Géopolitique du carbone : L'action internationale pour le climat aux prises avec la déforestation tropicale

par Véra Ehrenstein

Thèse de doctorat en Socio-économie de l'innovation

Sous la direction de Fabian Muniesa.

Soutenue le 30-09-2014

à Paris, ENMP , dans le cadre de EOS - Économie, Organisations, Société , en partenariat avec Centre de sociologie de l'innovation (Paris) (laboratoire) .

Le président du jury était Andrew Barry.

Le jury était composé de Fabian Muniesa, Christophe Bonneuil.

Les rapporteurs étaient Giorgio Blundo, Pascale Trompette.


  • Résumé

    La thèse s’intéresse à l’émergence de la déforestation tropicale comme problème que doivent traiter les négociations internationales sur le changement climatique. Depuis 2005, les représentants gouvernementaux du monde entier investiguent les moyens d’organiser l’action internationale pour inciter, économiquement, à maintenir sur pied le stock de carbone des forêts tropicales. D’un tel projet découle une foule de problèmes que la thèse propose d’analyser par une enquête ethnographique et multisite. Certains sont engendrés par la dimension mondiale de l’entreprise : il faut décider entre Etats souverains, trouver des méthodes de mesure comparables et concevoir des systèmes de redistribution monétaires. Quand d’autres sont plus spécifiques aux pays forestiers tropicaux et leur forte dépendance à l’aide au développement : il faut faire avec les défaillances de l’administration et tenir compte de la parole des populations dites locales. La thèse montre que ces problèmes engendrent une activité distribuée, fragile et sélective. Parce que la coercition n’est pas possible, les ambitions de cet aménagement international sont modestes et les montages conçus pour inventer un mode de décision internationale, pour négocier la justesse des mesures du carbone ou pour induire des conduites morales font proliférer les médiations.

  • Titre traduit

    Carbon geopolitics : International climate action and the problem of tropical deforestation


  • Résumé

    My work is about the constitution of tropical deforestation as a problem for climate change negotiations. Since 2005, governmental representatives have been investigating the means through which international action could be organized in order to maintain the carbon sequestered by tropical forests using economic incentives. This initiative has been fostering a range of issues that I analyze through a multisite ethnographical inquiry. Some of these problems are related to the initiative’s global dimension: sovereign states have to collectively decide, comparable measurement methods have to be created, and monetary redistribution systems have to be elaborated. Other problems are more specific to the situation of developing countries strongly dependent on development aid. In this latter case, public administration weaknesses cannot be ignored and the demands formulated by the so-called local communities cannot be bypassed. I show that these issues produce a distributed, fragile and selective activity. Since coercion is not an option, the ambitions of these international adjustments are modest and the arrangements created to invent international decision-making, to negotiate the right measure or to induce moral conducts make mediators proliferate.


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