L’individualisation de la relation de travail : une analyse conventionnaliste dans la banque de détail commerciale en France et au Royaume-Uni au tournant des années 2000

par Jean-François Lejeune

Thèse de doctorat en Sciences économiques

Sous la direction de Christian Bessy.

Le président du jury était Olivier Favereau.

Le jury était composé de Christian Bessy, Olivier Favereau, Florence Jany-Catrice, Bruno Lamotte, Jacky Fayolle.

Les rapporteurs étaient Florence Jany-Catrice, Bruno Lamotte.


  • Résumé

    La dynamique actuelle d’individualisation de la relation de travail s’entend comme une remise au premier plan du salarié en tant qu’individu au sein de l’organisation du travail et en matière de reconnaissance. Ce tropisme vers l’individu constitue un processus institutionnel pluriel dans lequel coopération et rapports de force concourent à structurer et à légitimer l’individualisation aux niveaux interprofessionnels, sectoriels et organisationnels. L’économie des conventions permet d’appréhender, davantage que la théorie de l’agence, les interactions entre dynamiques institutionnelles et pratiques d’acteurs ainsi que les investissements de formes sur lesquels elles s’appuient. La nature des structurations macrosociales ne détermine pas totalement celle des pratiques dans les entreprises, où l’individualisation devient tangible. Si les évolutions du rapport salarial sont pour partie différenciées en France et au Royaume-Uni, elles laissent ouverte l’alternative entre deux types de valorisation de l’individu dans la relation de travail : « néolibéral » et « émancipateur ». Si le secteur de la banque de détail commerciale affiche dans les deux pays une l’individualisation structurée vers la productivité et le contrôle, plutôt que vers la reconnaissance des qualifications, la comparaison – issue pour l’essentiel d’entretiens et d’exploitation d’archives – de quatre établissements bancaires démontre qu’existent des pratiques d’individualisation partiellement différenciées, en particulier en ce qu’elles sont davantage formalisées dans les banques britanniques, tout autant qu’elles y sont mieux assumées et légitimées, tant par les directions que par les syndicats. Cela s’explique par le fait que l’individualisation s’y voit explicitement assigner un objectif plus clair – rétribuer la performance de chaque salarié – qu’en France où elle apparaît moins assumée par les directions et surtout destinée à lutter contre l’importance du collectif.


  • Résumé

    Current dynamics of individualisation of the employment relation can be defined as a movement towards better importance given to the employee as an individual in the employment relation, in terms of working organization as such as recognition. This tropism towards the individual is a multi-dimensional institutional dynamics, in which cooperation and power struggle contribute to structure and to legitimate individualisation at the multi-professional, sectoral and organizational levels. In this way, economics of conventions is more adapted than agency theory to analyse interactions between these institutional dynamics and practices, as well as “investments in forms” structuring them.However, these structures do not totally determine situated practices in enterprises, where individualisation becomes tangible. Even though dynamics of “wage relations” are partly different in France and in the United Kingdom, they leave an alternative between two patterns of valorization of individual in the employment relation: “neoliberal” and “emancipating”. Indeed, even though the retail banking sector shows us, both in France and in the UK, that individualisation is mainly structured towards a productivity and a control target, more than towards skills or qualification recognitions, comparison – based on interviews and archives exploitation – of individualisation practices in four retail banks shows differences, in particular more formalization in the British banks where practices are also more asserted and legitimated, both by management and trade unions. We explain that by the fact that individualisation has there a clearer goal – to remunerate individual performance – than in the two French banks, where individualisation is less asserted whereas its goal appears more as a mean to strike against collectivism.


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