Domination et résistance de la minorité musulmane après le pogrom de 2002 à Ahmedabad (Inde) : les paradoxes de la ghettoïsation à Juhapura

par Charlotte Thomas

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Christophe Jaffrelot.

Le président du jury était Jean-Luc Racine.

Le jury était composé de Christophe Jaffrelot, Olivier Fillieule, Stéphanie Tawa Lama-Rewal, Tommaso Vitale.

Les rapporteurs étaient Jean-Luc Racine, Olivier Fillieule.


  • Résumé

    Ce travail doctoral analyse les conséquences socio-spatiales du pogrom anti-musulmans survenu à Ahmedabad (Gujarat) en 2002 et orchestré par les autorités. Ce pogrom a donné lieu à la formation d'un ghetto, soit une localité économiquement mixte et ethniquement homogène, remettant ainsi en cause les modalités traditionnelles d'organisation de l'espace en Inde. Cette remise en cause est notamment due à l'arrivée des classes musulmanes supérieures dans la localité conséquemment au pogrom, et transformant la localité en ghetto, analysé comme tel grâce aux travaux de L. Wacquant. Ce ghetto est initialement pensé comme un dispositif foucaldien de pouvoir visant à imposer la domination de la minorité musulmane. Par son truchement, le pouvoir y déploie un certain nombre de stratégies de domination de la minorité, consubstantielles à la forme ghetto.Néanmoins, à partir de 2004, les classes supérieures se mobilisent. Leurs actions, coordonnées ou pas, et analysées comme des "entreprises de mobilisation sociales" (O. Fillieule) sont autant d'initiatives de self-help conduisant au développement du ghetto. De fait, elles deviennent des "tactiques de résistance" aux stratégies de domination du pouvoir. Celles-ci apportent du changement social dans le ghetto, ce dernier étant analysé et qualifié. On en conclue notamment à la prééminence du récit identitaire séculariste, au dépend de celui islamique. On observe aussi l'existence de plus en plus prégnante des clivages de castes au sein du ghetto; ce que matérialise la formation de quartiers, dans le ghetto.

  • Titre traduit

    Domination and resistance of the Muslim minority after the 2002 pogrom in Ahmedabad (India) : the paradoxes of the ghettoization process in Juhapura


  • Résumé

    This dissertation deals with the socio-spatial consequences of the anti-Muslim pogrom of Ahmedabad (Gujarat). This took place in 2002 and was mainly masterminded by the local authorities. Encouraging the migration of Muslim high classes for security purpose, this State-led violence led to the formation of a ghetto in the outskirts of Ahmedabad, in Juhapura. Originally a deprived locality economic-wise, it becomes a ghetto following the definition coined by L. Wacquant. This ghetto is thought as a “dispositive of power”, after Michel Foucault’s work. It aims at dominating the Muslim minority. Through the ghetto, the authorities therefore applied several “strategies of power” to the Juhapura’s inhabitants. But from 2004 on, the Muslim high classes had started to get mobilized. They initiated several self-help initiatives in order to develop the area and bring basic amenities into it. They indeed lead to the development of Juhapura. These actions are thus considered as “tactics of resistance” that oppose the strategies of power. They also bring social change in Juhapura: the secularist identity discourse slowly replaces the Islamic one. In addition, the importance of caste cleavages is growing within the ghetto. This is spatialized by the formation of different districts, laid-out following the socio-economic level of their inhabitants.


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