Contribution à une étude de la différence entre la réduplication et la répétition en Français et en Wolof

par Augustin Ndione

Thèse de doctorat en Sciences du langage. Linguistique et phonétiques générales

Sous la direction de Sylvester Nhneanotnu Osu et de Jean-Michel Fournier.

Le président du jury était Stéphane Robert.

Les rapporteurs étaient Sû-Tôôg-Nooma Kabore, Daniel Lebaud.


  • Résumé

    Cette thèse s’inscrit dans une perspective typologique et porte sur la réduplication et la répétition en français et en wolof (langue du Sénégal). Elle porte sur un procédé linguistique souvent considéré comme marginal pour une langue de grande diffusion comme le français du fait, entre autres, qu’il apparaît à l’oral. L’investigation menée a permis de montrer que ce procédé n’est pas plus employé en wolof, langue à tradition orale, qu’en français puisqu’on réduplique les termes issus des catégories similaires dans les deux langues ; en français par exemple on peut rédupliquer des prénoms (Dédé, Vava, etc.), des noms (salade-salade), des verbes (il pleut-pleut), des adjectifs (joli-joli) et des adverbes (loin-loin), et en wolof, on peut rédupliquer des patronymes (wade-wade), des toponymes (bawol-bawol), des bases lexicales (am-am « possession »), des adverbes (leeg-leeg « souvent ») et des noms (goor-goor-lu « débrouillard »).Cette thèse s'inscrit dans le cadre de la théorie des opérations prédicatives et énonciatives initiée par Cucioli. Ainsi à la suite de Culioli (1990), Kabore (1998), Osu (2007, 2010), cette thèse montre que la réduplication est un procédé qui met en jeu une opération de détermination puisqu'il s'agit de déterminer une occurrence d'un domaine notionnel. Mais nous considérons la juxtaposition des deux composantes de la structure réduplicative comme un marqueur d'opérationlinguistique, au sens culiolien du terme, en essayant de cerner le rôle de chaque composante au sein de cette structure. Dès lors, nous montrons que la première composante de la structure représente une occurence quelconque alors que l deuxième représente l'occurrence représentative du domaine notionnel. Quant à la juxtaposition, son rôle se ramène à identifier l'occurrence représentative, réécrite comme ceci : <Occ1 € Occo>.Cette hypothèse ébauchée lors de l'étude du français a été reprise et vérifiée à l'épreuve des faits issus du wolof.... Cette thèse a donc permis de poser clairement, que la réduplication fonctionne par un mécanisme invariant, et qu'elle est différente de la répétition même si ces deux procédés ont des points communs....

  • Titre traduit

    Contribution to a study of the difference between reduplication and repetition in French and Wolof


  • Résumé

    This thesis deals with reduplication and repetition in French and Wolof (an unwritten language spoken in Senegal) in a typological perspective. Reduplication has often been considered to be marginal in a widely spoken language such as French and English. A major reason often given is that it mainly occurs in the spoken form of the language. Our analysis shows that it does not occur more in Wolof than in French, since similar reduplicated categories (nouns, adjectives, verbs etc.) can be found in both languages. In French, for example, one can reduplicate proper names (e.g. Dédé, Vava etc.), nouns (e.g. salade-salade), verbs (e.g. il pleut-pleut), adjectives (e.g. joli-joli) and adverbs (e.g. loin-loin); and in Wolof, one can reduplicate patronyms (e.g. wade-wade) toponyms (e.g. bawol-bawol), lexical tap roots (e.g. am-am ‘possession’), adverbs (e.g. leeg-leeg 'often') and nouns (e.g. goor-goor-lu 'resourceful'). This thesis is realized within the framework of the theory of predicative and enunciative operations (Fr. TOPE) initiated by Culioli. In line with Culioli (1990: 117), Kabore (1998), Osu (2007, 2010), this thesis argues that reduplication is a process that involves the operation of determination. Indeed, it implies that an occurrence of a given notional domain is determined with reference to another occurrence of the domain. in question. In this view, we have regarded the juxtaposition of the two components as a marker of a linguistic operation and outlined the role of each component of the reduplicative structure. Thus, we show that the first component of the structure represents an unspecified occurrence while the second stands for the representative occurrence ofa notional domain. As for the juxtaposition, its role consits of identifying the unspecified occurrence in relation to the representative occurrence, rewritten as follows: <Occ1 € Occ0 >. This analysis which was first outlined while studying reduplication in French was then applied to Wolofin the light of facts from this language....This thesis clearly shows that reduplication has an invariant abstract generalizable working mechanism, and that it is quite different from repetition even though the two processes seem to have similar features....


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