À la frontière du corps : l’imaginaire de la peau à la Renaissance

par Irène Salas

Thèse de doctorat en Arts et langages

Sous la direction de Yves Hersant.

Soutenue en 2014

à Paris, EHESS .


  • Résumé

    À la Renaissance, la peau – souvent oubliée dans les récentes études sur le corps – se prête à de nouvelles approches, suscite de nouvelles rêveries, contribue à de nouveaux savoirs. Notre propos est de montrer comment ce singulier organe peut devenir un objet théorique privilégié pour la pensée de l’époque, que structurent de grands couples conceptuels : surface/profondeur, intérieur/extérieur, être/paraître, visible/invisible, sensible/intelligible, corporel/spirituel. Dans cette enquête, qui ne néglige ni les enveloppes végétales et animales (pellicule, écorce, fourrure, cuir, coquille, carapace) ni les « secondes peaux » que peuvent être les tissus, les fards, les parures ou les armures, ont été pris pour guides non seulement des philosophes et des médecins, mais plus encore des écrivains et des peintres. Car si la peau semble disparaître sous le couteau des anatomistes, en revanche les arts de la plume, du pinceau et du burin ont su la mettre en pleine lumière : « épiphanie » dont témoignent aussi bien Montaigne, Ronsard ou Shakespeare que Léonard de Vinci, Michel-Ange ou Titien… Sans oublier les humanistes dont l’imagination a pu se nourrir d’histoires légendaires : comme celles des écorchés Marsyas et saint Barthélémy, ou celle d’Épiméthée qui interroge la nature de l’humain. Une attention particulière a été prêtée à la peau en tant que « support-surface » de l’écriture et de la peinture : car elle a offert aux écrivains et aux artistes l’occasion de réfléchir à leur propre pratique, à la corporéité de l’image et du langage, aux qualités plastiques de la représentation.

  • Titre traduit

    Exploring the Body Boudary : The Imaginary of the Skin in the Renaissance


  • Résumé

    During the Renaissance, the skin – which has often been overlooked in recent studies on the body – allowed new approaches, initiated new speculations and contributed to a new knowledge. Our purpose is to show how this singular organ became a privileged theoretical object in a time when thought was structured by conceptual couples such as surface and depth, interiority and exteriority, being and appearing, the visible and the invisible, the sensible and the intelligible, the corporeal and the spiritual. In this survey, which also takes into account vegetable and animal skins (membrane, bark, fur, leather, shell) and “second skins” such as clothing, make-up or armours, our guides were not only philosophers and physicians, but mostly writers and painters, who brought the skin into light while it seemed to disappear under the blades of anatomists. Its “epiphany” can be seen in Montaigne, Ronsard and Shakespeare, as well as in Leonardo da Vinci, Michelangelo or Titian. . . Not to mention those whose imagination was nourished by the legendary stories of the flaying of Marsyas and Saint Bartholomew – or by the myth of Epimetheus that questions the human nature. Particular attention was paid to the skin as “support-surface” of writing and painting, because it offered writers and artists the opportunity to reflect on their own practice, on the materiality of language and images, on visual and tactile qualities of representation.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (675 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.607-650. Notes bibliogr.

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