Les Jesuites américaines expulsés en Italie et Joaquín Camaño (1767-1814)

par Viviana Silvia Piciulo

Thèse de doctorat en Histoire et civilisations

Sous la direction de Cristiana Facchini et de Pierre Antoine Fabre.

Le jury était composé de Franco Motta, Antonella Romano.


  • Résumé

    Comme beaucoup le savent, Joaquin Camaño fut un jésuite riojain originaire de la Province du Paraguay qui vécu la majeure partie de sa vie en exil en Italie. Son travail et sa renommée peuvent être considérés comme mineurs par rapport à beaucoup d'autres jésuites mémorables de la fin du XVIIIe siècle. C'est justement ce rôle secondaire qui m'a permis d'entrer dans le réseau social des exilés américains sans être distraite par la beauté de sa plume, ni par sa constante production textuelle. Camaño a en quelque sorte constitué dans ma recherche le "trou de la serrure", ou plus précisément le "fil rouge" me permettant de rassembler certaines informations capitales sur le tissu socioculturel du réseau construit en Italie par les exilés et resté actif pendant plus de 30 ans entre le Rio de la Plata et l'Italie. Je sais ne pas faire d'erreur en affirmant que Camaño fut tout au long de sa vie un grand « collaborateur ». Collaborateur de L Hervas y Panduro, Francisco Iturri, Gaspar Juárez, José Jolis, Filippo L. Gigli, Domingo Muriel, Diego Villafañe, Josep Cardiel et bien d'autres encore. De toute sa collaboration, la plus significative a été constituée par le matériel fourni à Hervas y Panduro pour « l'Idea dell'Universo1 », et pour le "Catálogo de las lenguas conocidas2", etc3. Plongé dans ses collaborations, Camaño est obsessionnel, critique, méticuleux, il prend des décisions, rejette d'éventuels collaborateurs, en suggère d'autres, et donne vie à un réseau social diffus parmi les différentes villes italiennes de l'époque. Il crée ainsi un réseau dynamique qui, aujourd'hui encore, surprend pour son efficacité et sa continuité. Pour Hervas, il recherche des contacts, des adresses, copie des grammaires, traduit les langues d'Amérique, produit des synthèses grammaticales en italien, des dictionnaires, etc. ; tous les travaux faits pour enrichir la grande Encyclopédie Catholique du Conquense qu’avait pour dessein de moderniser les connaissances scientifiques de l'époque sur la base des saintes écritures. La plupart des collaborateurs experts du "Catalogue des langues connues" étaient d'étranges personnages dans un siècle particulier, qui vivaient dans de petites villes d'Emilie-Romagne (Ferrare, Bologne, Faenza, Forli, Imola, Ravenne, Cesena, Savignano sul Rubicone, Rimini, Castel Bolognese), de Ligurie (Gênes), du Latium (Rome), d'Ombrie, des Marches, etc. C'était des immigrés illustres, obligés par le devoir de solidarité envers leurs confrères dans la foi, des amis, compagnons d'études ou encore des proches. Ce réseau de relations au cœur du nouvel espace de migration mérite d'être approfondi, car il constitue l'une des clés permettant de comprendre la situation socioculturelle des jésuites en exil et la façon dont certains d'entre eux "renouvellent leur rôle social" sans jamais perdre le sens d'attachement à la Compagnie. Les jésuites américains commencèrent surtout, durant l'exil, leur production écrite dite d'information, et ce après 1773, constituant de vrai moteurs pour les travaux d'impression dans les zones où ils se concentraient physiquement. Ils se révèlent également être les héros d'un véritable "âge de l'information avec ses médias". Les jésuites sont partie intégrante de ce système de communication, qui canalisait les informations : en suivant leur action, on entre en communication avec un autre XVIIIème. On retrouve des jésuites pratiquement dans chaque branche de la science, fondamentalement en anthropologie, histoire, linguistique, théologie, et glottologie comme dans le cas de J. Camaño. L'étude des jésuites en exil démontre que ces derniers sont quelques uns des principaux acteurs des premières années de « l'âge de l'information ». Evénement que l'on peut vérifier en suivant la correspondance de Camaño et de ses collaborateurs et amis répartis sur toute la péninsule italienne.


  • Résumé

    Joaquin Camaño was a Jesuit from Paraguay, who lived in exile in Italy for most of his life from 1767 to 1820. His work and his fame can be considered of smaller importance if compared to many other Jesuits exiled following orders from Carlos III in Emilia-Romagna (1767). Through my search I explore in depth the role of J. Camaño, a smaller character who becomes part of the life of the others expelled through a dynamic "network report" of which he was one of the principal craftsmen. My objective has been to study the impact that these the American Jesuit exiles had, through the life of Joaquin Camaño, on the italian intellectual world, european and american after 1767. Camaño, with his studies, it is inserted in the renewed and vivacious rhetoric of the "Nuovo Mondo" which in those years assumed great dynamism. Born in La Rioja, Argentina, he grew up as a bright cartographer and linguist in the context of the European illustration thanks to his particular life as a missionary. After his expulsion, Joaquin Camaño, together with numerous other American brethren, arrived in Faenza, in the Papal State, devoting himself to the study of cartography and of the American languages. He found his place in a neuralgic moment for the history of linguistics, when direct observation and theoretical reflection of the phenomena were measured with the great human variety which by then were to be found in the world.

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  • Détails : 2 vol. (954 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.448-478. Notes bibliogr.

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  • Cote : TPE 2014-110

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