Paysanneries amères au berceau de l’or brun : développement caféier et dislocation des sociétés paysannes dans le sud-ouest éthiopien

par Samir El Ouaamari

Thèse de doctorat en Géographie

Sous la direction de Hubert Cochet.

Soutenue en 2013

à Paris 10 .


  • Résumé

    Les agriculteurs des hautes terres du sud-ouest éthiopien, foyer génétique du Coffea arabica, sont à l’origine de modes de production de café singuliers, basés sur l’aménagement des espaces forestiers ou la construction ex nihilo d’agroforêts. Partie prenante de systèmes de production complexes relevant d’une petite agriculture familiale, la production de café est le plus souvent combinée à la culture attelée de céréales et au jardinage manuel à proximité des habitations. Cependant, parallèlement à un nouvel essor de la caféiculture depuis le milieu des années 1990, on assiste aujourd’hui à un creusement des inégalités entre, d’une part, des exploitants prospères proches d’un modèle « patronal », spécialisés dans la production et le commerce de café et, d’autre part, des agriculteurs relevant d’unités plus petites, tournés vers les cultures vivrières, et soumis à une dégradation progressive de leurs conditions de vie. L’Etat éthiopien, très dépendant des devises associées aux exportations de café, non seulement favorise ce processus en soutenant les producteurs les plus performants ou en investissant dans l’amélioration des conditions de commercialisation du café, mais contribue aussi à son développement à une échelle plus vaste, en accordant de vastes espaces forestiers pour l’établissement de plantations caféières à salariés privées. Censés protéger les pays producteurs de la volatilité du marché international, les dispositifs de « certification », pourtant basés sur des critères de « durabilité sociale », favorisent également les grandes structures capitalistes et patronales, laissant en marge une frange de la paysannerie de plus en plus large.

  • Titre traduit

    Bitter peasantries in the brown gold’s cradle : coffee development and dislocation of peasant societies in southwest Ethiopia


  • Résumé

    In the Southwest Ethiopia’s highlands, regarded as the genetic cradle of Coffea Arabica, farmers develop original coffee management practices based on progressive forest transformation or resulting from ex nihilo installation of agroforests. Integral part of complex production systems managed by smallholders, coffee production is most often combined with cereals cultivation with yoke on open spaces hand tool-based gardening close to houses. However, alongside with a new rise of coffee growing since mid-1990, we have been witnessing an increase of inequalities between, on the one hand, well-off famers increasingly close to a “business-like model” specialised in coffee production and trade and, on the other hand, smallholders dedicated to food-producing and facing a gradual degradation of their livelihoods. Ethiopian State, highly dependent for its functioning on the foreign currency obtained from coffee exports, not only favours this process by supporting “model farmers” or by improving coffee marketing and trade infrastructure, but contributes also to its extension with a large scale land concessions to investors policy to establish large salaried coffee plantations. Looking for a better positioning of the Ethiopian coffee in a very volatile international market, certification schemes, although based on so-called social sustainability criteria, also assist huge estates or prosperous farmers, excluding a wider and wider fringe of the local peasantry.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (638 ; non paginé[ca 160] p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.595-616.

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  • Bibliothèque : Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Service commun de la documentation.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : T13 PA10-211
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