Roma autem locuta : les évêques de France face à l’Unigenitus : ecclésiologie, pastorale et politique dans la première moitié du XVIIIe siècle

par Olivier Andurand

Thèse de doctorat en Histoire moderne

Sous la direction de Monique Cottret.

Le président du jury était Philippe Martin.

Le jury était composé de Monique Cottret, Philippe Martin, Frédéric Meyer, Benoist Pierre, Stéphane Gomis, Stefano Simiz.

Les rapporteurs étaient Frédéric Meyer, Benoist Pierre.


  • Résumé

    Le début du XVIIIe siècle est marqué par l’arrivée de la bulle Unigenitus dans le royaume de France. Les évêques sont chargés de recevoir ce décret romain tout en protégeant au maximum les libertés de l’Église gallicane. Comment l’épiscopat a-t-il réagi aux bouleversements introduits par cette Constitution? Formés à l’école de la modération, les prélats sont gallicans et obéissent aux désirs du roi sans réserve, car leur carrière dépend de la bonne volonté du monarque. Sièges épiscopaux, promotions, cardinalat tout est soumis à ses décisions. La Bulle pose de nombreux problèmes ecclésiologiques en voulant imposer l’infaillibilité pontificale. Les évêques de France se révèlent alors profondément gallicans et partisans de la modération. Protecteurs de leurs prérogatives, ils souhaitent se tenir éloignés autant des nouveautés romaines que des excès richéristes. Dans la gestion des diocèses, ils sont les tenants d’un rigorisme pénitentiel qui se marque par une défense de la contrition et l’éloignement du laxisme sacramentel en matière de communion. Ils sont aussi partisans d’une clarification de la liturgie pour rendre le culte compréhensible aux fidèles. Cependant, toutes les décisions pastorales doivent être prises avec mesure et sans jamais contredire les choix du roi et de son gouvernement. Même si Rome a parlé, la cause n’est pas finie. La controverse s’étire durant près de cinquante ans. L’épiscopat de France est rigoriste, gallican et composé d’hommes alliant des qualités intellectuelles et administratives remarquables. La bulle Unigenitus a donc permis l’émergence d’une réflexion sur le rôle de l’évêque dans l’Église. Les révolutionnaires de 1789 s’en souviendront.

  • Titre traduit

    Roma autem locuta : the bishops of France faced with Unigenitus : ecclesiology, pastoral matters and politics in the first half of the 18th century


  • Résumé

    The advent of the Unigenitus bull into the kingdom of France marked the outset of the 18th century. Bishops were in charge of enforcing this Roman decree while protecting a maximum of liberties for the Gallican Church at the same time. How did the episcopate react in front of the upheaval brought by this new Constitution? Schooled in moderation, the prelates were Gallican so they unreservedly complied with the king’s wishes, since their careers depended on the Monarch’s good will. Sees, promotions, cardinalships, everything was hung on his decisions. The Bull raised numerous ecclesiological difficulties as it laid down the rule of papal infallibility. On this occasion, the bishops of France revealed their deeply Gallican and moderate characters. In order to protect their prerogatives they wished to keep as much away from Roman novelties as from Richerist excesses. To direct their dioceses they favoured a penitential rigour that was characterised by the defense of contrition and a distance from sacramental laxity in the Holy Communion. They also stood for liturgical clarification to make worship more understandable to their congregations. Yet every pastoral decision had to be carefully measured so that it would never conflict with the choice of the King and his government. Even though Rome had spoken, the case was not closed. The controversy was carried on for about fifty years. The French episcopate was Gallican and composed of men who united remarkable intellectual and administrative abilities. Thus the Unigenitus bull provided an opportunity to question the part played by bishops in the Church. The 1789 revolutionists would remember that.

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