Innervation cutanée et neuropathies périphériques

par Aurore Danigo

Thèse de doctorat en Neurosciences

Sous la direction de Laurent Magy et de Claire-Elise Demiot.

Soutenue le 07-11-2014

à Limoges , dans le cadre de École doctorale biologie-santé - Bio-santé (Limoges) , en partenariat avec Maintenance myélinique et neuropathies périphériques (laboratoire) .

Le président du jury était Michel Plotkine.

Le jury était composé de Laurent Magy, Claire-Elise Demiot, Benoît Funalot, Vanessa Blanc-Guillemaud.

Les rapporteurs étaient Laurent Misery, Georges Lefthériotis.


  • Résumé

    L’existence de douleurs neuropathiques et/ou de perte de la sensibilité douloureuse sont souvent le reflet d’une neuropathie sensitive affectant plus particulièrement les fibres nerveuses sensitives amyélinique Aδ et C, dites neuropathie des petites fibres (NPF). Ces fibres innervent, notamment, le derme et l’épiderme de la peau. Elles communiquent la sensibilité thermique et algique au système nerveux central et contribuent à l’homéostasie cutanée, entre autres, par la libération de neuropeptides en périphérie. De nombreuses pathologies sont associées à une altération de ces petites fibres dans la peau. Deux pathologies impliquant une NPF ont été étudiées au cours de ce travail : les escarres et la maladie de Charcot-Marie-Tooth type 1A. Un travail expérimental a été réalisé chez la souris pour répondre à la question suivante ; est-ce qu’une seule atteinte des fibres nociceptives, responsables de la perte de sensibilité peut entraîner un déséquilibre de l’homéostasie cutanée, responsable de l’apparition des escarres ? La mise en place d’un modèle de neuropathie sensitive fonctionnelle réversible a permis de mettre en en évidence l’implication des neuropeptides, substance P (SP) et « calcitonin gene-related peptide » (CGRP), libérés par les fibres nerveuses cutanées, dans la formation d’ulcères de pression. Un traitement préventif à la rhEPO (Recombinant Human Erythropoietin) dans ce modèle associant une neuropathie et des plaies de pression, protège la peau contre une pression ischémiante induisant une escarre par son effet neuroprotecteur sur les petites fibres cutanées. L’association CMT1A et NPF a été étudiée à partir de biopsies cutanées humaines. La quantification des fibres intraépidermiques révèle que 48% des patients CMT1A sont atteints d’une NPF. L’analyse des biopsies cutanées révèle également une altération du nombre et de la morphologie de cellules de Langerhans dans la maladie de CMT1A. L'ensemble de ces résultats confirme l'intérêt de l'étude des petites fibres dans des pathologies variées et confirme le potentiel thérapeutique neuroprotecteur de l'EPO

  • Titre traduit

    Cutaneous innervation and peripheral neuropathies


  • Résumé

    The neuropathic pain and/or hypoalgesia often reflect a sensory neuropathy that affects particularly sensory, Aδ (thinly myelinated) and C (unmyelinated) nerve fibers. This kind of neuropathy is named "small fiber neuropathy" (SFN). These small fibers innervate the dermis and epidermis. C and Aδ free nerve endings respond to a variable range of stimuli including mechanical, thermal and pain stimuli. They conduct nociceptive signals to central nervous system and contribute to skin homeostasis, among others, by the release of neuropeptides in the periphery. Many diseases are associated with an alteration of these cutaneous small fibers. Two pathologies involving SFN were studied in this work: pressure ulcers and Charcot-Marie-Tooth disease Type 1A (CMT1A). Experimental studies on mice were performed to determine if impairment of nociceptive fibers could lead to an imbalance of skin homeostasis and could be involved in development of pressure ulcers, apart from its role in pain signal transduction. A functional reversible sensory neuropathy mouse model was set up and helped to demonstrate the involvement of the neuropeptides, substance P (SP) and "calcitonin gene-related peptide" (CGRP), released by cutaneous nerve fibers in the formation of pressure ulcers. By its neuroprotective effect on small nerve fibers, a preventive rhEPO (Recombinant Human Erythropoietin) treatment in this model protects the skin against an ischemic pressure-induced Stage 2 ulcer. The CMT1A and SFN association has been studied from human skin biopsies. Quantification of intraepidermal nerve fibers reveals that 48% of CMT1A patients have a SFN. The analysis of skin biopsies also revealed an alteration in the number and morphology of Langerhans cells in CMT1A disease. All these results confirm the interest of the study of small fibers in various pathologies and confirm the neuroprotective therapeutic potential of EPO.

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