Les représentations et l'imaginaire de la viole de gambe en Angleterre aux dix-septième et dix-huitième siècles

par Claire Berget

Thèse de doctorat en Anglais

Sous la direction de Pierre Dubois.

Soutenue le 19-12-2013

à Tours , dans le cadre de École doctorale Sciences de l'homme et de la société (Tours) , en partenariat avec Interactions culturelles et discursives (équipe de recherche) .

Le jury était composé de Frédéric Ogée, Florence Bolton.

Les rapporteurs étaient Pierre Degott, Pierre Iselin.


  • Résumé

    La viole de gambe en Angleterre connaît un destin singulier, passant d’une popularité incontestable dans l’aristocratie anglaise au dix-septième siècle à un rejet d’une intensité croissante au fil du dix-huitième siècle. Les représentations de l’instrument dans des documents périphériques à la sphère musicale – lettres, poèmes, peintures – trahissent la complexité de l’imaginaire qui entoure la viole. Dans sa période faste, la viole génère simultanément des images lubriques de corps sensuel, et d’instrument noble en raison de la mélancolie supposée de son timbre. Elle est alors étroitement associée au sentiment national anglais, dont elle cristalliserait la spécificité. Cependant, sa popularité décroissante auprès de l’élite voit la prolifération d’images négatives : vieillesse et stérilité semblent désormais être l’apanage de la viole, que l’on met également à distance idéologiquement comme instrument étranger. La viole réapparaît dans la deuxième moitié du dix-huitième siècle au moment où le culte de la sensibilité se développe : brièvement, son archaïsme et son timbre unique donnent voix à l’individu et ses émotions. La viole, dans le paradigme cyclique de la Renaissance tout comme dans le paradigme linéaire et discursif des Lumières, parvient à s’incarner selon des modalités esthétiques et idéologiques très différentes dans l’imaginaire anglais

  • Titre traduit

    The representations and the imaginaire of the viola da gamba in England in the 17th century and the 18th century


  • Résumé

    In England, the viola da gamba has a singular destiny, from an incontestable popularity with the aristocracy in the seventeenth century to a rejection of increasing intensity over the eighteenth century. The representations of the instrument in documents peripheral to the musical sphere, such as letters, poems or paintings, reveal the complexity of the imaginaire surrounding the instrument. Although, in prosperous times, the viol conjures up lewd images of a sensual body, it is simultaneously associated with ideals of nobility through the supposed melancholy of its tone. At that period, it is also felt to be closely connected to the English national identity, whose specificity it appears to crystallise. However, its dwindling popularity with the elite leads to the proliferation of negative images. Senescence and sterility are increasingly associated with the viol, while ideologically, the instrument is spurned as non- English. The brief resurgence of the viol in the second half of the eighteenth century is brought on by the development of the cult of sensibility. Individual emotions are voiced through its perceived archaism and unique tone. The viola da gamba, both in the circular paradigm of the Renaissance, and in the linear and discursive paradigm of the Enlightenment, successfully embodies contrasting aesthetic and ideological imaginaires

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