Pouvoir, communication et système politique : l’espace public au Chili pendant l’âge des révolutions (1808-1830)

par Martin Bowen Silva

Thèse de doctorat en Histoire et civilisations

Sous la direction de Christophe Prochasson et de Jean-Frédéric Schaub.

Soutenue en 2014

à Paris, EHESS .


  • Résumé

    Cette thèse analyse les présupposés sur la communication qui gouvernaient les discours et les pratiques politiques au Chili pendant l’âge des révolutions (1808-1830). Le texte est divisé en deux parties. La première est consacrée à l’analyse des mécaniques de la publicité. On y démontre que la publicité était d’abord associée à la visibilité, ce qui se traduisait par des pratiques destinées à attester des réalités invisibles. Elle était aussi définie suivant un principe de propagation, dont les mécanismes principaux étaient l’imitation et la contagion. Mais l’espace public était aussi un espace de révélation et de circulation de la vérité, problème qui est abordé dans la seconde partie de ce texte. Pour les contemporains, la publicité est le lieu d’une lutte permanente entre des vérités concurrentielles. En même temps, le faux hantait constamment le système politique, déterminant les sujets qui devaient être exclus de toute participation politique, et donnant lieu à la crainte que le peuple souverain puisse tomber sous l’influence du mensonge. Finalement, la vérité devait aussi être correctement mise en circulation, comme le montre l’étude de l’espace théâtral. Lieu où la vérité devait être transmise au public, le théâtre devait être réformé pour le hisser à la hauteur de sa mission civilisatrice. En même temps, toutes les médiations qui opéraient à l’intérieur de l’institution théâtrale devaient être contrôlées, pour assurer la transmission de la vérité. Pris dans leur ensemble, ces problèmes permettent d’expliciter la manière par laquelle les contemporains comprenaient le rapport entre politique et communication.


  • Résumé

    This dissertation studies the communicative pre-assumptions underlying political discourses and practices in Chile during the Age of Revolution (1808-1830). It is divided in two parts. The first one is dedicated to the analysis of publicity’s mechanics. It is demonstrated that publicity was primarily associated with visibility. This connection informed social practices meant to prove invisible realities. Publicity was also defined as a principle of propagation, whose main mechanisms were imitation and contagion. But the public sphere was also associated with the revelation of truth, as it is shown in the second part of this dissertation. For contemporaries, publicity was a place of constant struggle between competitive truths. At the same time, falseness constantly haunted the political system, being the mark of those that were to be excluded from political participation, and instilling fear among political actors that the sovereign people may also fall under its influence. Finally, truth was also supposed to be correctly transmitted, as it can be seen in the case of theater. As a place where truth had to be enunciated, theater had to be reformed in order to make it worthy of its civilizing mission. At the same time, to make sure that truth was correctly transmitted to spectators, all the mediations between them and the play had to be controlled. Taken as a whole, all these elements clarify how contemporaries understood the relationship between politics and communication.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (703 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.617-703. Notes bibliogr.

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  • Bibliothèque : École des hautes études en sciences sociales. Thèses.
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  • Cote : TPE 2014-121
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