L'aurore aux doigts de santal : poétique comparée des modernités épiques en Inde et en France

par Elena Langlais

Thèse de doctorat en Littérature comparée

Sous la direction de Jean-Marc Moura et de Annie Montaut.

Soutenue le 27-11-2013

à Paris 10 , dans le cadre de École doctorale Lettres, langues, spectacles (Nanterre) .

Le président du jury était Saulo Neiva.

Le jury était composé de Jean-Marc Moura, Annie Montaut, Saulo Neiva, Florence Goyet, Philippe Benoît, Claudine Le Blanc.

Les rapporteurs étaient Saulo Neiva, Florence Goyet.


  • Résumé

    D'après plusieurs théoriciens (Lukàcs, Bakhtine, Hegel), l'épopée est incompatible avec la modernité. Pourtant, les conceptions récentes du genre laissent apparaître la possibilité d'une modernité épique. L'épopée subit néanmoins un certain nombre de transformations, conséquentes à l'évolution des mentalités. L'Inde de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle offre un terreau idéal au surgissement d'une modernité épique, puisque les auteurs sont confrontés aux bouleversements de la colonisation. Ils sont pris entre l'appartenance à une double culture (Aurobindo, Dutt), et l'affirmation de la culture indienne, bouleversée par la colonisation. Une véritable modernité indienne fait en outre son apparition à cette époque. Façonnée par l'influence occidentale, elle comporte ses propres caractéristiques, nées du contexte colonial et de la culture indienne. Il s'agit donc de comparer la modernité épique indienne avec la modernité épique française de la fin du XIXe siècle. Le Poème de l'Assassinat de Meghanāda de Michael Madhusudan Dutt (1861), Kāmāyanī de Jayśankar Prasād (1936), Savitri de Sri Aurobindo (1950) permettent de saisir différents états de cette modernité. La comparaison avec La Légende des siècles de Victor Hugo fait apparaître des spécificités indiennes, mais aussi des traits communs, afin de dégager les caractéristiques de la modernité épique de l'époque. Un véritable dialogue entre la dimension communautaire de l'épopée d'un côté, l'aspiration à l'universalité et l'introduction d'une subjectivité moderne de l'autre, émerge. La modernité transforme les figures héroïques, les rapports au groupe ou à l'espace, ainsi que la représentation du temps et de l'Histoire.

  • Titre traduit

    Santal-fingered dawn : compared poetic of epic modernities in India and in France


  • Résumé

    According to some scholars (Lukàcs, Bakhtine, Hegel), an epic can't be written in the modernity. Nevertheless, the recent conceptions of the genre make appear that an epic modernity is possible. They imply however that the epic undergo some changes, because of the evolution of mentalities. At the end of the XIXth Century and at the beginning of the XXth Century, India becomes an ideal field for modern epic, because the authors go through the transformations caused by colonialism. They experience the dilemma between a double culture (Aurobindo, Dutt) and the need to assert the Indian culture, undermined by colonialism. Besides, an Indian modernity appears in the meantime. Formed by the Occidental modernity, it has its own characteristics, caused by the colonial context and by the Indian culture. Our purpose is to compare the Indian epic modernity with the French epic modernity. The study The Slaying of Meghanāda by Michael Madhusudan Dutt (1861), Kāmāyanī by Jayśankar Prasād (1936), Savitri by Sri Aurobindo (1950) has allowed us to show different aspects of this modernity. By comparing these poems with La Légende des siècles by Victor Hugo, the Indian specificities appear, as do some similarities. There is a dialogue between the collective nature of the epic on the one side, the impulse to universality and the assertion of a modern subjectivity on the other side. Modernity transforms heroes, the representation of groups, of space, of time and of History.


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