La participation du spectateur à l'oeuvre d'art de 1950 à nos jours

par Aurélie Gélis

Thèse de doctorat en Arts (Histoire, Théorie, Pratique)

Sous la direction de Pierre Sauvanet.

Le président du jury était Nathalie Reymond.

Le jury était composé de Pierre Sauvanet, Joëlle Zask, Richard Leeman, Thierry Davila.

Les rapporteurs étaient Nathalie Reymond, Joëlle Zask.


  • Résumé

    Notre recherche se fonde sur une forme de relation particulière entre lʼœuvre et le spectateur, lorsque la participation de ce dernier est interactive, cʼest-à-dire physique, active et effective. Or, à partir de 1950, de nouvelles formes artistiques apparaissent et de nombreuses œuvres partent, en quelque sorte, à la recherche du spectateur. Cʼest en les parcourant que le premier chapitre pose les bases dʼune participation interactive. Nous avons aussi choisi de réordonner ces œuvres ou mouvements selon des catégories qui échappent aux classifications standards en les groupant selon leur modalité de participation : regarder, entrer, ressentir, assister. Le second chapitre est ensuite consacré aux œuvres les plus participatives qu'il puisse exister, cʼest-à-dire, des œuvres qui ont réellement besoin du spectateur pour exister, dont la forme est tout autant définie par le spectateur que par lʼartiste, voir même davantage par le spectateur. Quatre nouvelles catégories sont alors dégagées : figurer, agiter, expérimenter, partager. Lʼobjectif de cette classification typologique est dʼoffrir une vue dʼensemble qui soit claire et qui permette de mieux comprendre le vaste panorama des œuvres dʼart participatives. Notre réflexion se construit aussi à lʼaide de ces deux questions successives : de quelle façon le spectateur a-t-il la possibilité de participer ? Quel est le but recherché par lʼartiste ? Nous prenons aussi la mesure de la contribution du ou des spectateurs dʼune part, évaluons les valeurs éthiques que tendent à véhiculer certains projets artistiques de lʼautre, et nous décelons un certain nombre de pièges et de dérives qui semblent guetter ces œuvres, tantôt faisant lʼobjet de banales animations culturelles, réduites au divertissement, tantôt se perdant au sein de luttes sociales et politiques. Analysant les critiques formées à leur encontre, en formulant dʼautres, puisant dans les domaines de la philosophie, de la sociologie ou de lʼanthropologie, nous cherchons donc à cerner les enjeux spécifiques de chaque forme de participation. Lʼœuvre dʼart participative révèle alors sa pleine ambivalence, une nature ambiguë qui constitue sa force comme sa faiblesse. De même, lʼacte participatif, entre action et passivité, proximité et distance, dessine la figure nouvelle dʼun spectacteur.

  • Titre traduit

    The participation of the spectator in the work of art of 1950 and today


  • Résumé

    Our research bases on a particular form of relationship between the work of art and the spectator, when the participation of the latter is interactive, that is to say, physical, active and effective. However, since 1950, new art forms appear and many works go, somehow, in search of the spectator. It is by reviewing them that the first chapter thus lays the foundation of an interactive participation. We also chose to reorder these works or movements in categories beyond the standard classifications by grouping them according to their modality of participation : look, enter, feel, attend. The second chapter is then dedicated to the most participatory works that can exist, that is to say, works that really need the spectator to exist, whose shape is as much defined by the spectator by the artist, and even more by the spectator. Four new categories are then identified : figure, shake, experiment, share. The objective of this typological classification is to offer an overview which is clear and which allows to understand better the vast panorama of the participatory art works. Our thought also builds using these two successive questions : how has the spectator the possibility to participate ? What is the purpose looked for by the artist ? We also take the measure of the contribution of one or several spectators on one hand, estimate the ethical values which tend to convey some artistic projects on the other, and we detect a number of pitfalls and deviations that seem to watch for these works, sometimes being the object of commonplace cultural activities, reduced to the entertainment, sometimes getting lost in social and political struggles. Analyzing the criticisms formed against them, by formulating others, drawing from the fields of philosophy, sociology or anthropology, we identify the specific issues of each form of participation. The participatory artwork reveals then its full ambivalence, an ambiguous nature that is its strength as its weakness. Similarly, the participative act, between action and passivity, proximity and distance, draws the new figure of a spectactor.

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