Aux frontières de la biomédecine : médecine et professionnels de la douleur

par Audrey Petit

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Didier Demazière.

Le président du jury était Régine Bercot.

Le jury était composé de Didier Demazière, Anne-Chantal Hardy-Dubernet, Muriel Surdez, Patrick Castel.

Les rapporteurs étaient Anne-Chantal Hardy-Dubernet, Muriel Surdez.


  • Résumé

    À travers une démarche ethnographique et interactionniste (Blumer, 1969), l’enjeu de cette recherche est de rendre compte de la place occupée par la médecine de la douleur dans la division du travail médical (Hughes, 1996). Ainsi, il s’agit de comprendre pour quelles raisons, quarante années après l’introduction de ce domaine de pratiques en France, les professionnels de la médecine de la douleur rencontrent toujours des difficultés à faire reconnaître leur statut et continuent d’œuvrer pour leur reconnaissance. Trois voies d’entrées sont privilégiées pour répondre à ce questionnement. 1) À travers l’observation des consultations d’évaluation et de traitement de la douleur chronique et l’« activité transversale » des « équipes mobiles douleur » dans des centres de la douleur parisiens, nous rendons compte d’une activité médicale qui ne s’inscrit pas dans le sillage de la biomédecine (Cambrosio et Keating, 2003) et qui est constituée autour de la pluridisciplinarité, d’une approche dite « globale » du patient et d’un attachement aux dimensions psychologiques. Les moyens d’actions thérapeutiques à disposition des médecines ne permettent pas de soulager totalement les patients. Aussi, une grande partie du travail des médecins de la douleur consiste à apprendre aux patients à vivre avec leur douleur ; 2) Les entretiens (biographiques) réalisés auprès des professionnels de la médecine de la douleur -aux trajectoires particulières et provenant de disciplines variées- permettent de retracer des carrières (Hughes, 1996) peu valorisées en lien avec l‘histoire de ce domaine de pratiques ; 3) L’attention portée aux actions collectives entreprises en vue de la reconnaissance de ce domaine de pratiques et du statut de ces professionnels (Abbott, 1988; Le Bianic et Vion, 2008) permet de signifier l’existence de deux répertoires d’action aux logiques différentes et aux effets incertains. Ces voies d’entrée nous permettent de retracer la logique d’évolution de cette activité en partant d’une histoire des tâches et des problèmes et de revenir de manière critique sur le caractère non linéaire du processus de professionnalisation. Cette recherche contribue en outre à mettre en exergue les interstices laissés vacants par la biomédecine tels que le soin et le fait de prendre son temps et donc par là même ce que la médecine de la douleur essaie de combler. De manière plus large, il interroge la forme prise par la médecine contemporaine (Baszanger et al., 2002).

  • Titre traduit

    The boundaries of biomedicine : medicine and professional pain


  • Résumé

    Through an ethnographic and interactionist approach (Blumer, 1969), the aim of this research is to held position’s pain medicine in the division of medical labour (Hughes, 1996). Thus, it seeks to understand why, forty years after the introduction of this “domaine de pratiques” in France, the medical professionals of pain still continue to struggle for the recognition of their status. Three topics are used to answer these questions. 1) Through the observation of consultations dedicated to assessment and treatment of chronic pain and "cross-cutting activity" of "mobile pain teams" in Parisian pain clinics, I describe a medical activity that not in line with biomedicine (Cambrosio and Keating, 2003) and is built on a multidisciplinary, so-called "global" approach of the patient and attached to the psychological dimensions. The means of therapeutic action available medicines fail to completely relieve pain. The main task of doctors of pain is to teach patients to live with their pain; 2) Biographical interviews with medical professionals pain –coming from particular trajectories and from different disciplines- can trace careers (Hughes, 1996a) not valued in relation to the history of this “domaine de pratiques”; 3) The focus on collective actions for the recognition of this “domaine de pratiques” and the status of these professionals (Abbott, 1988b; The Bianic and Vion, 2008) enables us to identify the existence of two repertoires of action characterized by different logics and uncertain effects. These questions allow us to draw the evolution of this activity on the basis of a history of tasks and problems and get back critically on the nonlinear nature of the process of professionalization. This research also helps to highlight the gaps left vacant by biomedicine that the pain medicine is precisely trying to fill, such as care and taking your time. More broadly, it questions the form taken by contemporary medicine (Baszanger et al., 2002).


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