Thèse soutenue

« De chose en soi si peu agréables » : les grammairiens italiens de la Renaissance face à leur langue

FR
Auteur / Autrice : Laurent Vallance
Direction : Michel de Fornel
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences du langage
Date : Soutenance en 2014
Etablissement(s) : Paris, EHESS
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales

Résumé

FR  |  
EN

Le corpus comprend les principales grammaires en Vulgaire (toscan) des 15ème et 16ème s. , une bonne vingtaine, d’Alberti à Salviati en passant par Corso et Castelvetro. J’ai considéré ces manuels ou traités non comme des répertoires obsolètes de règles grammaticales plus ou moins pertinentes, mais comme des ouvrages littéraires concrets, écrits pour un public précis et avec un objectif donné, dans une situation historique particulière. Aussi les deux premiers chapitres sont-ils consacrés, l’un à l’analyse des titres, à la langue que les grammaires prétendent traiter et dans laquelle elles sont rédigées, et aux difficultés rencontrées dans leur entreprise par les non-Toscans, l’autre à un examen de la méthode suivie par les auteurs, à l’orientation et à la destination des grammaires, et à la place accordée à la langue parlée. Le chapitre 3 étudie la composition des grammaires, les parties du discours qui en constituent la structure, et la mise en forme et en page des ouvrages. Deux chapitres sur le nom et le verbe sont complétés d’un gros plan sur trois innovations majeures du toscan : les articles, défini et indéfini, et les questions liées de la déclinaison et de l’ordre des mots ; les temps composés, leur valeur et leurs rapports avec les temps simples ; le conditionnel et sa lente émancipation du subjonctif. Toutes ces analyses permettent d’esquisser une généalogie de la production grammaticale et de dresser un lexique très complet de la terminologie linguistique italienne de la Renaissance. Cette étude est utile à tous ceux qui s’intéressent à l’histoire des idées linguistiques en Italie ou en Europe et aux débuts de la grammaire de l’italien et des langues romanes.