La vie chromatique des objets : Approche anthropologique des couleurs de l'art contemporain

par Arnaud Dubois

Thèse de doctorat en Anthropologie sociale et ethnologie

Sous la direction de Béatrice Fraenkel et de Denis Vidal.

Soutenue en 2014

à Paris, EHESS .


  • Résumé

    Ma thèse porte sur les pratiques matérielles de la couleur dans l'art contemporain que j'analyse en suivant "la chaîne opératoire des agglutinations chromatiques" observées sur le terrain d'enquête (le Centre Pompidou Mobile et Monumenta 2012). À partir d'une microanalyse des qualités chromatiques des objets (une installation, une architecture, une identité visuelle et un accrochage de 14 oeuvres de la collection du Musée National d'Art Moderne), je cherche à comprendre comment les couleurs des objets d'art sont faites et ce que la matérialité "fait faire" aux agents qui font cette couleur. Cette méthode permet de décrire les multiples relations qui s'établissent en situation de travail entre humains et couleurs, et donc de réfléchir à ce qu'est la socialisation des couleurs. C'est-à-dire d’analyser les rapports sociaux qui s'établissent dans un milieu donné entre des couleurs et des hommes. Pour mener à bien ce programme, j'utilise le cadre méthodologique et théorique que développe André Leroi-Gourhan dans L'Homme et la Matière (1943) à la suite du programme général de Marcel Mauss sur les objets et les techniques. La couleur est une matière qui se fabrique et qui s'inscrit à l'intérieur des différentes "techniques de fabrication" et "d'actions sur la matière" que produisent les sociétés pour colorer les choses. Mon ethnographie des « pratiques de colorisation » en art contemporain décrit ainsi la culture matérielle de la couleur occidentale et déplace l'anthropologie de la couleur de l'anthropologie cognitive (la couleur comme perception) vers l'anthropologie des techniques (la couleur comme production). Ce déplacement produit une bifurcation épistémologique particulièrement efficace pour proposer une anthropologie de la couleur qui s'intéresse aux couleurs en tant que pratiques sociales. En ce sens, ma thèse est une tentative de requalification du champ d'étude de la couleur. Je propose d’étudier la couleur en tant qu’acte, c'est-à-dire d'observer et d'analyser les actions et les acteurs engagés dans la fabrication d'un objet de couleur en m'intéressant aux situations de travail dans lesquels sont effectués ce que l’on peut appeler des "actes de couleur".

  • Titre traduit

    The chromatic life of objects : anthropological approach of the colours of contemporary art


  • Résumé

    This thesis concerns the material practices of colour in the domain of contemporary art. I analyse such practices following the "chaîne opératoire des agglutinations chromatiques" which I have studied during the period of my fieldwork at the Centre Pompidou Mobile and Monumenta 2012. Starting from a microanalysis of the chromatic qualities of the objects (including an art installation, a piece of architecture, a graphic design project and an agglomerate of 14 work of art of the collection of the Musee National d'art Moderne), this study seeks to understand the relationship between the materiality of making colours and the agents involved in such practice. This method allows us to observe and describe the multiple relations that exist between human beings and colours. It therefore pushes us to reflect on the socialisation of colours. In order to carry out this research, I have made use of a combination of methodological and theoretical approaches borrowing from what andré Leroi-Gourhan develops in his L'Homme et la Matière (1943) that builds on the general idea of Marcel Mauss concerning objects and techniques. For Leroi-Gourhan, colour is a fabricated material and is part of different 'techniques of fabrication' and 'actions on matter' that contribute to the way in which societies give colours to things. My ethnography of "parctices of colorization" in contemporary art describes the material culture of colour and oscillates between the anthropology of colour to cognitive anthropology (colour as perception) towards a sort of anthropology of techniques (colour as production). This oscillation creates an epistemological bifurcation, which I believe it is effective for proposing an anthropology of colour that is interested in both colour and the social practices around colour. In other words, in this work, I consider colour as an act - that is, I believe that colour is made/constructed and that a researcher must observe and analyse the actions and the actors engaged in the fabrication of an object of colour and must pay attention to the situations of work within which the 'act of colours' take place.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (370 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 305-322

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