Poétique du suicide dans le roman naturaliste : natures et philosophies de la mort volontaire (1857-1898)

par Sébastien Roldan

Thèse de doctorat en Littératures française et francophone

Sous la direction de Pierre-Jean Dufief et de Véronique Cnockaert.

Le président du jury était Jean-François Chassay.

Le jury était composé de Pierre-Jean Dufief, Véronique Cnockaert, Jean-François Chassay, Daniel Long, Alain Pagès, Alain Vaillant.

Les rapporteurs étaient Daniel Long, Alain Pagès.


  • Résumé

    Comment les romanciers naturalistes ont-ils raconté le suicide? Quel est le traitement qu’ils ont réservé à ce thème officiellement honni, étant par trop lié aux chimères sentimentales des écrivains de la génération précédente? Loin de faire l’objet d’une condamnation unanime pour romantisme excessif, la mort volontaire essaime partout dans le roman naturaliste, impose sa présence énigmatique et ses valeurs tant polémiques que polysémiques, déploie – sur ce terreau austère qu’est l’écriture expérimentale – sa portée symbolique et heuristique sous la fascination qu’éprouvent ces romanciers devant les grands mystères sublimes et mortifères. Si la conjoncture épistémologique de l’époque fait du suicide une question avant tout médicale, la littérature naturaliste elle-même puise son originalité et ses fondements théoriques dans les sciences de la nature, en particulier la médecine; néanmoins, la mort volontaire se charge, chez les romanciers de cette veine, d’un capital philosophique qui, en tant que savoir et discours extrinsèques au récit, demande à être interrogé avec minutie. Aussi, à partir d’un bassin de douze romans parus entre 1857 et 1898 sous la plume de Gustave Flaubert, Edmond et Jules de Goncourt, Émile Zola, Alphonse Daudet, Guy de Maupassant et Édouard Rod, nous retenons huit problématiques principales, orientées suivant deux axes de réflexion : natures et philosophies du suicide. Tout au long sont sondées les portées spéculative et littéraire de la mort volontaire dans ces œuvres.

  • Titre traduit

    The poetics of suicide in the french naturalist novel : natures and philosophies of self-murder (1857-1898)


  • Résumé

    How did the French Naturalist novelists portray suicide? How did they deal with the romantic overtones of self-murder, a theme so strongly linked to the sentimental outbursts voiced by the previous generation of writers? Far from being banned for excessive romanticism suicide, albeit the object of openly expressed disdain by Naturalists, spreads its fiery black wings over much of the theoretically barren land that is the body of realistic novels complying – overtly or unwittingly – with the principles of Le Roman expérimental. The flaming, menacing, and enigmatic shadow thus cast over an intently objective and scientific literature is surprisingly apt at developing both polemic and polysemous fruits, and as it turns out sheds new light under the frightened but eager scrutiny of these novelists who found themselves fascinated by its great mystery, both sublime and deadly. If the state of knowledge at the time made suicide a problem essentially pertaining to medical and natural science, Naturalist literature itself was intent on synchronizing its depictions with the data, approach, and lexicon presented in scientific treatises. Yet suicide in these novelists’ fictions is loaded with a distinct philosophical sense which demands to be studied closely. Twelve Naturalist novels centered around self-murder, covering a forty-year period (1857-1898), stemming from Flaubert, Goncourt, Zola, Daudet, Maupassant, and Rod, serve as main ground for our investigation of eight chief interrogations, following two main orientations: we first review the diverse natures of suicide, then its many philosophies. Throughout are contemplated the literary and speculative reach of voluntary death.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Service commun de la documentation. Bibliothèque virtuelle.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.