Sécularisation et polémique autour de l’avortement en Irlande (1983-2013)

par Edwige Nault

Thèse de doctorat en Études anglophones

Sous la direction de Catherine Maignant.

Le président du jury était Valérie Peyronel.

Le jury était composé de Catherine Maignant, Valérie Peyronel, Christophe Gillissen, Eamon Maher, Déborah Vandewoude.

Les rapporteurs étaient Christophe Gillissen, Eamon Maher.


  • Résumé

    En 1983, alors que les sociétés modernes occidentales s'ouvrent à une libéralisation des lois sur l'avortement, l'Irlande prend le chemin inverse en adoptant le huitième amendement défendant la vie de l'« enfant à naître », amendement conditionné par la doctrine catholique. Nous interprétons cette situation comme un blocage et cherchons à y donner un sens par la mise en perspective du débat en regard du processus de sécularisation dont nous apprécions l'avancée. La question de l'avortement est utilisée ici comme un moyen d'observation privilégié de ce processus à l'échelle individuelle d'une part, et à l'échelle institutionnelle (la relation Église-État) d'autre part. Mais le débat ne se limite pas aux frontières de l'Irlande et s'exporte à l'échelle européenne. L'exception irlandaise sur cette question au sein de l'UE prend une tournure identitaire, une identité ancrée dans le catholicisme, dès lors que la protection de la « vie à naître » est défendue en dehors des frontières, ce qui fut le cas lors de la ratification des traités européens de Maastricht et de Lisbonne. Nous analysons l'attitude de l'Europe sur le droit à la vie tel qu'il est garanti par la Convention européenne des droits de l'homme. Bien qu'elle n'ait pas tranché la question entre le droit à la vie de l'« enfant à naître » ou le droit de la femme à choisir l'avortement, l'Europe pourrait bien être un cheval de Troie car elle est largement favorable aux droits de la femme et à sa santé reproductive, et l'Union ne se prévaut d'aucune confession.

  • Titre traduit

    Secularisation and controversy around the abortion issue in Ireland (1983-2013)


  • Résumé

    As western modern societies have gradually liberalised their abortion laws, Ireland took the opposite way by adopting the eighth amendment vindicating the right to life of the “unborn” in 1983, an amendment clearly influenced by the prevailing Catholic ethos. The aim of this research is to give sense to this landmark event which we interpret as a moral blocking. To this end, we put the debate in perspective within the secularisation process, the advance of which we propose to assess. The abortion issue is encompassed here as a privileged tool to assess this process both at the individual and institutional level (Church-State relationship) levels. However, the debate is not confined to Ireland and occasionally takes a European dimension. Indeed, the Irish position on abortion is an exception within the EU and has developed as a symbol of the country's Catholic identity when defending its values on unborn human life on the European stage as occurred during the ratification processes of the Maastricht and Lisbon treaties. We analyse Europe's approach to the right to life as guaranteed by the European Convention on Human Rights in relation to the Irish context. Although Europe does not privilege the “unborn's” right to life over the woman's right to choose and vice versa, it might be a Trojan Horse as European institutions are generally in favour of women's rights and reproductive health, and the EU resisted pressure from the Vatican to have any Christian religious denomination engraved in its constitution.


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