossible because of methodological pitfalls, due to archaeological constraints or those related to the material itself. In contrast , the distribution of glass according to its functions and context showed relatively little variation, despite the wide range of use it offers.Whether you are in a rich domus , villa or a artisan district with modest habitats, glassware is the most often common and devoted mainly serving table. The baths have delivered a similar distribution , as the number of perfume bottles is too few to be significant. The only significant difference observed in this context is the increased presence of fragments of glass windows. Both cemeteries studied provided an admittedly larger amount of perfume bottles but without reaching the proportions of certain burial sites, like in Lyon.Finally, glass studies based on contexts open reflections on the integration of glass between the second century BC and the beginning of the first century AD. The glass study in Vienna and two Villae in Saint-Laurent-d'Agny and Saint-Romain-de-Jalionas reveals, for comparable context, strong differences in the presence of glass. In urban context, early productions are well documented, whereas in both rural contexts, romanized in appearance in their architecture, the glassware is very anecdotal or absent.

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