Édifier et équiper les bases de l’armée japonaise Transferts de technologie France-Japon 1868-1930

par Michiko Maejima

Thèse de doctorat en Histoire des sciences et des techniques

Sous la direction de André Guillerme.

Soutenue le 26-05-2014

à Paris, CNAM , dans le cadre de École doctorale Abbé Grégoire (Paris) , en partenariat avec Histoire des technosciences en société (Paris) (laboratoire) .

Le président du jury était Karen Bowie.

Le jury était composé de Christian Brun.

Les rapporteurs étaient Philippe Bonnin, Riichi Miyaké.


  • Résumé

    Le Japon possède un riche patrimoine militaire dont il ignore la valeur et les origines. Un regard sur le début du XIXe siècle montre une toute autre organisation des troupes, de type féodal. En fait, le pays adopte très vite le modèle français alors réputé le meilleur : de 1867 à 1919, diverses missions militaires organisent, bâtissent, ordonnent. Cette diplomatie militaire que l’on décortique à partir de sources inédites, est discontinue ; aux Français succèdent les Allemands, les Hollandais. Cependant les officiers du Génie et d’Artillerie, les As de la première Guerre mondiale ont tout particulièrement marqué le Japon. Casernes, mess d’officiers, usines, laboratoires en sont les témoins matériels, comme les premiers traités de construction et d’architecture. Dorénavant, le Ministère de la Guerre dispose d’une reconnaissance de ses plus anciens équipements. Avec cette synthèse, le ministère français de la Défense a une idée de la richesse de ces échanges.L’objet de la recherche est quelque peu tabou au Japon. L’architecture militaire n’a pas très bonne presse auprès du public car l’Archipel a tout perdu dans le dernier conflit mondial et il est toujours très critiqué par les pays d’Extrème Orient pour son occupation militaire.L’évaluation de la qualité architecturale des bâtiments militaires a longtemps été délaissée. Beaucoup de ces constructions publiques ont été détruites. Le peu de mémoire que constituent les restes mérite d’être apprécié à sa juste valeur avec les mêmes critères que pour l’architecture ou le génie civils. Aujourd’hui, l’armée de Terre soutient qu’elle a été formée par l’Allemagne, comme la Marine est persuadée d’avoir été éduquée par la Grande Bretagne. Nous montrons que le Japon a adopté les manières françaises pour son armée de Terre — à un moindre degré pour la Marine — et la France a continué longtemps cette formation par épisodes. Notre argumentaire, textes à l’appui, le certifie. D’autres chercheurs militaires ou non ont pisté antérieurement cette traces encore importantes de la présence française, mais faute de preuves suffisantes, ils n’ont pas pu aboutir aux certitudes que nous tentons d’affirmer. Le transfert de technologie de la France au Japon formalise une évolution constante et réfléchie, un éclectisme particulier qui figure une esthétique franco-japonaise.

  • Titre traduit

    A Study of Military Facility Planning from the viewpoint of Technological Transfer from France to Japan


  • Résumé

    Former Japanese Army buildings built from Meiji to Showa era are still found throughout Japan. Nevertheless their heritage value has not been sufficiently evaluated. Furthermore since these architectures face demolition, there are calls for their proper historical assessment which is a necessary step to construct means for their preservation.In this paper, the term “Army Heritage” refers to former military buildings or structures of the Japanese Army that have architectural or technical importance for preservation. The purpose of this research is to evaluate the technological transfer in regard to these heritages from France to Japan, as there is evidence that the Japanese Army invited arranged military missions from France in order to create new systems and facilities.The research is based on studies of original documentations in libraries and archives both in Japan and in France. The author studied remaining military buildings, specifically, an officers’ mess hall of an aviation school in Akeno and an early stage military barrack of the 16th infantry regiment in Shibata. The investigation included dismantling method in Shibata.The author analyzed the results in three categories. 1, The system and organization of designs and plans of military architectures. 2, The prototypes of the architectural planning of military bases, barracks, covered paddock, officers’ mess and hangars. 3, Japanese and French human networks in the old Japanese Army. From these analyses, the author found that French technologies were imported whenever the Japanese Army needed innovative technologies like modern Army or aviation. Additionally, the French networks had been undoubtedly established in the Japanese Army from Meiji to the first period of Showa era. This thesis can serve as an important reference to the remaining “Army Heritages”, therefore the author proposes conservation to the Minister of Defense through this study.

  • Titre traduit

    日仏技術交流史からみた陸軍の施設計画に関する研究


  • Résumé

    明治から昭和にかけての旧陸軍建造物は少なくとも数百棟が残存しているが解体の危機に瀕する建物も多く、「陸軍遺産」として遺産学的な評価と保全活用方法が求められている。日本の近代化という観点からは西欧、特にフランスからの技術移転が顕著であり、日欧を横断した歴史的評価が必要である。建築史・技術史的な枠組で陸軍の築造ならびに築城事業の成立と発展を追い、日仏の技術比較の中での特徴解明が求められている。本論文は、陸軍にて日仏関係が続いた明治初期から昭和初期までの建築や土木構造物に焦点を当て、担い手であった工兵組織の成立と築造・築城事業における計画・設計・施工体制を対象とした。幕末から繰り返し派遣された仏軍事顧問団が軍事大国フランス陸軍の兵制、造兵、築造、築城技術をもたらし、翻案に始まり日本で独自の技術に育て上げたのが工兵を含む陸軍技術陣の仕事であった。具体的には仏兵営をモデルとした初期の歩騎兵の築営計画(兵営施設)、高度の土木技術を下敷きとなし仏砲工技術を採用した明治中期の築城計画(要塞)、大正期の陸軍航空部発足にともなって建てられた鉄筋コンクリート造の大規模建造物(格納庫等)や欧風デザインの将校集会所の建築を追い、人的交流、施設計画の決定プロセス、建築計画や構法技術の詳細を明らかにした。研究の方法は、日仏の史料館所蔵の史資料を発掘し突合せると共に、日本国内の遺構(新発田兵舎、明野将校集会所等)の解体調査を含んだ現地調査より建築技術的検証を行った。更に当時の陸軍施設建設を行った施工会社等に残されたデータを収集解析し実際の建設プロセスを復原、各時期に訪日した仏人技術者並びに訪仏した日本人技術者の履歴、図面の読み替えや要素技術の組み替えによる日本への技術導入等といった諸側面に光を当て日仏の密な関係を解明した。本論文の結論は以下の三点に集約される。一、陸軍施設の建築設計から施工体制の解明、二、兵営計画並びに陸軍建築のプロトタイプ解明、三、陸軍における人的ネットワークの解明。以上の三点より明治初期から昭和初期にかけての旧陸軍において、システムを含めフランスからの技術移転が新たな技術の導入が求められる毎に密に行われていたことが判明すると同時に、フランス系のネットワークが連綿と続いていたことが明らかになった。本論文をもって筆者は現存する旧陸軍建築遺産の保存活用方法について防衛省へ提言を行う。


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