Distribution spatiale, stabilité et perception des dialectes chez deux espèces d’oiseaux guyanais (Cacicus cela et Cacicus haemorrhous)

par Hélène Thieltges

Thèse de doctorat en Biologie. Ethologie

Sous la direction de Pierre Deleporte et de Laurence Henry.

Soutenue le 17-12-2013

à Rennes 1 , dans le cadre de École doctorale Vie-Agro-Santé (Rennes) , en partenariat avec Université européenne de Bretagne (PRES) , Éthologie animale et humaine (Rennes ; Caen) (laboratoire) et de EthoS (laboratoire) .


  • Résumé

    De nombreuses études portant sur les dialectes ont ouvert de nouvelles perspectives sur l’origine, le maintien et la fonction des dialectes chez les oscines. Trois hypothèses ont été formulées : le modèle historique (les dialectes résulteraient d’effets secondaires de l’apprentissage vocal), le modèle de spécialisation raciale (les dialectes résulteraient de populations génétiquement distinctes) et le modèle d’adaptation sociale (les dialectes résulteraient d’apprentissages à fonction sociale). Les caciques cul-jaune (Cacicus cela) ont été un modèle pionnier pour la mise en évidence de dialectes sociaux. Paradoxalement, chez l’espèce voisine des caciques cul-rouge (Cacicus haemorrhous), les dialectes sont indiqués comme étant absents. Le but de cette étude est de vérifier l’existence de dialectes chez les C. cela, de rechercher leur présence chez les C. haemorrrhous, d’étudier leur distribution spatiale et leur stabilité temporelle, et de tester expérimentalement (chez C. cela) leur perception par les membres de la colonie. L’intégralité de l’étude a été réalisée en Guyane Française sur des colonies de nidification. Les paramètres acoustiques temporels et de fréquence des chants courts produits par les mâles de chaque espèce ont été mesurés au cours de plusieurs années. Des expériences ont été menées, où des chants de différents dialectes ont été diffusés dans les colonies. Nous avons trouvé un chant court similaire à celui de C. cela chez C. haemorrhous. Nous avons confirmé la présence de dialectes de colonies proches chez C. cela et démontré leur présence pour la première fois chez C. haemorrhous. Les dialectes des deux espèces présentent une variation temporelle rapide, avec des dialectes différents chaque année au même endroit (différence plus marquée chez les C. cela). Les C. cela discriminent les dialectes de leur propre colonie des dialectes d'origine lointaine. Ils répondent notamment à ces derniers en produisant la première note de leur chant court. Ces résultats favorisent l’hypothèse d’adaptation sociale pour les dialectes chez ces deux espèces de Cacicus.

  • Titre traduit

    Spatial distribution, stability and perception of dialects in two French Guianese bird species (Cacicus cela and Cacicus haemorrhous)


  • Résumé

    Numerous studies of dialects opened new perspectives on the origin, sustained presence and function of dialects in oscine birds. Three hypotheses have been proposed: the historical model (dialects would be by-products of vocal learning), the racial specialization model (dialects would be due to genetic differences between populations) and the social adaptation model (dialects would result from socially adaptive learning processes). Yellow-rumped caciques (Cacicus cela) have been a pioneer model for evidencing social dialects. Paradoxically, dialects have been indicated as absent in the closely related species red-rumped caciques (Cacicus haemorrhous). This study aims to verify the existence of dialects in C. cela, seek after the presence of dialects in C. haemorrrhous, study their spatial distribution and temporal stability, and test experimentally (in C. cela) their differential perception by colony members. The whole study was performed in French Guyana at nesting colonies. We measured timing and frequency acoustic parameters of short songs produced by males of both species during several years. We conducted experiments at colonies where we played back songs from different dialects. We found a colonial “short song” similar to that of C. cela in C. haemorrhous. We confirmed the presence of neighboring colony dialects in C. cela and we demonstrated their presence for the first time in C. haemorrhous. Dialects in both species show a fast temporal variation, with different dialects every year at the same place (difference more pronounced in C. cela). C. cela birds discriminate the dialects of their own colony from those of far distant origin. They notably answer the latter by voicing the first note of their short song. These results are in favor of the hypothesis of social adaptation for dialects in these two Cacicus species.


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