Making sense of rare earth elements : an interdisciplinary approach to mineral resources' ethics and governance

par Fanny Verrax

Thèse de doctorat en Sciences économiques

Sous la direction de Jean-Paul Vanderlinden.

Soutenue en 2013

à Versailles-St Quentin en Yvelines .

  • Titre traduit

    Faire des terres rares : une approche interdisciplinaire aux questions d'éthique et de gouvernance posées par les ressources minérales


  • Résumé

    Cette thèse de doctorat vise à identifier et analyser les problèmes éthiques posés par les terres rares, comme ressource non-renouvelable, mal répartie, et essentielle à notre modernité. Le cadre théorique global dans lequel cette étude est menée est celui de la science post-normale (PNS), dans lequel les enjeux sont élevés, les faits sont incertains et les valeurs en conflit, une description qui correspond parfaitement aux terres rares. L'une des recommandations phares de la PNS est la nécessité de repenser la façon dont les décisions technocratiques sont prises, de manière à impliquer davantage de personnes, au-delà des experts. Cette thèse s’est donnée comme objectif de relever ce défi en essayant de faire sens de voix qui ne sont pas habituellement entendues: les générations futures, d'une part, les internautes discutant de questions de gouvernance des terres rares, d'autre part. Le premier article de cette thèse propose ainsi une analyse philosophique du concept de générations futures, d'une importance capitale quand l'on considère une ressource non renouvelable, et tente de répondre à la question: y a-t-il une spécificité morale de l'héritage environnemental envers les générations futures? Les arguments qui soutiennent l'idée d'une spécificité morale peuvent se ramener à trois grandes familles d’arguments, que j'ai appelées l'argument de la survie, l'argument de la nature et l'argument de la science. Je montre les limites de ces trois arguments et propose à la place une approche axée sur le présent, qui est philosophiquement plus robuste, et dans la pratique plus efficace. Le second article fait état des résultats d'un site web participatif, « Sustainable Scenarios » créé au cours de ce travail de thèse afin d’offrir un espace de discussion autour de différents scénarios de gouvernance. La principale conclusion de cette étude est qu'il est très difficile d’engager le public sur des questions environnementales qui ne sont pas déjà connues par les participants et qui ne sont pas perçues comme susceptibles d'affecter leur vie quotidienne. Le troisième article analyse plus de 5000 commentaires en ligne ayant trait au commerce mondial des terres rares et à un cas de règlement des différends de l'OMC lancé en Mars 2012. Il conclut que, pour la plupart des internautes, l'OMC n'est pas le bon endroit pour discuter une telle question, en partie parce que des conflits de valeurs sont en jeu. Il suggère qu'ils peuvent avoir raison à cet égard et que, si le renouvellement institutionnel est nécessaire pour faire face aux défis contemporains tels que les questions environnementales, tenir compte des critiques spontanées de citoyens exprimant leur opinion sur Internet peut être une bonne façon de commencer si l'on veut que nos institutions globales puissent faire face de manière plus pertinente aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. Les principales conclusions de ce travail sont donc : (i) qu’il n’est pas nécessaire de présupposer une unicité ou une supériorité des menaces environnementales ni d’un point de vue pratique pour les combattre ni d’un point de vue philosophique pour légitimer l’existence d’une éthique environnementale. (ii) qu’alors même qu’un débat citoyen et novateur sur les enjeux environnementaux est extrêmement pertinent, un tel débat ne semble pouvoir avoir lieu qu’à propos de questions pré-identifiées par les institutions, rendant l’aspect innovant de la participation critique. (iii) qu’un règlement de différends sur la question de l’extraction et du commerce des ressources minérales via la solution institutionnelle d’un organisme international n’est pas perçu comme, et en effet ne semble pas, adapté à un cas protéiforme qui reflète de nombreux conflits de valeurs entre individus et communautés.


  • Résumé

    This interdisciplinary PhD dissertation aims to identify and address the ethical challenges posed by rare earth elements, as a non-renewable, ill-distributed, and valuable resource. The overall theoretical framework iwhich this study is conducted is the one of Post-Normal Science (PNS), in which stakes are high, facts are uncertain and values are in dispute, a description that fits perfectly rare earth elements. One of the flagship recommendations of PNS is the need to rethink the way technocratic decisions are made, so as to involve more people, and more lay-people, when addressing an issue that can potentially affect many. This PhD thesis took this challenge by trying to make sense of different voices that are not usually heard: future generations on one hand, concerned citizens and internet-users discussing governance issues of rare earths on the other hand. The first paper of this PhD thus proposes a philosophical analysis of the concept of future generations, of paramount importance when considering a non-renewable resource, and addresses the question: is there a moral specificity of environmental legacy towards future generations? I suggest that arguments supporting the idea of a moral specificity ultimately come down to three, that I have called the survival argument, the nature argument, and the science argument. I discard all three arguments and propose instead a present-oriented approach which, I contend, is philosophically sounder, and in practice more effective. The second paper relates the result of a participative website, “Sustainable Scenarios” that I created during the PhD to foster a public debate around different ideas of governance. The main finding of this paper is that it is highly problematic to foster public deliberation on environmental issues that are not previously known by the participants and which are not perceived as potentially affecting their personal life. The third paper analyzes over 5000 online comments relating to global trade of rare earths and a WTO dispute settlement case launched in March 2012. It concludes that for most internet-users, the WTO is not the right arena to discuss such an issue, partly because values conflicts are at stake. It suggests that they may be right in this respect and that if institutional renewal is needed in order to address contemporary challenges such as environmental issues, taking into account spontaneous critiques from citizens voicing their opinion on the Internet may be a good way to start if we want our global institutions to address more relevantly the issues we are facing. The overarching conclusion of the PhD dissertation is threefold: (i) It is not necessary to presuppose uniqueness or superiority of environmental threats, neither from a practical point of view in order to address them nor from a philosophical point of view to legitimate the very existence of environmental ethics. (ii) Even though a citizen-driven and innovative debate on environmental issues is highly relevant, such a debate seems to be able to take place only on issues that have been pre-identified by institutions, jeopardizing the innovative aspect of participation through problem definition. (iii) The institutional way of addressing trade disputes over mineral resources is not perceived as, and indeed does not seem adapted to, a protean case reflecting many a conflict between individuals and communities.

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  • Détails : 1 vol. (pagination multiple [146] p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 68-72

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  • Cote : 551 VER

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  • Disponible pour le PEB
  • Cote : MFT 13/VERS/007S
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