D'entre les morts : une anthropologie historique de la réanimation, XVIIe-XVIIIe siècles

par Anton Serdeczny

Thèse de doctorat en Histoire moderne

Sous la direction de Olivier Christin.

Soutenue en 2014

à Paris, EPHE , dans le cadre de École doctorale de l'École pratique des hautes études (Paris) , en partenariat avec Laboratoire d’études sur les Monothéismes (Paris) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Laurence W. B. Brockliss.

Le jury était composé de Olivier Christin, Laurence W. B. Brockliss, Gérald Chaix, Denis Reynaud, Ludwik Stomma.

Les rapporteurs étaient Gérald Chaix, Denis Reynaud.


  • Résumé

    Entre 1733 et 1745, la réanimation médicale, auparavant limitée à des anecdotes sans suite, prit une place prépondérante dans le milieu des Lumières, à travers un discours programmatique inédit, dont il s'agit ici d'étudier la genèse. Ce développement fondé avant tout sur la prise en charge médicale des noyés, et illustré principalement à travers une pratique énigmatique, l’insufflation anale de fumée de tabac, fut nourri par des facteurs qu’il faut reconstruire, au premier rang desquels figurent les enjeux protestants entourant le corps mort, puis plus généralement la recherche du lieu d'une légitimité chez des lettrés écartés du pouvoir décisionnel. Plus loin dans l'externalisme, il est possible d'établir ce que cette construction d'un champ médical nouveau doit à des répertoires culturels hétéronomes, avant tout au carnaval. L'étaiement d'un paradigme réanimatoire innovant par des représentations carnavalesques jouant avant tout sur un plan symbolique offre l'opportunité d'étudier historiquement le mécanisme de contre-induction, c'est-à-dire la construction de champs scientifiques inédits par décloisonnement des cadres traditionnels de pensée. Au-delà du rejet intentionnel de ce que les savants des Lumières désignaient comme « populaire », la réélaboration savante de rites et de représentations liés au carnaval fournit sur plus d'un demi-siècle le matériau initial de la prise en charge médicale du corps dont la mort peut être réversible.

  • Titre traduit

    From the dead : an historical anthropology of resuscitation,17-18 centuries


  • Résumé

    Between 1733 and 1745, medical resuscitation moved from fruitless anecdotes to one programmatic discourse, bringing it to the foreground of the science of Enlightment, mostly through the new care given to the drowned people, and their revival via an engimatic technique : rectal insufflation of tobacco smoke. It is the genesis of this process that is studied here. It thrived on protestant issues around corpses, then on the building of one legitimacy lead by learned authors excluded from the making of public legislation. Going further into externalism, one can measure the role of heteronomical cultural registers in the building of this new medical field, the first among them being the carnival. This unprecedented resuscitative paradigm was thus shored up by carnivalian representations : there lies one exceptional occasion for studying the process of counter-induction, that means the construction of unprecedented scientific fields through the breach of traditional ways of thinking. Even though what was considered as « popular » was intentionally rejected by the Enlightened few, it was, for over half of a century, the learned reformulation of carnivalian rituals and representations that supplied the starting raw material for the development of modern resuscitation.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (816 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. [689]-740. Notes bibliogr.

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  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : DOC 14.8 (1-2)
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