Nijni Novgorod : interroger le paradigme de la "ville-nature" à l'ère postindustrielle

par Anna Voronina

Thèse de doctorat en Architecture

Sous la direction de Catherine Maumi et de Anna Gelfond.

Soutenue le 10-10-2014

à Grenoble en cotutelle avec l'Université d'État d'Architecture et du génie civil de Nijni Nogorod (Russie) , dans le cadre de École doctorale sciences de l'homme, du politique et du territoire (Grenoble) , en partenariat avec Les métiers de l'histoire de l'architecture, édifices, villes, territoires (Grenoble) (laboratoire) et de Les métiers de l'histoire de l'architecture : édifices- villes- territoires / MHA-evt (laboratoire) .

Le président du jury était Yves Chalas.

Le jury était composé de Anna Gelfond, Alessandro De Magistris.

Les rapporteurs étaient Chris Younès, Frédéric Pousin, Valery Nefedov.


  • Résumé

    Les recherches sur la ville de Nijni Novgorod suscitent des interrogations au sujet de la «ville-nature». Les spécificités de ce territoire, situé dans un autre contexte culturel, nous incitent à contester la généralisation d'un paradigme, celui de la «ville-nature». Il s'agit de revisiter la ville russe contemporaine par la complexité des interactions entre la construction urbaine, conçue par l'homme, et les processus naturels. Par le biais de la «ville-nature» nous repensons la ville et ses changements de conception : le passage d'une ville russe ancienne à la grande ville et à la ville socialiste. L'étude historique était essentielle pour comprendre le phénomène d'urbanisation et les origines des «natures» dans le milieu urbain, dont l'hétérogénéité résulte d'une séquence de bouleversements économiques et politiques. Nijni Novgorod ‒ centre d'agglomération industrielle, pendant la période soviétique Gorki — est fortement marquée par l'industrie. La postsoviétisation et la désindustrialisation ont engendré une recomposition urbaine, en rendant la structure urbaine illisible. Nijni Novgorod s'inscrit dans le territoire par des réseaux multiples dont la reconnaissance et la distinction, réalisées par une lecture stratifiée, à l'aide de la cartographie, mettent en évidence l'émergence du «vert» et participe à la qualification des espaces ouverts. «Sortir du vert» suppose de revisiter le rapport entre l'écologie et l'économie, ainsi que de reconsidérer la présence de la nature dans le milieu urbain par des activités économiques, des enjeux politiques et l'usage des processus naturels par l'homme. La thèse est structurée en entrées thématiques afin de présenter la diversité des rapports que la Nijni Novgorod contemporaine entretient avec la nature. Tout d'abord, sa position à la confluence de la Volga et l'Oka a prédéterminé sa viabilité économique et en même temps a posé le problème de la complexité des conditions naturelles, l'hydrographie et la topographie notamment. En dépit de la réalisation de travaux d'aménagements pendant le XXe siècle, les sols urbains restent difficilement praticables et vulnérables aux processus naturels. Dans la recherche, les espaces ouverts et végétalisés, considérés jusqu'à maintenant non constructibles, sont revisités comme appartenant à l'infrastructure paysagère. Des principes nouveaux d'aménagement sont recherchés pour réorganiser les processus naturels afin d'améliorer la qualité des sols urbains ; le travail du paysagiste s'accorde avec celui de l'ingénieur. Ensuite, la planification stratégique des années 1930 a prédéfini la structure éparpillée de Nijni Novgorod, pensée pour les industries. L'incohérence urbaine résulte des contradictions apparues entre la conception de la ville socialiste unie et la décentralisation uniforme des industries. Les espaces verts conservent l'empreinte des changements sociaux brutaux, de l'inaction politique et des pratiques d'aménagement urbain par les propres moyens des habitants. Le déclin de l'URSS a entraîné l'abandon des grands parcs publics, dont les qualités se rapprochent de celles des terrains réservés pour les espaces verts qui ne furent jamais aménagés. Cependant, la pauvreté des parcs urbains est compensée par la richesse des formes d'agriculture urbaine et périurbaine. Le tissu bâti est composé d'une morphologie dite intermédiaire, incluant des parcelles pour des activités agricoles. Enfin, les processus actuels sont considérés à travers des pratiques d'aménagement qui accompagnent la régénération postindustrielle et l'installation des nouvelles activités. À Nijni Novgorod, la transition postsoviétique accorde de nouvelles données pour le projet urbain, or ce passage se complique par l'ancrage des dogmes soviétiques dans la pensée actuelle. La recherche est réalisée à la rencontre des regards : architectural, territorial et paysager, par le croisement de méthodes différentes : l'histoire, la cartographie, le travail d'enquête sur le terrain.

  • Titre traduit

    Nizhny Novgorod : to question the paradigm of « city-nature » in the post-industrial era


  • Résumé

    The researches on the city of Nizhny Novgorod raise questions concerning “city-nature”. The specificities of this territory, situated in another cultural context, incite to contest the generalization of one paradigm, that of “city-nature”. This means to revisit the contemporary Russian city through the complexity of the interactions between the urban construction, which is conceived by human, and the natural processes. Through the “city-nature” we are questioning the “city” and the changes in its conception: the passage from the Russian town to the growing city and to the socialist city. The historic study was essential towards the understanding of the phenomenon of urbanization and the origins of the "natures", presented in the urban area. Its heterogeneousness results from a sequence of the economic and political upheavals. Nizhny Novgorod, during the Soviet period Gorky, is the centre of an industrial conglomeration; it is strongly marked by the industry. The postsoviétisation and the deindustrialization engendered the spatial reorganization and made the urban structure illegible. Nizhny Novgorod fit in the territory by multiple networks. Their recognition and distinction, realized by stratified reading through the cartographic analysis, puts in evidence the emergence of the "green" and participle in the qualification of the opened spaces. "Go out of the green" supposes to revisit the report between the ecology and the economy, as well as to reconsider the presence of the nature in the urban area by economic activities, the political aims and the usage of the natural processes by human. The thesis is structured by the thematic entrances in order to present the diversity of reports which contemporary Nijni Novgorod maintains with the nature. First of all, its position in the confluence of the Volga and Oka predetermined the economic viability and at the same time raised the problem of the complexity of the natural conditions, the hydrography and the topography particularly. In spite of improving the urban environment during the XXth century, the urban grounds remain practicable with difficulties and vulnerable in the natural processes. In the researches, the open and vegetated spaces, considered so far as not for construction, are revisited as belonging to the landscaped infrastructure. New principles of urban design are looked for to reorganize the natural processes in order to improve the quality of the urban grounds; the landscape design requires the engineering skills. Then, the strategic planning of the 1930s has predefined the disperse framework by Nijni Novgorod, conceived for the industries. The reason of urban incoherence due to the contradictions appeared between the conception of the united socialist city and the regular decentralization of the industries across the country. The urban green spaces conserve the imprint of the social upheavals, the political inactivity and the practices of urban design by the inhabitants with their own means. The decline of the USSR entailed the desolation of the city parks, whose qualities nowadays get closer to those of the spaces reserved for the new parks which were never realized. However, the poverty of the urban green spaces is compensated with the diversity of the forms of urban and suburban agriculture. The urban morphology consists of intermediate types, which include household plots, particularly for the gardens. Finally, the current processes are studied through the strategies of spatial organization, which will accompany the post-industrial regeneration and installation of the new activities. The post-sovietization brings to Nizhny Novgorod the new conditions for the urban project, but this passage is complicated by the anchoring of the Soviet doctrines in the urban conception. This research is realized on the intersection of the architectural territorial and landscaped regards and by the crossing of different methods: the history, the cartography and the opinion poll.


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