Traversées : Dessin, sculpture et pratiques d'atelier

par Jérôme Dussuchalle

Thèse de doctorat en Arts plastiques et Sciences de l'art

Sous la direction de Valentine Oncins.

Le président du jury était Pierre Baqué.

Le jury était composé de Sylvie Coëllier, Didier Vermeiren.


  • Résumé

    Si l’amorce d’une recherche engage son auteur dans un cheminement dont il ne connaît pas vraiment l’issue, le place d’emblée face à des inconnus et à des possibles, il faut bien se rendre à l’évidence : la fin du travail –annonçant peut-être le début d’un autre – nécessite un retour sur la pensée qui s’est déroulée selon une temporalité qui semble alors nous échapper. La durée d’une telle entreprise ne parvient pas à se cristalliser en un point dont on pourrait faire le tour. Le cheminement de pensée qui s’est donc déplié selon le cadre spatial et temporel imparti, selon la répartition des pages et la structure d’un ouvrage qui pourrait bien apparaître comme un autre type de carnet, doit être repris et reconduit selon d’autres stratégies. Conclure reviendrait, en effet, à extraire d’un matériau donné –ici l’écriture d’un texte– les points de capitons où la pensée se condense. Travail proche du dégagement du bloc en sculpture, travail encore de découvrement mais aussi et surtout travail de synthèse et d’ouverture. Précipitation d’un chemin de pensée sur ce qui définit ses limites, le tracé de son parcours, son bornage, ses jalons tout comme ses traverses.Cet acheminement vers l’écriture aura donc pris pour origine une situation de pratique plastique définie par deux instances d’appréhension du réel, deux modes d'existence de l’œuvre, le dessin d’une part, la sculpture de l’autre. Telle était la place attribuée aux termes posés dès l’origine de ce projet de recherche sur la sculpture et le dessin. Mais, à ce point conclusif de l’ouvrage, pourquoi ne pas intervertir les termes par lesquels s’est énoncée, dans un premier temps, cette thèse ? Nous pourrions ici avancer une position bien différente : la sculpture puis le dessin. Il paraît en effet artificiel de vouloir donner la primauté à l’un des deux médiums tant ils fonctionnent ensemble. Configuration qui diffère donc de celle annoncée en exergue de ce travail, puisque la réflexion menée sur l’articulation de ces deux « objets de pensée » peut nous amener à formuler une première remarque : les deux médiums ne sont pas à prendre dans leur successivité mais bien dans leur entrelacement réciproque. Ce qui ne signifie pas que le dessin se confonde avec la sculpture. L’inverse n’est pas moins vrai. C’est à leur conjonction et à leur croisée que se situe donc le cœur de la recherche et c’est là, sans doute, qu’est le point de bascule permettant de relancer l’expérience poïétique de l’un à l’autre. Ici est le nœud du problème, son site. La circularité, et donc une récupération perpétuelle du dessin dans la sculpture et de la sculpture par le dessin, travaille notre œuvre plastique en profondeur, elle en serait le soubassement. La sculpture relance le dessin qui à son tour relance la sculpture…

  • Titre traduit

    Crossover : Drawing, sculpture and workshop practices


  • Résumé

    If the initiation of research obligates its author to take a direction for which he does not really know the outcome, a starting position when faced with unknowns and possibilities, one must evidently face reality: the end of the work – announcing perhaps the beginning of another – necessitates a return to the thought that took place within a temporality which therefore eludes us. The duration of such an enterprise doesn’t manage to solidify at one point in time; therefore we could go back around. The development of the thought, which therefore unfolds according to the imparted special and temporal reality, and according to the distribution of pages and the structure of the work, which could easily appear to be like another type of notebook, must be taken and looked at again using alternative stratagem. To conclude would, in fact, return to the idea of extracting from a given material – in this case, a text – the key points of condensed thought. This is a work that is close to the energy that is released from a block whilst being sculpted, a work that is still being discovered but also, and above all, a work of synthesis and openness. Precipitation of a train of thought which defines limits, the traces of its journey, its delimitations, its benchmarks, much like its passage. This development in the direction of writing therefore takes its origins from a situation involving the practice of art, as defined by two ways of perceiving what is real, two modes of existence of the work, the drawing, on the one hand, and the sculpture on the other. Such was the position attributed to the terms of this challenge right from the start of this research project about sculpture and drawing. But, at this conclusive point in the work, why not reverse the order of the terms by which this thesis was first introduced? We could put forward a very different position: the sculpture followed by the drawing. In fact, it appears somewhat artificial to desire to give primary position to one of these two mediums when they both work together. This is an order which therefore differs to that emphasised in this work, as the reflection on the articulation of these two “objects of thought” could make us formulate an initial commentary: the two mediums are not to be considered in terms of their successivity but rather in terms of their interlaced reciprocity. This doesn’t mean that the drawing is confused with the sculpture. The opposite is no less true. It is at their conjunction and their crossing-point where the heart of this research is found, and it is there, without doubt, that this balancing point allows us restart the poïetic experiment of one toward the other. Here is found the heart of the problem, its position. The circularity, and therefore the perpetual restoration of the drawing in the sculpture and the sculpture through the drawing, profoundly structures our artwork, being its fundamental substructure. The sculpture recreates the drawing and, in its turn, the drawing recreates the sculpture.


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