L’image de la Roumanie et des roumains dans les écrits français de 1770 à 1900

par Mirela-Cristina Grigori

Thèse de doctorat en Langue et Littérature Françaises

Sous la direction de Marie-Emmanuelle Plagnol-Diéval.

Le président du jury était Mircea Anghelescu.

Le jury était composé de Marina Muresanu Ionescu.

Les rapporteurs étaient Jean-Louis Courriol.


  • Résumé

    Le domaine de l’imagologie est défini, par les comparatistes, comme un domaine de frontière, entre littérature comparée, histoire, ethnopsychologie. Nous nous sommes situés dans une perspective imagologique dans le cadre de cette recherche, pour décrire les étapes de la formation de l’image des Roumains dans des écrits français du XVIIIe et XIXe siècles. Ces étapes sont marquées par des textes de référence dans l’histoire des relations franco-roumaines, nous mentionnons ici le premier grand livre sur les Moldo-Valaques de Jean-Louis Carra, en passant par le livre de Stanislas Bellanger, jusqu’aux écrits d’Abdolonyme Ubicini, sans oublier ceux des divers consuls français, ou historiens, amis des Roumains.La Roumanie ne s’est pas faite en un jour. L’image des Français sur les Roumains s’est cristallisée durant le XIXe siècle. Il est vrai, dès le XIIIe siècle, des militaires français, des commerçants étaient arrivés sur les terres habités par les ancêtres des Roumains. Mais l’attraction vers l’Orient, cultivée surtout par le XVIIIe et le XIXe siècle, tout comme l’inquiétude qu’exerçaient en Europe les Empires Ottoman et Russe ont fait que de plus en plus de Français, aventuriers, révolutionnaires, exilés, hommes politiques, militaires voyagent vers l’Est européen.Même s’ils sont rédigés durant un séjour en pays roumain, au début, les écrits français sur les Roumains sont influencés par les chroniques moldo-valaques et par les textes antérieurs. Au fur et à mesure que les moyens de transport s’améliorent et que le kéroutza est remplacé par le train ou le bateau sur le Danube, les ouvrages sont beaucoup plus personnels, sans ignorer les textes antérieurs. Nous avons démontré que cette reprise des mêmes fragments d’images, faisant référence à des domaines récurrents (histoire, habits, logements, moeurs, organisation, ressources naturelles, paysage, ethnies), a abouti à composer une image qui est loin de la touche négative du cliché. Les enregistrements scripturaux sur les Roumains du XIXe siècle allaient préparer le terrain pour la naissance de la nation roumaine. Ce moment, ouvrant la voie à la grande amitié France-Roumanie, coïncide avec l’apparition dans les textes officiels des mots Roumain, Roumanie.Nous nous sommes intéressés aux écrits français sur les Roumains d’une période mal connue, sinon pas du tout, mais ce n’est pas une analyse exhaustive, notre recherche ne fait que commencer un travail qui pourra déboucher sur l’étude des textes d’ambassade, des échanges de messages entre les consuls français et le gouvernement français, avant même que la première ambassade française s’installe en Roumanie au XIXe siècle. L’étude des écrits sur lesquels nous nous sommes arrêtés se constitue en analyse de divers documents, essais historiques, mémoires, récits de voyage, statistiques. Notre analyse opère avec les concepts d’image (au sens de représentation), de8 stéréotype, d’ethnotype, en termes de réception de l’Autre, avec tout ce que l’altérité a de caractéristique. L’image finale ressort des récurrences des mêmes éléments sur lesquels les auteurs insistent (stéréotypes).

  • Titre traduit

    The image of Romania and romanians in french writings from 1770 to 1900


  • Résumé

    The field of imagology is defined by comparatists as a frontier domain, somewhere in between comparative literature, history and ethnopsychology. We have approached the subject matter from an imagological perspective in order to describe the image formation stages of the Romanians in several French writings in the 18th and 19th century. These stages are marked by several reference texts along the history of the French-Romanian relations, we mention here the first great work on the Moldo-Vlachs by Jean-Louis Carra, following Stanislas Bellanger’ book to Abdolonyme Ubicini’s writings, without forgetting those of various French consuls or historians, friends of the Romanians.Romania has not come into being within a single day. The French people’s image on the Romanians crystallized along the 19th century. True, in the 13th century French military men and merchants arrived in the lands inhabited by the ancestors of the Romanians. But the attraction of the Orient, cultivated especially in the 18th and 19th century, as well as the apprehension exerted in Europe by the Ottoman and Russian Empires determined more and more adventurers, revolutionaries, exiles, politicians and soldiers to travel towards Eastern Europe. Even if they were written during a stay in the Romanian countries, at first, the French writings about the Romanians bear the influence/ mark of the Moldo-Vlach chronicles and earlier texts. As transport is getting better and the keroutza is replaced by train or ship along the Danube, later works become increasingly personal without disregarding previous writings. We have demonstrated that this resuming of the same fragments of images referring to recurring domains (history, habits, dwellings, morals, organization, natural resources, landscape and ethnic groups) resulted into composing an image which is far from the touch of the negative cliché. The scriptural records about Romanians in the 19th century would prepare the ground for the foundation of the Romanian nation. This point coincides with the appearance in the official texts of the words Romanian, Romania, everything preparing the ground for the great France-Romania friendship. We are mainly interested in the period when the writings are scarce, as compared with the French books appearing in the 20th century. The study of these writings constitutes in the analysis of various documents, historical essays, memoirs, travel narratives and embassy reports. This analysis operates with concepts of image (meaning representation), stereotype, ethnotype in the terms of perceiving the Other with everything Alterity has characteristic. The finale image is appearing of recurrence of the same elements which the authors insist on (stereotypes).

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