L’Enseignement de l’architecture à l’École des beaux-arts d’Alger et le modèle métropolitain : réceptions et appropriations (1909-1962)

par Malik Chebahi

Thèse de doctorat en Architecture

Sous la direction de Yannis Tsiomis.

Le président du jury était Jean-Louis Cohen.

Le jury était composé de Yannis Tsiomis, Nabila Cherif.

Les rapporteurs étaient Tim Benton, Jean-Lucien Bonillo.


  • Résumé

    En 1881, un atelier d'architecture est fondé à l'École nationale des beaux-arts d'Alger. Jusqu'en 1940, les programmes, les concours, ainsi que les jugements et les récompenses dépendent de patrons et de jurys locaux. À partir de 1940, l'atelier devient régional et intègre le giron de l'École des beaux-arts de Paris. C'est la seule structure appartenant à l'empire colonial français à s'être vu accorder ce statut. Alors que l'évolution des pensées architecturales et urbaines d'Alger durant la période française a fait l'objet de nombreuses recherches, l'histoire de la formation des architectes dans cette ville est quant à elle demeurée inexplorée. Cette thèse vient donc lever le voile existant autour du modèle pédagogique développé en Algérie. Elle examine en particulier la période entre 1909 et 1962. Ces limites chronologiques correspondent à la fois à une période mieux documentée et à deux moments importants pour l'institution architecturale. En effet, l'année 1909, marque la nomination du premier architecte français natif d'Algérie à la tête de l'atelier d'architecture. Cet avènement est le point de départ d'un enseignement de l'architecture plus structuré et mieux organisé. Quant à l'année 1962, elle signe la fin de la présence française en Algérie et la naissance de l'école algérienne. Cette recherche, qui fait confluer histoire de l'enseignement en France et histoire de la colonisation, s'est notamment construite sur les interrogations suivantes : quelle forme l'enseignement de l'architecture en Algérie a-t-il revêtu durant la période coloniale? Transplantation à l'identique du modèle pédagogique instauré par les Beaux-Arts de Paris, adaptation ou refondation? Quelle part a pris la dimension régionale dans l'éducation architecturale diffusée en Algérie ? L'intérêt de cette thèse est de situer l'enseignement prodigué à l'atelier d'architecture d'Alger par rapport au modèle pédagogique des Beaux-Arts de Paris, et de le replacer dans le contexte général de l'émergence d'une identité architecturale propre à la colonie. Au travers d'une analyse comparée entre la pédagogie diffusée à Paris et à Alger, cette recherche démontre qu'une structure formant à l'art de bâtir est indissociable du territoire qui l'abrite, de la population qui la fréquente, ainsi que de l'environnement politique et culturel qui l'entoure. Par ailleurs, cette thèse contribue à mettre à jour les transferts culturels et professionnels qui s'opèrent entre la métropole et sa « périphérie »

  • Titre traduit

    Teaching architecture in colonial Algiers : diffusion and assimilation of the Beaux-Arts system (1909-1962)


  • Résumé

    In 1881, an atelier (studio) was founded at the École des Beaux-Arts in Algiers. Up until 1940, programs, concours, as well as judgments and rewards have depended on masters and local juries. From 1940, the atelier has been regional and included the bosom of the École des Beaux-Arts in Paris. This is the only structure belonging to the French colonial empire to have been granted this status. While the evolution of architectural and urban ideas in colonial Algiers was the subject of much research, the history of architectural education in this city has meanwhile remained unexplored. This thesis comes therefore to lift the existing veil around the pedagogical model developed in Algeria. It examines in particular the period between 1909 and 1962. These chronological limits correspond to both a period that is better documented and to two important moments for the architectural institution. Indeed, the year 1909 marked the appointment of the first French architect born in Algeria as the head of the architectural studio. This advent is the starting point for a more structured and better organized teaching of architecture. As for the year 1962, it signaled the end of the French presence in Algeria and the birth of the Algerian school. The interest is to place the education provided at the studio of architecture in Algiers in relation to the pedagogical system of the Beaux-Arts in Paris, and to replace it in the broader context of the emergence of an architectural identity that is specific to the colony. This research, which converge the history of architectural education in France and the history of colonization, is notably built on the following questions: what form has the teaching of architecture in Algeria taken during the colonial period? Was the transplantation identical to the pedagogical model introduced by the Beaux-Arts in Paris, adaptation or rebuilding? What part has the regional dimension taken in the architectural education disseminated in Algeria? Through a comparative analysis between the pedagogy disseminated in Paris and in Algiers, this research shows that a structure forming in the art of building is inseparable from the territory that houses it, the population that attends it, and the political and cultural environment that surrounds it. Furthermore, this thesis contributes to updating the cultural and professionals exchanges that operate between France and its colony

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