Frontière(s) et identités dans les Flandres au temps des révolutions (vers 1770-vers 1815)

par Alexandra Petrowski

Thèse de doctorat en Histoire moderne et contemporaine

Sous la direction de Jean-Pierre Jessenne.


  • Résumé

    La Flandre est souvent présentée comme un espace doté d’une importante spécificité et par là d’une identité régionale forte voire irréductible à des appartenances nationales ou européennes plus amples. Pourtant, les opinions n’ont cessé de varier sur ce que sont les Flandres et sur les critères qui définiraient cette identité. Le statut de régionfrontière soumise à des délimitations et des souverainetés fluctuantes selon les guerres et les traités renforce la complexité de ce territoire. Ceci est particulièrement vrai de la période qui va des traités des limites franco-autrichiens de 1769 et 1779 à la fin du Premier Empire en 1815 et au traité de Courtrai de 1820 : rectifications, révolutions, guerres, annexions, départementalisation remodèlent sans cesse les configurations flamandes. Comment une telle recomposition permanente a-t-elle pu interagir avec les identités prétendument fortes de ces populations frontalières ? L’observation de leurs pratiques familiales, sociales, économiques, militaires, religieuses ou encore linguistiques, en France comme dans les « provinces belgiques », tend en fait à montrer la compatibilité entre différentes références locales, provinciales, nationales, internationales, qui créent alors des identités plurielles. Le constat de la malléabilité des pratiques et des appartenances conduit à la déconstruction d’une identité flamande, largement fabriquée a posteriori, encore en gestation durant la période qui nous occupe et pleinement développée dans la seconde moitié du XIXe siècle. L’historicisation de ce processus identitaire invite à considérer avec précaution les démarches qui prétendent figer les appartenances et les frontières quelle qu’elles soient.

  • Titre traduit

    Border(s) and Identities in Flanders in Revolutionary Times (c. 1770-c.1815)


  • Résumé

    Flanders is often portrayed as an area with an important specificity and therefore with a regional identity that is strong, if not irreducible to any sense of belonging to a wider national or European community. However, general public opinion has always varied on the question of what is Flanders and on the criteria that could define its identity. The complexity of the territory was increased by the status of border region whose delimitation and sovereignty were subject to fluctuations due to wars and treaties. This applies particularly to the period concerned i.e. from the Franco-Austrian border treaties in 1769 and in 1779 to the end of the First French Empire in 1815 and the Treaty of Kortrijk in 1820: corrections, revolutions, wars, annexations and departmentalisation shaped and reshaped the Flemish territory. How could this permanent reshaping interact with the allegedly strong identities of the border populations? The observing of the family, social, economic, military, religious or even linguistic practices tends to show the compatibility between different local, provincial, national and international references that create plural identities, in France as well as in the Belgian provinces. The plasticity of these practices and affiliations leads us to deconstruct the Flemish identity that was essentially built afterwards, while it was still in development during the study period and not fully developed before the second half of the 19th century. Thus the measures that claim to permanently establish any identity or boundary, whatever or wherever they may be, should be considered carefully, by historicising the process of identity building.


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