Mimésis, narrativité, expressivité. Le cinéma dans son rapport au réel

par Florence Gravas

Thèse de doctorat en Philosophie (métaphysique, épistémologie, esthétique)

Sous la direction de Philippe Sabot.

Le président du jury était Bernard Sève.

Le jury était composé de Philippe Sabot, Bernard Sève, Dominique Chateau, Laurent Van Eynde, Dork Zabunyan, Éric Dufour.

Les rapporteurs étaient Dominique Chateau, Laurent Van Eynde.


  • Résumé

    Quel type d’expérience faisons-nous quand nous « regardons un film » ? Si cette formulation se montre impropre du fait de la double implication sensorielle d’un voir/entendre qu’engage l’expérience spectatorielle, elle signale d’emblée une forme d’équivocité à propos de ce qu’on « regarde » comme de ce qu’engage le rapport que nous établissons avec ce que nous percevons d’un film. Il s’offre en effet comme une expérience de mimèsis singulière, dont l’examen est l’enjeu du présent travail. La méthode retenue a consisté à mener notre réflexion à partir de l’étude attentive d’un corpus de six films : Valse avec Bachir, d’Ari Folman, Caché, de Michael Haneke, le diptyque Mulholland drive/Lost highway, de David Lynch, Le mystère Picasso, de Henri-Georges Clouzot, et Eût-elle été criminelle…, de Jean-Gabriel Périot. Cette méthode nous a permis de nous interroger sur le type d’opérations que le visionnage d’un film requiert chez le spectateur, comme de nous demander quelle est la nature des objets perçus par le biais du dispositif cinématographique. Nous avons mis à jour le statut équivoque de ce que le spectateur perçoit, en distinguant trois aspects de l’image filmique : profigurant, figuratif, figural. Cette distinction met en évidence l’ambiguïté de l’image filmique quant à ce qu’elle image : monde représenté, complexe d’images et de sons, ensemble d’événements issus du monde réel. Ceci dans un second temps nous a conduit à étudier en quoi la réalisation engage des opérations productives de sens et de prescriptions pour le spectateur. A quelles conditions peut-on la penser comme écriture ? Et qu’est-ce qui est ainsi « réalisé » par ces opérations ? Enfin il s’agissait de s’interroger sur le rôle singulier que le cinéma réserve au spectateur : cette expérience particulière engage des activités tant perceptives, que cognitives et affectives, des immersions dans des temporalités hétérogènes, et un mode de croyance qui n’exclut pas le savoir de ce qui s’y joue.

  • Titre traduit

    Mimesis, narrativity, expressiveness : a study of the relationship between cinema and reality


  • Résumé

    What exactly do we experience when we “watch a movie” ? This phrase may seem ill-chosen since, in this “spectatorial experience” the viewer not only watches but he also listens. However it announces straightaway a form of equivocity between what we watch and what we connect with, while watching a movie. It appears as a unique experience of mimesis whose analysis is the aim of this study.The chosen method consisted in carrying out our reflection starting from the attentive study of a corpus of six films: Waltz with Bachir, by Ari Folman, Hidden, by Michael Haneke, the diptych Mulholland drive/Lost highway, by David Lynch, the Mystery Picasso, by Henri-Georges Clouzot, and Even if she had been a criminal…, by Jean-Gabriel Périot. This method enabled us to study the type of operations which the watching of a film requires from the spectator, and led us to ask ourselves which is the nature of the objects perceived by the means of the cinematographic device. We’ve highlighted the equivocity of what the spectator perceives, by distinguishing three aspects of the filmic image : profigurant, figurative, figural. This distinction underlines the ambiguity of the filmic image in what it actually shows : a representation of the world, a mixing of images and sounds, a set of events resulting from the real world. This, in a second time, led us to study to what extent the director’s choices engages productive operations of direction and regulations for the spectator. On which conditions can we consider it as writing? And what is thus « realized » by these operations? At last, we have tried to analyse the singular role that the cinema offers to the spectator : this particular experience involves perceptive, cognitive and emotional activities, immersions in heterogeneous temporalities, and a mode of belief in which the viewer is aware of what is at stake.


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