La construction de l’espace public moderne à Santiago du Chili, fin XVIIIe-début XXIe siècle : les discours officiels et l’exclusion populaire

par Javiera Azócar Weisser

Thèse de doctorat en Études urbaines

Sous la direction de Alain Musset.

Le jury était composé de Maria Emilia Tijoux, Alejandra Vega.

Les rapporteurs étaient Enrique Aliste, Manuel Gárate Chateau.


  • Résumé

    L'espace public moderne est défini comme un lieu de liberté ou les différents groupes sociaux peuvent manifester leurs opinions. C'est pourquoi l'ouverture et l'accessibilité sont deux composantes essentielles de sa configuration, qui donnent vie à la ville. Cependant, étant donné que cette configuration est étroitement liée à la mise en pratique d'un discours officiel et formatif, les autorités se sont constamment préoccupées de la structure qu'elles devaient donner à la ville et de la manière d'y arriver. Si nous acceptons la prémisse que l'urbain va au-delà de la simple matérialité, nous ne pouvons pas omettre une question fondamentale: pour qui construit-on la ville? Prenant pour objet de notre recherche la ville de Santiago du Chili, notre objectif était donc d'élaborer une "étude du concept d'espace d'usage public utilisé par les autorités à trois périodes de la soi-disant modernité urbaine: à la fin du XVIIIe et au début du XIX siècle, à la fin du XIXe siècle et à l'époque actuelle". À partir de la comparaison des discours officiels de ces trois époques, nous verrons que la construction du "Santiago moderne" est étroitement liée à la configuration des espaces publics, et que l'élite exclut les secteurs sociaux qui ne sont pas conformes à ses idéaux. À chacune de ces périodes correspond un type d'exclusion prédominant, selon l'importance accordée par les autorités à certains éléments urbains : propreté et embellissement, sécurité publique et divertissements populaires, et, quoique les "indésirables" soient toujours les pauvres, l'argument pour les exclure se modifie au cours du temps.


  • Résumé

    The modern public space has been defined as a place of freedom and expression, where the opinion of various social groups can be revealed. Thus, openness and accessibility are two key components in shaping the space that gives life to the city. However, considering that this configuration is closely linked to the implementation of an official and formative discourse, we see that the ways to give shape to the city has been a constant concern of the authority. If we accept the premise that "the urban" goes beyond mere materiality, we cannot ignore a fundamental question: for whom the city is built? Taking Santiago as a case study, the objective of this research is to study the notion of space of public use managed by the authority at three moments of a supposed urban modernity: the late eighteenth and early nineteenth centuries, the late nineteenth and early twentieth centuries, and the present time. From the comparison of the official discourse in these three periods, we see that the construction of "modern Santiago" is closely linked to the configuration of public spaces that exclude those sectors that do not fit with the ideals promoted by the elite. Thus, in each period, a predominant type of exclusion is developed, related to the importance that the official discourse gives to certain urban elements: cleaning and decoration, public safety, and popular entertainment. As a result, although "the unwanted" are always the poor people, the argument to exclude them will be modified over time.

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  • Détails : 1 vol. (393 f.)
  • Annexes : Bibliogr. p.376-393. Notes bibliogr.

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  • Bibliothèque : École des hautes études en sciences sociales. Thèses.
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  • Cote : TPE 2014-58
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