De l’histoire de la philosophie à la philosophie de l’avenir : l’évolution de la morale d’après Jean-Marie Guyau

par Laurent Muller

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Jean-François Balaudé.

Le président du jury était Robert Damien.

Le jury était composé de Jean-François Balaudé, Robert Damien, Philippe Saltel, Patrick Wotling, Annamaria Contini.

Les rapporteurs étaient Philippe Saltel, Patrick Wotling.


  • Résumé

    Quelle obligation morale peut être désormais pensée et pratiquée, à l’heure du déclin des absolus religieux et des sciences évolutionnistes ? Tel est le problème auquel Jean-Marie Guyau, philosophe français de la fin du XIXème siècle, entend apporter une contribution décisive. Dans ce travail, nous proposons de redécouvrir l’itinéraire logique et chronologique suivi par Guyau pour élaborer sa propre pensée. Celle-ci doit se comprendre comme le dénouement logique d’une problématisation qui passe par l’étude de l’histoire de la philosophie morale. Après avoir élaboré une méthode de commentaire pour l’étude des doctrines passées, Guyau pense pouvoir interpréter l’histoire de la morale comme un antagonisme entre le naturalisme (d’Épicure à Mill et Spencer) et l’idéalisme (d’Épictète à Kant et Fouillée). Une exposition critique détaillée permet à Guyau de montrer les lacunes de chacune de ces traditions : l’idéalisme absolutise ce qui n’est qu’hypothétique ; l’obligation théorisée par le sensualisme est dissoute par cette théorie même ; et l’évolutionnisme, forme ultime que prend la science des mœurs, pense indûment l’avenir sur le modèle du passé. Dès lors, l’obligation ne peut plus être conçue ni comme catégorique ni comme instinctive : elle doit être pensée à partir du principe qui engage le moins de présupposés (la vie), et ne doit plus être considérée comme uniforme mais comme anomique. Partant des prémisses naturalistes, la philosophie de Guyau tente alors d’idéaliser l’existence morale de l’homme ; le principal relais de cet accroissement de la vitalité est l’éducation, dont Guyau reconsidère non seulement le but (la moralisation) mais encore les moyens (la suggestion).

  • Titre traduit

    From the history of philosophy to the philosophy of the future : the evolution of morality according to Jean-Marie Guyau


  • Résumé

    At the time of evolutionist science and the decline of the religious absolute, what moral obligation can be thought and practised nowadays ? Such is the problem Jean-Marie Guyau, a French philosopher of the late 19th century, intends to make a decisive contribution to.In this research work, we suggest rediscovering the logical and chronological route followed by Guyau to elaborate his own thought. This thought has to be understood as the logical outcome of a raised issue which starts by studying the history of moral philosophy.After elaborating a method of comment upon past doctrines, Guyau thinks he can interpret the history of morality as an antagonism between naturalism (from Epicurus to Mill and Spencer) and idealism (from Epictetus to Kant and Fouillée). A thorough scrutiny allows Guyau to show the gaps of each of these traditions : idealism absolutises what is only hypothetical ; the obligation theorized by sensualism is dissolved by this same theory ; as for evolutionism, the ultimate shape taken by the science of customs, its view of the future is wrongfully based on the model of the past. From then on, obligation cannot be conceived either as categorical or as instinctive any more : it must be thought from the principle which involves as few presuppositions (life) as possible, and must not be considered as uniform but anomic any more. Relying on naturalist beginnings, Guyau’s philosophy then tries to idealize the moral existence of Man ; this increase in vitality is mainly handed over through education. Actually, not only does Guyau reconsider its purpose, i-e raising moral standards, but also its means, namely suggestion.


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