Grotesque «queer» et savoirs abjects dans l’oeuvre de Dorothy Allison

par Mélanie Grué

Thèse de doctorat en Langues et littératures étrangères

Sous la direction de Jean-Paul Rocchi et de William E. Dow.

Soutenue le 06-12-2013

à Paris Est , dans le cadre de Ecole doctorale Cultures et Sociétés (Créteil) , en partenariat avec Institut des mondes anglophone, germanique et roman (Créteil) (laboratoire) et de Institut des mondes anglophones, germanique et roman (laboratoire) .

Le président du jury était Claudine Raynaud.

Le jury était composé de William E. Dow, Isabelle Alfandary.

Les rapporteurs étaient Monica Michlin.


  • Résumé

    Originaire du milieu white trash, victime d’inceste, lesbienne et queer, Dorothy Allison appartient à une nouvelle génération d’auteurs qui, depuis les années 1980, perturbent le paysage littéraire et politique américain. Peuplée de personnages grotesques, dont les difformités physiques reflètent les normes sociales, sexuelles et de genre qui sous-tendent les discours dominants réduisant l’individu déviant au silence, l’oeuvre de l’auteure est pourtant un espace de prise de parole pour les sujets subalternes (les pauvres, les femmes, l’enfant abusée, et les homosexuels) que la société définit comme étant abjects. Ces recherches se concentrent sur les liens entre littérature et théorie, et sur la portée politique du témoignage minoritaire de Dorothy Allison, envisagé comme un espace de théorisation. À partir de l’analyse des théories du sujet, des études sur les classes et les « races », des critiques de l’autobiographie et de la théorie queer, nous expliciterons la manière dont le texte littéraire transmet le discours de revendication de l’individu subalterne, permet l’affirmation du sujet, et véhicule les « savoirs abjects » qui perturbent les normes. Ce travail s’attache à relire et repenser les théories à travers le prisme d’une oeuvre littéraire qui s’approprie le mode de représentation grotesque et accorde une place centrale au corps et aux sens. Faisant la part belle au langage du corps, le témoignage minoritaire romancé met à mal les hiérarchies et célèbre la profonde humanité des individus dévalorisés.

  • Titre traduit

    Queer grotesque and abject knowledge in the work of Dorothy Allison


  • Résumé

    Born in a white trash milieu, a victim of incest, lesbian and queer, Dorothy Allison belongs to the new generation of writers who, since the 1980s, have troubled the American literary and political landscape. Overflowing with grotesque characters, whose physical deformity mirrors the social, sexual and gender norms underlying the dominant discourses that silence the deviant individual, the author’s work is nevertheless a space where inferior subjects (the poor, women, the abused child, homosexuals), defined by society as being abject, can speak. This research focuses on the connections between literature and theory, and on the political significance of Dorothy Allison’s testimony, here considered as a theorizing narrative. Using subject theory, class and race studies, autobiography criticism and queer theory, we shall explain how the literary text passes on the inferior individual’s claims, enacts the subject’s self-assertion, and transmits the “abject knowledge” which disrupts the norms. This research aims at re-reading and rethink various theories through the literary work which appropriates the grotesque mode of representation and grants the material body and the senses a central place. The fictionalized testimony makes bodily language paramount, interrogates established hierarchies and glorifies the intense humanity of discredited individuals.

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